Cliquez pour acheter

« Les cailloux sont l’arme du faible David contre l’énorme Goliath », nous dit l’auteur en préambule de ce florilège. Il regroupe une centaine de mini-essais qui sont autant de réflexions et d’analyses jetées sur le papier au fil de l’actualité de ces trois dernières années.

L’auteur, diplômé d’HEC et d’Harvard, docteur en sciences économiques, est un universitaire qui a enseigné dans les grandes écoles les plus prestigieuses et qui fut consultant pour de grandes institutions internationales.

Cela lui donne une hauteur de vue, une vision globale qui va bien au-delà de celle du pur spécialiste. Ses domaines de prédilection que sont l’énergie et les transports lui permettent d’aborder avec exactitude et discernement les grands défis structurels posés aux États dits développées en ce début de XXIe siècle.

De 2018, l’auteur évoque l’affaire Benalla, les et la réforme de la SNCF comme les trois principaux événements. Sur la réforme de la SNCF, annoncée à grands coups de trompe par le gouvernement et revendiquée par celui-ci comme une victoire sur la CGT, l’économiste dénonce, sources à l’appui, les habiles tours de passe-passe comptables de la direction.

Sur les gilets jaunes, l’auteur analyse la cause première du soulèvement – une taxe sur les carburants – comme le catalyseur d’une révolte de la : tout cela a été maintes fois dit, en particulier dans ces colonnes. Mais ce qui est intéressant, c’est l’analyse de la fiscalité écologique régressive, qui a un impact direct… sur les classes travailleuses les plus pauvres : en augmentant les coûts de production, les prix sont mécaniquement réévalués à la hausse. Et le poids de cette fiscalité augmente à mesure que le revenu des ménages diminue. Toujours dans le domaine de l’écologie, où l’auteur, au fil des pages, déconstruit méthodiquement, chiffres et données à l’appui, les « fake news » de « l’urgence climatique », il rappelle à quel point l’implantation des éoliennes creuse les fractures territoriales : 52 % d’entre elles sont implantées dans les quatre régions françaises les plus pauvres. Et, poursuit l’auteur, ces parcs éoliens appauvrissent ces régions : les biens immobiliers de ces classes laborieuses, souvent le seul bien qu’elles possèdent, sont alors dévalués de 20 à 30 %.

« Salauds de pauvres ! » pourrait être le mot d’ordre de la présidence macronienne. Sans compter que l’énergie « verte » (éoliennes et panneaux solaires) est, par essence intermittente : elle est donc plus chère.

Peu pour le , et beaucoup contre les pauvres, conclut l’auteur.

La paupérisation de la classe moyenne « basse » sous le quinquennat  : une analyse qui revient souvent sous la plume de Rémy Prud’homme. La limitation de vitesse à 80 km/h, mesure tellement décriée qu’elle fut ensuite partiellement abandonnée, est un exemple frappant du fossé infranchissable entre la France des villes et celles des champs… et des banlieues. Il rejoint ici l’analyse de Christophe Guilluy : en ne frappant que ceux qui sont obligés de prendre leur voiture toute la semaine, elle a eu pour conséquence « une fossilisation des structures sociales » : en d’autres termes, l’ascenseur social est plus que jamais en panne.

Enfin, gestion du Covid-19, désindustrialisation de la France, morts évitées contre morts causées par le confinement : autant de cailloux dans la chaussure d’Emmanuel Macron dont l’auteur, inlassablement, rappelle l’existence.

« Pour avoir été professeur au MIT, je ne méprise nullement la science ; mais pour être fils de paysan, je fais aussi appel au bon sens », écrit-il au détour d’une chronique.

En cela, cet ouvrage est précieux : cette clé de lecture des événements nous aide à nous détacher, enfin, d’une actualité exclusivement, violemment – à dessein ? – concentrée sur la crise sanitaire, et permet d’esquisser un bilan fort utile du quinquennat d’Emmanuel Macron en même temps qu’un tableau, par petites touches, de l’état économique et sociologique de la France.

2 mars 2021

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

À lire aussi

Le meurtrier de Sarah Halimi ne sera pas jugé : coupable mais pas responsable

La sexagénaire retraitée, mère de trois enfants, fut rouée de coups, avant d’être balancée…