Paris : faux VTC, refus d’obtempérer, ces arnaques qui mettent les passagers en danger
L’affaire aurait pu se terminer bien plus tragiquement, comme le montrent tristement, de manière récurrente, bon nombre de faits divers liés aux refus d’obtempérer. La famille péruvienne piégée dans la voiture d’un faux chauffeur VTC à la sortie de Disneyland Paris, ce samedi 3 janvier, s’en est sortie avec la peur de sa vie et, sans doute, un souvenir douloureux de ses vacances parisiennes.
Une arnaque qui aurait pu tourner au drame
Alors qu’ils cherchaient à regagner leur logement de location dans le Val-de-Marne, les six membres de cette famille de touristes, dont un bébé, sont abordés à la fin de leur journée au parc d’attractions par un homme se présentant comme conducteur de « voiture de transport avec chauffeur ». Embarqués dans cette course qu’ils ignoraient être illégale, les passagers comprennent le danger lorsque le conducteur, après avoir grillé un feu rouge et attiré l’attention d’une patrouille de police, se lance dans une course-poursuite à grande vitesse avec les forces de l’ordre, malgré les cris de panique de ses passagers.
Après plusieurs kilomètres et de nombreuses prises de risques et refus de priorités à 150 kilomètres/heure, le véhicule s’est écrasé sur un terre-plein central, permettant aux six passagers de s’échapper enfin, avant que l’auteur de la fuite ne soit intercepté. Déjà connu des services de police pour exercice illégal de la profession de chauffeur VTC, cet homme de 39 ans, domicilié en Seine-Saint-Denis, a été placé en garde à vue pour les mêmes faits ainsi que pour mise en danger de la vie d’autrui. Choqués mais indemnes, les membres de la famille ont pu déposer plainte.
Les chauffeurs clandestins, un danger à plusieurs niveaux
Si ces touristes ont échappé au pire, comment éviter de tels drames alors que la pratique des faux taxis est largement répandue et que ces chauffeurs se montrent souvent peu enclins à se soumettre aux contrôles ? Rares sont les clients infortunés qui peuvent témoigner d’une telle mésaventure, mais les chauffeurs clandestins impliqués dans des refus d’obtempérer le sont moins. Le 29 novembre dernier, à Marseille, le chauffeur d’un faux VTC a été interpellé après un refus d’obtempérer pour exercice illégal de la profession, son client pour détention d’armes et de produits stupéfiants ! Si le premier clamait aux agents qu’il ne s’était pas arrêté à leur demande à cause de l’arme avec laquelle son passager le menaçait, la version n’avait pas convaincu les policiers, relatait alors La Provence. Un mois auparavant, c’est en région parisienne qu’un VTC clandestin était arrêté après un refus de contrôle entre Paris et les Yvelines. Sans permis de conduire, muni d'un faux statut de VTC, à l’issue d’une dangereuse course-poursuite, Mehdi a été condamné, le 20 octobre, à 24 mois d’emprisonnement. Toujours en région parisienne, en janvier dernier, un chauffard a pris la fuite au moment où les policiers lui demandaient un justificatif de sa qualité de chauffeur VTC, percutant d’autres véhicules stationnés.
Voir cette publication sur Instagram
Une publication partagée par 36 quai des Orfèvres (@36quaidesorfevres)
Autant de faits qui témoignent de l’ampleur de l’exercice illégal du métier de chauffeur en France, en augmentation de 12 % entre 2023 et 2024, comprenant un bond de 65 % pour le seul aéroport de Roissy, estimait, en juin, le préfet de Paris, Laurent Nuñez. Une réalité suffisamment enracinée pour justifier l’existence, depuis 1938, d’une police spécialisée des taxis, les « Boers », et la mise en place par le gouvernement de campagnes de prévention, comme le rappelait déjà en 2024 un reportage de France Télévisions. Mais à cette fraude s’ajoute un autre fléau dont la dangerosité ne cesse de s’imposer dans le débat public : les refus d’obtempérer ne cessent de ponctuer tristement l’actualité des faits divers.
Les refus d’obtempérer en hausse en 2025
Alors que 25.000 de ces délits étaient enregistrés en 2025 dans la Métropole, en augmentation de 9 % entre janvier et septembre par rapport à la même période l’an passé, France Info consacrait récemment un sujet de son 20 Heures aux victimes. « De quel droit on fuit la police, surtout quand on est en tort ? », interrogeait la mère de Sébastien, décédé en 2025 d’un accident de scooter provoqué par un homme qui tentait d’échapper à la police. Une indignation qu’elle voudrait faire entendre à celui qu’elle qualifie d'« assassin » et, au-delà, à ceux qui sont chargés de le juger.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
Popular Posts


































27 commentaires
Une première mesure consisterait en tout état de cause à imposer à tous les taxis immatriculés comme tel d’être peints d’une seule couleur voyante ou d’une combinaison de couleurs exclusivement réservée aux taxis.
Pourquoi pas une mise en fourrière du véhicule pour les faux vtc ?
A Orly, le policier aurait pu tirer dans les pneus.
Exactement et les autres conducteurs le bloquer avec leur véhicule
Tant qu’il n’y aura pas de condamnations sévères, c’est open bar pour la délinquance.
Surtout n’achetez une voiture taxi d’occasion, vous seriez surpris par la différence entre le kilométrage réel et celui affiché au compteur !