Editoriaux - Histoire - Table - 8 octobre 2017

Marlène Schiappa a critiqué Danièle Obono et l’islam ? La natiosphère la hisse sur le pavois …

Marlène Schiappa, secrétaire d’État à l’Égalité femmes-hommes, était l’invitée de Ruth Elkrief, ce vendredi. Désavouant la députée Danièle Obono sur la question du rapport entre sexisme et radicalisation religieuse, la jeune ministre a appelé – dans une longue tirade – au respect de la laïcité et de la mixité.

Il n’en fallait guère plus pour satisfaire les nationalistes qui déversent depuis hier des tombereaux de : “Merci Madame la Ministre” et autres “Bravo pour votre courage” sur les réseaux sociaux. Oubliant les positions de la même Schiappa sur le catholicisme, l’histoire de France et la famille.

Le cas Schiappa n’est pas isolé. Il suffit qu’un personnage public médise sur l’islam(isme) pour que toute la nationalerie bombe le torse, fière comme un paon après une parade nuptiale, et couvre d’éloges le Godefroi de Bouillon 2.0, ce, même s’il s’agit d’un adversaire plus que déterminé de nos idées. Ce spectacle désolant montre en fait une véritable bâtardise spirituelle de notre camp…

Si nous accusons (à raison) nos adversaires d’avoir des spasmes pavloviens à l’évocation du nationalisme, que dire de nos propres réflexes antimusulmans primaires? C’est bel et bien par réflexe émétique antimusulman que des nationalistes en sont venus à admirer Charlie Hebdo pour ses quelques feuilles irrévérencieuses envers l’islam, à lire la “pensée” indigeste de Bougrab ou à soutenir les Femen qui – entre deux dégradations d’églises – ont perturbé la conférence d’un prédicateur musulman. Parions que dès demain, certains nationaleux fonceront en librairie (devoir républicain, quand tu nous tiens!) pour acheter le dernier roman érotique de Mme Schiappa qui a eu le “courage” (sic) de dénoncer la radicalité islamiste.

Tout est bon pour emmerder l’islam! Voilà la maxime du nationalisme 2.0 qui pourrait bien finir par adopter l’écriture inclusive. Les philippotistes l’ont déjà fait… Le philippotisme est d’ailleurs l’image même de ce néonationalisme qui fait de l’anti-islam de base, quitte à soutenir la Gay Pride, les Femen, la loi (d’inspiration anticatholique) de 1905 et tout ce qui va contre la Tradition. Il est loin, le temps du “nationalisme intégral” et de la “patrie charnelle”…

De défenseurs de la famille, des valeurs chrétiennes et de la verticalité que nous étions, nous voici à présent contempteurs de la pudeur, apologètes de la parité, avocats du nihilisme laïc et peut-être bientôt adeptes du transhumanisme. “Si ça hérisse la barbe des oulémas, allons-y”, pensent certains, adolescents éternels.

Vous connaissez le film World War Z où Brad Pitt finit par s’inoculer le typhus pour vaincre les zombies? Certains raisonnent ainsi par pragmatisme. S’ils savent bien que le postmodernisme est mortifère, ils voient dans l’islam un danger plus grand et sont par conséquent prêts à s’allier à tout élément antimusulman, même s’il est avant tout antichrétien et antifrançais. L’occidentalisme est la maladie sénile du nationalisme.

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