[MUNICIPALES] La dynamique patriote gagne aussi la Bretagne
« On ne savait pas à quoi s’attendre. » Ce dimanche soir, à Lannion, Blanche Le Goffic ne cachait pas sa satisfaction. Avec 18,99 % des suffrages récoltés, la tête de liste RN de seulement 19 ans réalise un score historique pour une première dans une ville de gauche. Un résultat qui résume à lui seul ce que ces municipales ont de singulier, en Bretagne.
Juin 2024 avait provoqué « un véritable tremblement de terre », selon Gilles Pennelle, député européen et président des élus du groupe RN au conseil régional de Bretagne, qui avait vu Jordan Bardella arriver en tête dans les quatre départements bretons, loin devant la liste du PS. Les dernières législatives avaient également confirmé la tendance et les municipales, elles, l’inscrivent dans le marbre. À Lorient, Lannion, Saint-Brieuc, Brest, Quimper, Saint-Malo ou encore Fougères, les listes du camp national sont présentes partout au second tour avec des scores inédits. « Cette dynamique confirme l’enracinement », souligne Gilles Pennelle au micro de BV. « On laboure dans une terre difficile, mais on commence à récolter. »
Pendant des années, la région faisait figure d’anomalie électorale et vue comme une forteresse de gauche que les vents nationaux semblaient contourner. Cette époque est maintenant révolue, ou presque. La région n’avait jamais vu un tel nombre de listes accéder au second tour d’un scrutin électoral local. Il faut dire que la Bretagne a longtemps résisté à toutes les tentatives d’implantation du camp national, y compris à Jean-Marie Le Pen lui-même, pourtant originaire de La Trinité-sur-Mer. « Les maux qui touchent le pays comme l’immigration, l’insécurité ou l’augmentation des violences arrivent maintenant en Bretagne », résume Gilles Pennelle. Dans les campagnes bretonnes, le vote patriote progresse donc, porté par un sentiment d’abandon que les années n’ont fait qu’amplifier.
Sur le terrain, les thèmes ont changé
Malgré une excellente dynamique et un ancrage qui commence à pointer le bout de son nez, la campagne n’a pas toujours été simple. Dans les Côtes d’Armor, Blanche Le Goffic, tête de liste à Lannion, raconte un climat délétère : « Des faux tracts ont été distribués et des militants antifascistes sont venus perturber nos réunions publiques », décrit la jeune femme. Pas de quoi reculer pour autant. Dans une ville où il n’y a jamais eu d’alternative à droite et où le parti à la flamme investissait pour la première fois un candidat, la liste a réussi à imposer de nombreuses thématiques jusque-là absentes du débat local : sécurité, circulation et redynamisation des centres-villes. Des sujets qui ont trouvé un écho immédiat auprès des habitants. Pour Blanche Le Goffic, son accession au second tour est symptomatique de ce que souhaitent les habitants. « Il y avait essentiellement des listes divers gauche ou d’extrême gauche. Ça ne correspond plus aux attentes des habitants. »
À Fougères, Virginie d'Orsanne, tête de liste pour le RN et élue au conseil régional de Bretagne, dresse un constat similaire. « En Bretagne, la gauche a voulu nous faire croire qu'il n'y avait aucun problème. » Sa liste a triplé son nombre de voix, par rapport à 2020. L'élue bretillienne l'explique simplement : « Les habitants adhèrent à nos idées car cela répond à leurs problématiques quotidiennes. »
Cette dynamique n’est pas propre à ces deux villes. Dans l’ensemble de la région, les candidats patriotes décrivent un électorat qui assume davantage son choix, loin du tabou qui entourait autrefois ce vote. Par exemple, dans le Morbihan, à Lorient, le score du RN a doublé depuis les dernières élections municipales en 2020, passant de 7,03 % à 15,81 %, permettant à la liste de se qualifier pour la première fois au second tour. Sa tête de liste, Théo Thomas, voit dans cette progression un choix assumé plutôt qu’un sentiment protestataire : « Lorsque l’on vote aux municipales, c’est un vote d’adhésion. En cas de rejet, les électeurs ne se déplacent pas. » Le jeune étudiant en droit public a parlé à tout le monde en restant dans les préoccupations concrètes, en utilisant de nouvelles méthodes ayant agacé les autres listes. « Nous avons été très présents sur les réseaux sociaux. On nous l’a reproché, mais on a ce besoin de transparence que les autres n’ont pas. »
Même logique à Saint-Brieuc, dans les Côtes d’Armor, où Pierre-Yves Thomas, coordinateur départemental Reconquête, a présenté une liste de droite sans étiquette partisane. Avec 12,91 % des suffrages obtenus et une qualification au second tour, il dresse le portrait d’une ville mal entretenue, difficile d’accès et endettée après des années de gestion qu’il juge calamiteuses. « Beaucoup de Bretons se rendent compte que les sujets comme l’insécurité ou la submersion migratoire arrivent chez eux », nous explique-t-il, « cela provoque un réveil électoral ».
2027 s’annonce déjà
La campagne des municipales prometteuse du camp national qui va s’achever dans le pays breton laisse entrevoir le meilleur, pour 2027. Les problématiques nationales telles que l’insécurité, la pression migratoire ou encore la dégradation du cadre de vie s’invitent désormais dans les scrutins locaux. Et partout, les remontées convergent : lassitude envers les élus sortants, inquiétudes nouvelles dans les villes moyennes, recherche d’une alternative crédible, etc. Gilles Pennelle, lui, ne cache pas son ambition : « Dans la ruralité bretonne, le score va exploser en 2027. »
Une prédiction que les résultats de ce week-end rendent difficile à balayer. La Bretagne, longtemps présentée comme un bastion politique immobile, semble désormais engagée dans une recomposition profonde. Le vote patriote n’y est plus éphémère mais relève d’un choix assumé et de plus en plus nombreux. Longtemps épargnée, elle n’est plus une exception. Reste à voir jusqu’où cette dynamique ira, aux prochaines élections présidentielles.
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43 commentaires
Il était temps .
Je ne comprend pas que les Bretons, si sourcilleux sur leurs origines celtes, leur langue, leur culture, leurs coutumes, puissent accepter de se laisser diriger par des gens qui veulent leur imposer une islamisation rampante de leur région. L’implantation de foyers pour migrants, de centres pour « Mineurs Non Accompagnés » qui, en réalité, ne sont pas mineurs et n’ont pas besoin d’être « accompagnés ». Ça pouvait, à la rigueur se comprendre après la guerre avec un communisme triomphant qui se souciait d’aider les populations dans la misère, mais aujourd’hui ?
Voilà une présentation que l’on pourrait qualifier d’encourageante eu égard à la tendance observée, mais il reste à concrétiser en termes de conquête, car n’oubliez pas que c’est à la fin du bal que l’on paye les musiciens ! Quant à qualifier le RN de patriote, c’est un abus de langage. Il le serait s’il décidait de rejeter le joug bruxellois !
Cette progression du camp national en Bretagne est encourageante, mais est-ce que des villes bretonnes vont être conquises dimanche soir ?
Globalement, la Bretagne est à gauche depuis longtemps Elle a remplacé la religion catholique par le socialisme. Cela a débuté dans les années cinquante, voire avant. Pourquoi? pour moi qui suis d’Armor, c’est incompréhensible
Enfin ma Bretagne se réveille et vire comme elle peut les socialistes prédateurs !
Le RN, un parti patriote ? Mais il est pro-UE, donc c’est un parti mondialiste, le contraire.
Malheureusement il faut une Europe mais une Europe des nations pas une Europe allemande. Une Europe qui garanti la souveraineté nationale dans le régalien surtout la justice et les frontières.
F R E X I T !!! Sortons de ce bourbier.
Exact.
Oui, le RN n’est pas un parti patriote, contrairement au FN.
Confondre un parti qui regarde la réalité en face et considère que, dans la situation actuelle où la majorité des Français ne voulant pas quitter l’Europe, « il faut faire avec », et un parti mondialiste, me paraît un raisonnement un peut court. Comme les LFI qui considèrent que tout ceux qui ne veulent pas de l’application stricte de leur programme sont donc des Nazi… Si vous n’êtes pas contre CETTE Europe, vous êtes un mondialiste… Aussi simple que si vous n’aimez pas la viande saignante c’est que vous êtes vegetarien…
Maen-Roch, où vit mon père, à également un candidat RN qui a fait un bon score. J’ai été surprise. J’espère que je verrais le changement de la France car je trouve tout cela très long.
Le RN est pro-UE : il ne changera pas la France. Il fera du Macron.
Exactement c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il fait des scores en Bretagne..
Je commençais à me poser des questions sur mes Bretons, visiblement ils vont mieux.
Avec un petit coup de chouchen!…
Comme Alex22… j’adresse toutes mes félicitations à ces candidats RN qui se battent sur un terrain gauchisé depuis des lustres. La bataille va être rude mais l’espoir est là avec une jeunesse impliquée, compétente, motivée.
Tout d’abord, j’apporte tout mon soutien à ces candidats courageux et plus particulièrement à la plus jeune Blanche Le Goffic Si jeune et déjà si courageuse. Oui, il faut voir notre belle Bretagne gangrénée par une gauche, idéologue, verbeuse et pourtant tellement inefficace. La gauche précède la misère Regardez Lannion cette ville possède un capital historique architectural géographique formidable et cependant tout ferme : commerces et entreprises. C’est la même chose à Saint Brieuc Et cela n’empêche pas nos dirigeants de délocaliser de Paris des centaines de migrants alors que l’emploi est en berne, qu’il n’y a plus de logements, les transports en commun sont quasiment inexistants et la santé moribonde. Si l’on s’éloigne de la Cote de quelques kilomètres (4 ou 5) vous aurez l’impression d’être dans un western avec des villes mortes des maisons fermées, du matériel agricole qui rouille dans des cours de ferme Les bretons ruraux sont devenus les indiens d’Amérique grâce aux votes des citadins de bord de mer qui ont élu macronistes Horizon quant aux grandes villes comme st Brieuc Rennes Nantes Vannes : Gauche et LFI Alors, j’adresse encore un grand merci à ces candidats qui nous donnent de l’espoir.
Et ben il vont avoir du boulot les bretons.
Je ne mets plus un pied dans cette région devenue le « FAR ouest »
Hi Hi bien dit! On m’a dit que les Brestois attendent dimanche soir avec impatience …Il me semble que le RN fait partie de la compétition. À vérifier.
Enfin, on commençait à se sentir seuls ! Au demeurant avec un conseil régional qui finance SOS Méditerranée, on est encore loin du compte. Les pauvres bretons qui découvrent que la Méditerranée est située sur leurs côtes !!!
« Soeur Anne, ne vois-tu rien venir? » … »Si, des naufragés par milliers »…
Il est certain que nos rues changent…. Nos supermarchés aussi !!
St Brieuc, où je n’étais pas venue depuis 7/8 ans a un centre ville qui s’étiole avec beaucoup d’immigration et de moins en moins de boutiques sympas.
Je n’y viendrai plus m’y promener seule… St Brieuc !!! On crois rêver .. ou plutôt cauchemarder !
Espérons que Pierre-Yves Thomas fasse un très bon score : pour pouvoir agir sur cette ville, c’est un homme juste et droit !
Force à toi Pierre-Yves !
Je n’étais pas venu à St Brieuc depuis 30 ans. C’est méconnaissable, moche. Centre-ville mort. Cela ne ressemble plus à la Bretagne.
et DOUARNENEZ !!!! submergé…..
Dans quelques années , ce sera tout simplement « Brieuc » .
Tout mon soutien d’ancien habitant des….Côtes du Nord….dans les années 80….
Hélas, la Bretagne perd son identité, et s’aligne comme n’étant plus que la « France de l’ouest », comme le résume si cruellement Marine Le Pen.
On dirait que vous n’avez pas encore assez de chances pour la Bretagne pour bien comprendre!