« C’est comme ça, désolé… » Une équipe de RT France s’est vue refoulée dimanche soir au QG de Renaissance, alors qu’elle cherchait à savoir pourquoi sa demande d’accréditation était restée lettre morte. Les militantes macronistes postées à l’entrée de la Maison de la Mutualité lui ont fait savoir que RT France n’était pas la bienvenue à leur soirée électorale. Ce n’est pas la première fois qu’un tel ostracisme se manifeste à l’égard de nos confrères de la télévision russe. lui avait déjà refusé l’accès à sa campagne présidentielle, l’accusant, une fois élu, d’être un « organe d’influence » et de « propagande mensongère ». Et l’ancien porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, en avait remis une couche en reconnaissant ouvertement, en octobre dernier, le refus d’accepter RT France en salle de presse de l’Élysée.

Mais peut-être ne connaissez-vous pas l’objet de l’ire jupitérienne… Pour nos lecteurs, précisons qu’il s’agit d’une nouvelle chaîne d’information continue, RT France, visible, pour l’instant seulement, en direct sur YouTube, le canal 359 du bouquet Free ainsi que sur son site Internet, où elle est présente depuis 2015 sous le nom de Russia Today, la chaîne russe qui, par ailleurs, diffuse dans entier en langues anglaise, arabe, espagnole et française. Mais c’est à l’occasion du mouvement des gilets jaunes que RT France s’est installée durablement dans le PAF en décidant de jouer à plein la carte des réseaux sociaux pour couvrir objectivement leur protestation, taillant ainsi quelques croupières à ses concurrentes, notamment à l’ineffable, du côté du manche, BFM TV

On l’aura compris, RT France dérange et on ne lui pardonne pas d’être financé par l’État russe, l’accusant, non sans un soupçon de mépris, d’être la télévision de Poutine ou même « l’œil de Moscou », oubliant, au passage, que France Télévisions, TV5 Monde étaient « l’œil de Macron » , financés par l’État français, ce qui ne semble guère déranger les zélés détracteurs de RT France. Mais c’est peut-être, avant tout, le succès croissant de son audience – elle dépasse déjà, à certaines heures, celle de France Info – qui attise la jalousie de ses censeurs, surtout depuis que des « pointures » de la profession l’ont rejointe : Jean-Marc Sylvestre, ancien chroniqueur économique à TF1, y anime un débat hebdomadaire avec l’économiste Jacques Sapir, pourfendeur de l’euro. Mais c’est surtout l’émission de Frédéric Taddeï « Interdit d’interdire » qui, sur RT France, rallie tous les suffrages, joli pied de nez au service public qui lui avait sucré son rendez-vous emblématique sur France 3 « Ce soir (ou jamais !) », qui dérangeait le « politiquement correct » de la nomenklatura du service public. « Ça nous montre une autre vision de l’actualité », commente l’un de ses téléspectateurs dans un récent dossier du journal L’Opinion, qui ajoute : « La chaîne se donne quelques mois pour prouver au monde francophone son indépendance. »

27 mai 2019

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