Maires LFI : Aly Diouara, entre provocations et dérives communautaires

Tweets radicaux, attaques répétées et entourage clivant : un mandat déjà révélateur.
Tweet A.Diouara / Copie Fdesouche
Tweet A.Diouara / Copie Fdesouche

« Une ville, un peuple, un maire ». La formule n’est pas sans rappeler de sinistres précédents. Après Sébastien Delogu et ses lacunes sur Philippe Pétain, Aly Diouara, député LFI et nouveau maire de La Courneuve, semble à son tour entretenir une mémoire sélective de l’Histoire. Ou est-ce un choix assumé ?

À peine élu, Aly Diouara impose un style frontal. Sur les réseaux sociaux, il accuse Marine Tondelier de racisme sans avancer d’élément public pour étayer ses propos. L’attaque est directe, installant d’emblée une logique de confrontation. Cette méthode n’est pas nouvelle. En mars 2025, il est condamné pour diffamation envers son rival socialiste à l'élection municipale, Oumarou Doucouré, après des accusations jugées infondées par le tribunal. Il a, depuis, fait appel et reste donc présumé innocent.

Le premier conseil municipal confirme cette tension : journalistes tenus à l’écart, polémique autour de la présence d’une élue voilée… autant de signaux qui relancent le débat sur la place du religieux et sur une vision du politique marquée par des logiques communautaires. Déjà pendant la campagne, en janvier, lors d’un meeting à La Courneuve, la présence de Rima Hassan et d'Assa Traoré confirmait un ancrage militant marqué.

Une parole publique qui embrase

Cette entrée en matière s’inscrit dans une continuité. Dès l’été 2025, Aly Diouara s’impose dans le débat national par des prises de position radicales. Il affirme, notamment, que la police tuerait « par choix », invoquant racisme et « nostalgie coloniale », ce qui provoque une plainte du préfet de police.

En 2022, déjà, il franchissait un premier cap en interpellant « les Blancs » et en évoquant un « remake de la conférence de Berlin » de 1884 qui marqua l'organisation européenne pour le partage de l'Afrique. Mise en regard avec sa récente formule, cette référence n’a rien d’anodin : elle suggère une continuité dans les registres employés et dans la lecture du monde qu’ils traduisent.

Cette logique ne se limite pas aux mots. En juin 2024, en pleine campagne législative à La Courneuve, Aly Diouara s’illustre lors d’une scène particulièrement controversée, énumérant publiquement des noms de plusieurs responsables politiques juifs liés à Place publique, parmi lesquels Raphaël Glucksmann, François Kalfon ou encore Emma Rafowicz, qu'il cite comme complice du génocide à Gaza. Une séquence dénoncée par ses opposants comme une mise en cause identitaire, d’autant plus frappante qu’elle se déroule devant une œuvre de Shelomo Selinger, lui-même ancien déporté.

Fractures internes et logique de rupture

Mais la conflictualité ne se limite pas à ses adversaires. Avant même son élection, Aly Diouara s’attaque à son propre camp. En février 2022, il critique la candidature de David Guiraud dans le Nord, dénonçant un « parachutage politicien » et revendiquant un ancrage territorial.

Quelques mois plus tard, en octobre 2022, il prend directement pour cible Jean-Luc Mélenchon, confiant voir grandir chaque jour un peu plus, en lui, « la révulsion […] contre ce vieux type ». Il refuse d’y voir un quelconque « moindre mal national ». Ces positions dépassent le simple désaccord partisan. Les logiques identitaires et territoriales prennent le pas sur les clivages traditionnels.

Lors de la dernière campagne des municipales, une note révélée par Marianne évoque des « boucles » de discussion entre militants de gauche en Seine-Saint-Denis, soulevant des interrogations sur d’éventuelles stratégies d’entrisme et des passerelles militantes avec les réseaux fréristes.

Une trajectoire sous tension permanente

Au fil des épisodes, une constante se dégage : chez Aly Diouara, la polémique relève moins de l’accident que de la méthode.

De ses prises de parole à ses actes, une même logique s’impose : provoquer, cliver, imposer. Sa récente formule s’inscrit dans cette continuité. Elle prolonge une série de positions où l’élu oscille entre confrontation et lecture communautarisée du débat public, avec des accents fleurtant avec l'antisémitisme.

Reste à voir si cette stratégie peut résister à l’épreuve du pouvoir, à La Courneuve.

Picture of Yann Montero
Yann Montero
Journaliste Boulevard Voltaire

Vos commentaires

30 commentaires

  1. Bombes à retardement. LFI va être débordé. Ou est-ce que c’est le signal que Mélanchon attend ?
    « La pauvreté c’est nous qui la vivons et c’est vous qui en vivez. » Excellent de vérité.

  2. Il n’a pas tort sur tout. On sait bien que la gauche adore se réunir entre blancs pour parler de la diversité.

  3. ils ont voté pour eux alors …. et ceux qui n’ont pas voté n’auront pas à se plaindre !
    Quant au voile au conseil municipal, t’en mieux … à Noël retour des crèches dans les mairies ! La LDH n’aura plus rien à dire, donc !

  4. Il est très modéré tout de même… attendons voir jusqu’où il peut aller dans la bêtise et l’ignominie…

  5. Donc un philosophe, un psychiatre et CNews sont attaqués pour propos racistes sur « nous TOUS les homo sapiens », et là, les ministres de la culture et de l’intérieur ne bronchent pas. Cherchez l’erreur. On se réveille quand ?

  6. Cet homme est il Français à 100% ou bi-national ? Je peux lui rappeler qu’en son temps, Léopold Sédar Senghor (Sénégal) et Houphet Boigny ( Côte d’Ivoire) faisaient partie du gouvernement français, sans que cela ne pose le moindre problème de couleur. Alors pourquoi aujourd’hui tout ramener à une couleur de peau ou une religion ? C’est rabaisser les personnes à leur origine.

  7. Combien de maire binationaux français malien élus a Bamako ? Zero .
    Simplement.
    Dans leurs pays d’origine.
    Un binational ne peut même pas accéder aux fonctions électives et fonctionnariat.
    Aussi simple que cela.

  8. Emma Rafowicz l’euro député ps qui place l’iran sur la carte a la place de la Bulgarie..tout comme le ministre Benjamin Haddad qui ne sait pas où est le détroit d’ormuz

  9. Ceux qui attisent la haine contre les blancs seront responsables de la guerre civile qui se prépare .

  10. Je serais d’avis de laisser ces gens là travailler, s’enfoncer dans leurs délires sans les alerter. Ils se piègeront d’eux-mêmes. Les réseaux sociaux se chargeront de la surveillance.

    A propos de ces réseaux. L’idée de les interdire aux moins de 15 ans refait surface. Quelle naïveté chez ces parlementaires, quelle inculture, quel besoin de surcharger l’administration.

    La première question qu’ils devraient se poser : « pour quelles raisons l’existence de ces réseaux ? ». Tout simplement : avant leur naissance, de petits malins créaient leurs petits réseaux? Un gros malin s’est dit « Une idée à exploiter à l’échelle mondiale. Du profit à venir » . Les gros réseaux ont pris naissance.

    Voue en déduisez la suite. Cette interdiction des réseaux connus aux moins de 15 ans donnera naissance à une multitude de petits réseaux incontrôlables. Retour aux sources. Les parlementaires et Macron se seront fait plaisir.

  11. Tout ça est parfait et le temps va donner une bonne idée aux citoyens de ce qu’est LFI et ses sbires antifrancais revanchards et frustrés.
    Continuez ça arrange

  12. Ces situations pour le moins conflictuelles ne sont que l’héritage de quarante ans de bassesses politicienne de la part des Socialo-Communistes mais également des UMP et autre Centristes MODEM compris. La République n’est qu’un système politique comme les autres, tout dépend de ce qu’en font la classe politique, en l’occurrence, ces caste politique sont méprisables, serviles et haïssables.

    • Vrai, et le niveau des élècteurs a tellement baissé que certains croient tout ce que racontent ces politiques avec une indécence magistrale. Et les « pôvres bougres » votent à gauche, certains ont même peur que cela change.. et le tour est joué.

  13. Depuis le texte de loi de décembre 2025 qui régit les signes religieux durant les conseils municipaux. Toutes démonstration d’appartenance religieuse est proscrite.
    Donc jf copé et Diouara sont dans l’illégalité en laissant siéger des personnes voilées durant les conseils municipaux

  14. Il y a des gens voté pour cette personne § faut avoir un sérieux grain dans la tête pour faire cela.

    • @poulbot : les abstentionnistes sont aussi responsables. Après la joie de certains, le réveil va être douloureux et bizarre, on n’entend plus parler de laicité

    • En démocratie ,c’est la loi des chiffres même si il y en a beaucoup qui ont un sérieux grain comme vous dites !!

Commentaires fermés.

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