À Marseille, ce week-end, après un braquage, un homme de 18 ans a été abattu alors qu’il menaçait des policiers. L’IGPN a été saisie. Réaction de Michel Thooris au micro de Boulevard Voltaire.

À Marseille, un braqueur de 18 ans a été abattu alors qu’il menaçait les forces de l’ordre avec un fusil à pompe après un braquage. Pouvez-vous nous rappeler les faits ?

Les collègues ont été appelés pour un vol à main armée en cours. Une course poursuite s’en est suivie avec les auteurs du braquage. Les collègues ont été attirés dans une cité sensible de la commune de Marseille. Un des auteurs du braquage a mis en joue l’un de nos collègues qui a ouvert le feu et abattu le malfaiteur.

Ce jeune homme avait 18 ans. Suite à cet événement, l’IGPN a été saisi. Pourquoi avoir saisi l’IGPN dans un cas qui relève de ce que l’on sait être de la légitime défense ?

Je pense que l’IGPN a été saisi tout simplement parce qu’il y a des pressions d’associations qui hurlent à la bavure policière. Pour ouvrir le parapluie, les autorités diligentent une enquête IGPN.


Selon vous, il n’y a pas de bavure…

Évidemment il n’y a pas de bavure. Vous rendez-vous compte de la situation ? Les collègues vont sur un vol à main armée en cours, se font attirer dans une cité, l’un des auteurs braque un de nos collègues et le collègue ouvre le feu en parfait état de légitime défense. Cette situation crée une polémique. Il est incroyable aujourd’hui que la presse puisse relayer une polémique qui n’a pas lieu d’être.
Cela dit, sur le fond de cette affaire, on dénonce le texte sur la légitime défense qui n’est pas assez précis et qui ouvre malheureusement la porte à ce genre de polémiques. On demande encore une fois que le législateur légifère et mette noir sur blanc un cadre de légitime défense extrêmement précis pour qu’il n’y ait plus ce genre de polémiques.


Plusieurs associations font effectivement leur beurre sur ces sujets-là. Quel est votre sentiment sur ces lobbys ?

Ils essayent de stigmatiser la police pour empêcher la police de faire son travail. Si la police ne peut plus ni intervenir ni ouvrir le feu, cela revient à la désarmer au sens physique du terme comme au sens philosophique. Toute cette stratégie vise à assurer l’impunité des criminels en France. Ces lobbys font aujourd’hui le jeu des délinquants.


Il faut rappeler qu’il y a un grand nombre de suicides chez les forces de l’ordre que l’insécurité explose. Votre sentiment est-il toujours le même depuis la crise des Gilets jaunes ?

Les forces de l’ordre sont sous pressions à la fois politique, médiatique et de la criminalité et des terroristes qui eux continuent.
Vous soulignez à juste titre la montée de l’insécurité dans notre pays. Si l’insécurité est en train d’exploser, c’est aussi parce que des mois durant, le gouvernement a concentré le gros des moyens de la police nationale aux Gilets jaunes. Pendant ce temps-là cette situation profite à la criminalité de droit commun qui jouit d’une certaine forme d’impunité liée à un manque de présence des forces de l’ordre notamment dans les quartiers.

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