Economie - Editoriaux - 21 octobre 2019

Routes : la France régresse

Quand j’étais gamin, il y a seulement… disons quelques décennies, mon père me disait que, même si nous ne possédions que quelques kilomètres d’autoroute en France, nous disposions du meilleur réseau secondaire du monde. Nous nous comparions déjà à l’Allemagne, une stupide manie de nos dirigeants et une regrettable habitude des Français eux-mêmes. On sait bien, pourtant, qui ordonna la construction des Autobahnen et des autostrades…

Pendant les révolues – et regrettées – Trente Glorieuses, la France rattrapa son retard autoroutier grâce aux efforts du contribuable et se dota ainsi d’un des meilleurs réseaux du monde.

Mais c’était les Trente Glorieuses et c’était avant !

Les économistes font parfois d’utiles découvertes. Si, si, ça arrive !

Ainsi, le WEF (World Economic Forum) étudie, année après année, l’état des routes de chaque pays pour créer un classement. Et là, surprise ! Alors qu’en 2012 encore, la France remportait la médaille d’or, elle pointe aujourd’hui à la 18e place.

Il y a là de quoi troubler tout macroniste béat ou tout hollandiste inconscient (ce sont souvent les mêmes).

Toujours gentils, les économistes expliquent que la forte demande en SUV, ces 4×4 rapides et lourds, est la cause de l’état des routes. Cependant, ce type de véhicule n’est guère plus lourd que les grosses berlines (« berline » se prononce exactement comme « Berlin », en allemand !). De plus, les SUV sont tout autant appréciés et achetés dans les pays qui nous ont désormais allègrement dépassés. L’explication ne tient pas.

En fait, et selon un audit commandé par le ministère des Transports, il faudrait au minimum un investissement d’un milliard d’euros supplémentaire par an jusqu’en 2037 pour que l’état des routes redevienne convenable ! Le vrai problème, c’est qu’en sept ans, le montant des investissements pour le réseau routier en France est passé de 15 à 12 milliards d’euros. Tout est dit.

Ces réalités sont édifiantes et incontestables. La France régresse au plan du service public routier mis à la disposition des citoyens. Il me semble, d’ailleurs, que la régression gangrène également bien d’autres services publics en France.

En définitive, un réseau routier en piteux état aura l’avantage ne pas dépayser les migrants accueillis à bras ouverts. À l’électeur de savoir ce qu’il préfère…

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