Oublions deux minutes la splendide orchestration de l’impeachment, ses pompes, ses rebondissements, ses témoins de dernière minute. Le sort de Trump avait été décidé par Nancy Pelosi, les financiers, et le philanthrope Soros dès novembre 2016, dans les salons de l’hôtel Mandarin de Washington (source : Politico). Trump, depuis, a finassé, plié ou cédé.

Il a massivement réduit le fardeau fiscal des entreprises, cependant que la classe moyenne n’a bénéficié que de mesures temporaires, cédant ainsi enfin à la « droite » républicaine de l’establishment.
Il a été bloqué sur l’immigration et sur les infrastructures.
Il a fait de son slogan America First le contraire de ce qu’il avait promis, cédant au Sénat sur l’Ukraine (armes), sur les sanctions contre la Russie (il ne peut désormais et de son propre chef décider de lever les sanctions).
Il s’est aligné sans retenue sur Netanyahou, comme sur l’industrie pétrolière, afin d’empêcher l’émergence d’un très prospère croissant chiite (voir notre précédent article) qui puisse, ayatollahs ou pas, faire renaître Cyrus de ses cendres… sous les traits du maintenant défunt Soleimani.
Sous la pression de Wall Street, il vient de signer avec la Chine un accord commercial tronqué (« phase I »), les Chinois, astucieux, ne s’engageant que sur un collage, sous le même panneau publicitaire, de plusieurs négociations déjà réglées, avec en sus quelques sacrifices à court terme, de quoi plaire à Trump sur les années à venir de son hypothétique futur mandat… et revenir en arrière ensuite.
Il a créé un boom économique artificiel en déréglementant, au point que les États-Unis sont devenus énergétiquement autosuffisants… à condition que les prix du pétrole et du gaz « international » soient supérieurs au coût d’exploitation du gaz de schiste américain, moteur de la croissance actuelle.
Et il sanctionne les Européens et leurs fleurons industriels.

Bref, le seul succès de Trump, pantin des néoconservateurs, a été d’affaiblir et de vassaliser l’, jouant contre les intérêts économiques et géostratégiques d’un ensemble économique quantitativement et qualitativement supérieur à celui des États-Unis, mais qui ne se voit pas comme puissance.

Mais il a nommé des juges constitutionnalistes, sa seule promesse entièrement tenue.

Le sort de Trump est désormais entre les mains des républicains du Sénat qui tissent la corde qui soutient le pendu. Ces derniers vont soutirer de lui un maximum de concessions et décideront, au dernier moment, de le garder ou de le jeter. Mais cet impeachment va plus loin. Il éclabousse Biden sur l’Ukraine et bloque les campagnes des candidats sénateurs haïs par le deep state, dont Sanders, qui risquerait bien de gagner l’investiture. Un duel final Trump-Sanders est hors de question pour l’État profond. Seuls sont fiables, pour lui, Mike Bloomberg, et . La filialisation de tout le Moyen-Orient – clé de l’Eurasie -, la soumission de la Russie et le sabotage de l’Europe – clés de l’asphyxie de la Chine – sont toujours au programme néoconservateur. Trump, certes affaibli et prompt à prendre des libertés avec son électorat, n’est évidemment pas fiable pour accomplir ce « grand plan ». (qui est déjà son « Dick Cheney ») pourrait ainsi sortir du chapeau républicain, pour le cas où Bloomberg ou Clinton ne sortiraient pas du démocrate.

Tout ceci n’est que complotisme, bien entendu.

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