Editoriaux - Politique - 29 octobre 2018

Référendum en Nouvelle-Calédonie : ah bon, quand et pourquoi ?

Je rappelle : un référendum a lieu dimanche prochain, 4 novembre, dans un lointain territoire de la France d’outre-mer. L’enjeu est d’importance qui va poser la question “Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?”

En entendez-vous parler, par les partis, les hommes politiques, le ministre des Outre-mer – qui se rend à La Réunion cette semaine -, le Premier ministre et même le Président ? Voire même par les médias ? Que nenni, rien, rien de rien, silence radio !

À croire que c’est annulé ou d’aucune importance. Oui, certainement d’aucune importance pour l’audience, les multiples actualités terribles ou trumpesques américaines, la grande révolution « populiste » brésilienne qui interpelle nos bien-pensants et autres actualités européennes l’alimentant avec profusion et continuité, à la grande satisfaction des salles de rédaction surexcitées.

Mais il est vrai, également, que, pas plus que pour la départementalisation de Mayotte en mars 2009 – faisant suite au référendum sur l’indépendance des Comores de 1974 -, on ne va demander leur avis aux citoyens hexagonaux, ce qui justifie à l’évidence leur désintérêt.

Le recul de vingt ans, avec toutes les péripéties survenues dans ce territoire des antipodes pour aboutir à ce terme définitif, n’est pourtant pas mineur.

Perdre la Nouvelle-Calédonie ne ferait pas diminuer le chômage, l’insécurité, les impôts, les revenus fiscaux, les incivilités et l’humeur chagrine du moment.

En revanche, la zone économique exclusive (ZEE) attachée à ce territoire comprenant plusieurs îles représente presque 15 % du total de celle de la France, laquelle est la seconde plus grande au monde.

Et cela n’interpelle pas nos écolos et entreprises innovantes ou « solidaires » ?

Ces immenses zones maritimes restent quasiment inexploitées et pourtant elles sont riches de ressources qui mériteraient davantage d’attention et de protection de la métropole.

En outre, la présence française dans la zone Pacifique est d’importance au plan stratégique et doit conforter le rôle mondial que le Président Macron revendique périodiquement et a exprimé véhémentement lors de sa récente intervention à la tribune des Nations unies.

Et, bien entendu, et au premier chef, il y a les habitants, kanaks ou issus de la métropole – avec une ancienneté décrétée par la loi électorale locale -, dont la coexistence tumultueuse doit trouver une issue pacifique et prometteuse.

En juillet 2017, lors de sa première visite en Nouvelle-Calédonie, le ministre des Outre-mer Annick Girardin avait qualifié l’archipel de “sujet prioritaire” ! Alors, on n’en parle surtout pas au moment ultime pour répondre à la mode et urgence #PasDeVagues ?

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