Editoriaux - Santé - 5 mars 2019

Recrudescence des cas de rougeole : l’échec d’une politique volontariste

Depuis le 1er janvier 2019, 244 cas de rougeole ont été répertoriés en France.

On peut estimer qu’il y en a eu davantage car bien que la maladie soit à déclaration obligatoire, celle-ci n’est pas faite d’une manière systématique (sauf en cas de complication et d’hospitalisation) et, dans 91 % de ces cas déclarés, les sujets n’étaient pas, ou mal, vaccinés.

La rougeole est une de ces maladies qu’on aurait parfois tendance à considérer comme faisant partie du paysage de l’enfance, un peu comme la rubéole ou la roséole, alors que la rougeole est une maladie très contagieuse qui peut, dans certains cas, devenir très grave, voire même entraîner la mort, bien que le risque de complications soit moins important dans les pays au niveau de vie élevé comme la France que dans des pays plus pauvres comme en Afrique.

La France n’est pas le seul pays a avoir constaté une augmentation des cas de rougeole, ces derniers temps. Cette recrudescence touche plusieurs pays en Europe et dans le monde, et les autorités sanitaires attribuent ce phénomène à une baisse de la couverture vaccinale.

Bien que cette vaccination soit obligatoire, nous devons nous interroger sur les raisons de cette désaffection des Français pour la vaccination contre la rougeole en particulier et contre les vaccinations en général.

Les adversaires de la vaccination évoquent deux raisons principales pour justifier leur attitude :

– la première est que l’obligation vaccinale et une atteinte au libre choix de l’individu. Argument qu’on peut admettre lorsque la non-vaccination ne fait courir de risque qu’à la personne qui la refuse (tout comme le refus de la ceinture de sécurité ne fait courir de risque qu’à celui qui ne la boucle pas), mais cet argument est plus difficile à défendre lorsqu’il s’agit de maladies contagieuses, car la non-vaccination d’un individu fait courir des risques à son entourage.

– la deuxième raison invoquée par les adversaires de la vaccination tient à la présence, dans quasiment tous les vaccins, d’adjuvants tel que l’aluminium, dont l’innocuité n’a pas été prouvée.

Enfin le calendrier vaccinal, dernière version, davantage dicté par des raisons médico-sociales que réellement médicales, qui oblige à pratiquer 11 vaccinations chez le nourrisson lors de la première année, est difficile à faire admettre par les parents.
Comme la présence d’aluminium, en tant qu’adjuvant, semble être la principale cause de défiance vis-à-vis des vaccins, pourquoi n’a-t-on pas demandé aux industriels d’abandonner cet adjuvant soupçonné d’induire à long terme certaines pathologies ?

C’est, techniquement, facilement réalisable pour la plupart des vaccins et cela permettrait de restaurer la confiance. Mais, hélas, comme dans d’autres domaines de la vie courante, on préfère obliger la population à se soumettre plutôt que chercher à modifier des pratiques industrielles pour faire taire ces craintes et trouver un consensus acceptable par tous.

L’expérience prouve que cette attitude est non seulement regrettable sur le plan de l’éthique, mais contre-productive en matière d’efficacité dans la lutte contre toutes ces maladies que la vaccination permettrait d’éviter.

Nos responsables sanitaires devraient méditer sur cet échec.

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