Il ne suffit pas de nous entraider, il faut à notre tour les éliminer (les hommes), incite l’élue EELV dans son récent ouvrage Le Génie lesbien (Grasset, 2020), secondée par Pauline Harmange qui estime que « la détestation des hommes nous ouvre les portes de l’amour pour les femmes (et pour nous-mêmes) sous toutes les formes que cela peut prendre ». On le dit libéré, juste, bon. Le monde sans hommes d’une Alice Coffin ou d’une Pauline Harmange (Moi les hommes, je les déteste, Seuil, 2020), dans le magma de la « misandrie » actuelle – courant féministe hérité des États-Unis qui voue une haine aux hommes sur le critère de leur sexe biologique – , paraît pourtant ubuesque.

Jouons le jeu. À nous deux, monde sans hommes, à quoi ressemblerais-tu ? Serais-tu libéré ? Libérés de la domination masculine, enfin ! voudraient crier les chantres de ce mouvement. Imaginons : les hommes n’existent plus et, donc, avec, le patriarcat, système à l’origine même de ces revendications assassines. Plus de domination des hommes sur les femmes – si tant est qu’elle existe encore, tant il est devenu dangereux, pour l’homme, de l’ouvrir sur quelque sujet que ce soit au risque d’être taxé de machisme. Quand bien même l’humanité ne serait faite que de femmes, elle ne serait pas pour autant faite de Bisounours. Et, d’ailleurs, les groupes où l’on ne trouve que des femmes ne sont pas réellement réputés pour être le sommet de l’humanité. En témoignent les chignons crêpés ou les langues de vipère. Si ces expressions-là sont féminisées, n’est-ce pas justement qu’on les retrouve principalement dans les milieux féminins ? On est loin des portes de l’amour désirées par Pauline Harmange.

Des hommes sont dominateurs, oui. Comme des hommes sont soumis aussi. Comme des femmes sont dominatrices ou soumises. C’est la loi de l’humanité : les rapports de force. La lutte. Une tête tombe, une autre la remplace. Et s’échapper du cadre naturel homme/femme ne libérera pas pour autant l’être humain, et donc la femme, de ses vilenies ancestrales d’orgueil et d’égoïsme qui conduisent à la domination de l’un par l’autre. Quoi qu’on trouve dans le pantalon.

Serais-tu juste ? À cette question, l’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne (AGRIF) a trouvé la plus saine réponse dans sa plainte posée pour racisme anti-humain : « Ces assertions […] constituent évidemment une incitation, parfaitement raciste au sens de la loi, à la haine des femmes contre l’autre moitié de l’humanité. » Car la loi stipule qu’il est interdit d’injurier « une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine, ou de leur appartenance ou non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion […] de leur sexe ». Nous serions donc dans une civilisation raciste. On a connu plus juste. Serais-tu bon ? Puisque c’est bien une croisade manichéenne que mènent les néoféministes, du bien (les femmes) contre le mal (les hommes). Pour Thérèse Hargot, sexologue et essayiste, pas question de faire sans les hommes : « Moi, les hommes, je les aime », déclarait-elle dans Le Figaro en réponse. « Les hommes me sont indispensables, je ne souhaite en aucun cas me passer de leur présence, de leur regard, de leur amour, de leur corps. Ni de leurs livres, leurs films, leurs musiques. » Même son de cloche (moins la déclaration d’amour) chez Paul Melun, conseiller en stratégie et essayiste, qui signe une tribune dans le même journal mettant en garde contre « une civilisation du vide, sans valeurs ni repères ». Et encore, on omet un détail pourtant essentiel. Pas d’hommes, pas de sperme. Pas de sperme, pas de bébé. Pas de bébé… pas de bébé. Autrement dit, le seul aboutissement de la belle génération du Nouveau Monde de Femmes, c’est l’extinction.

On te dit libéré, juste, bon. Tu serais terrible, incomplet, inutile.

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