La souveraineté de la France, c’est-à-dire sa capacité à maîtriser son destin, de dire non, est le fondement même de notre collective et de notre indépendance nationale. Mais la souveraineté n’est pas seulement un concept, elle se décline dans des politiques de mise en œuvre qui en assurent l’efficience.

À ce titre, la maîtrise de l’énergie dont peut disposer la France est incontournable pour son indépendance.

Depuis des lustres, nos gouvernements ont pris conscience de la faiblesse de nos sources d’énergie : pas de pétrole, ou très peu, épuisement du gisement de gaz de Lacq, insuffisance de l’hydroélectricité.

Face à cette faiblesse, les gouvernements français développent, dès 1963, un programme ambitieux de centrales nucléaires mis en œuvre par EDF, qui s’accélère en 1973 .

En 2010, la France produisait près de 80 % de son électricité grâce à son parc nucléaire.

Mais ce succès industriel suscite rapidement des hostilités :

– hostilité idéologique de la Commission de Bruxelles qui veut casser EDF au nom de sa politique du « tout concurrence » ;

– hostilité des écologistes qui prônent de manière dogmatique des sources d’énergie alternatives comme les éoliennes, qui ne fonctionnent que 25 % du temps.

Le ministre Voynet, en 1998, exige en échange de son soutien à Jospin la fermeture du surgénérateur de Creys-Malville, Superphénix.

Les écologistes obtiennent aussi la fermeture de la centrale de Fessenheim qui, rénovée, pouvait parfaitement poursuivre sa production d’électricité et se voit remplacée par des centrales à charbon – un comble.

Puis survient le scandale Alstom qui est vendu, le 19 décembre 2014, à l’Américain General Electric. C’est un scandale d’État dans lequel Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie de François Hollande, a joué un rôle pour le moins trouble.

Mais l’Histoire connaît parfois des revirements spectaculaires :

– Ô surprise, le actuel résiste à la volonté de la Commission de Bruxelles de démanteler EDF en plusieurs entités – Plan « Hercule ».

Cette résistance, Il est vrai, n’est sans doute pas sans lien avec l’approche de la présidentielle et de la mobilisation des syndicats et des personnels d’EDF.

On ne s’en plaindra pas !

– deuxième surprise : General Electric, en difficulté financière, entame des négociations avec EDF pour lui vendre sa division nucléaire.

Certes, EDF est endettée, mais le retour à la France de cette entité est un atout d’indépendance sans commune mesure avec l’endettement : il est impératif que ces négociations aboutissent. Il y va de la maîtrise des fameuses turbines Arabelle qui équipent nos centrales, nos sous-marins nucléaires et le porte-avions Charles-de-Gaulle.

C’est également une première étape qui permettra sans doute, après l’élection présidentielle, une restructuration industrielle plus efficace avec d’autres partenaires.

À ce stade, il existe en conséquence deux objectifs :

– le maintien d’EDF dans son unité industrielle, de la production à la distribution ;

Ce qui implique, le plus rapidement possible, de mettre fin au mécanisme d’accès régulé à l’énergie historique (ARENH) qui impose à EDF de vendre l’énergie nucléaire qu’elle produit à ses concurrents, à un tarif déterminé, en deçà du prix de production, un système proprement loufoque visant à créer une concurrence artificielle.

Il est urgent d’imposer une exception énergétique en Europe qui permette d’assurer notre indépendance en dérogeant à l’idéologie du « tout concurrence » de la Commission de Bruxelles.

– Récupérer la propriété du département de Général Electric.

Une nouvelle fois, l’Histoire nous enseigne que la souveraineté est un combat permanent qui exige vigilance et détermination.

Rien n’est jamais acquis, mais rien n’est jamais perdu.

C’est toujours la bataille de la France, comme le soulignait de Gaulle.

« La démocratie, c’est le gouvernement du peuple exerçant la souveraineté sans entrave. »



30 septembre 2021

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