Gros titres accrocheurs et rétrospectivement effrayants de la presse : un missile nord-coréen « frôle » l’avion d’Air France Tokyo-Paris, vendredi 28 juillet !

Imaginez ce que “frôler” veut dire pour les humains ordinaires : raser, effleurer, serrer, passer près ! Quasiment enregistré par un réactif et véloce passager faisant des selfies sur fond de ciel nippon… Pour un terrestre voyageur, c’est l’image d’une moto qui vous double sur l’autoroute en se rabattant en queue de poisson acrobatique.

En réalité, et la mesure n’a aucune confirmation, l’engin intercontinental de l’artificier fou Kim Jong-un, serait passé à quelque 100 à 150 km de l’avion. Ce qui est une bonne distance de sécurité au regard du risque d’abordage. Tous les jours, les trajectoires d’avions de ligne tissent des toiles d’araignée à des distances bien plus resserrées. Certes, ils sont sous contrôle du sol sur les zones à forte concentration et sont dotés de radars et systèmes anticollision pour le vol de croisière.

Les avions de chasse à l’entraînement sont, quant à eux, sous contrôle militaire et évoluent hors des zones civiles, en particulier des TMA – zones terminales d’approche – qui entourent et protègent les aérodromes civils. Inversement, les vols commerciaux sont interdits dans certaines enclaves réservées aux forces aériennes pour les essais et l’entraînement. Cependant, des incidents peuvent intervenir qui font l’objet d’air miss ou, en bon français, compte rendu de collision évitée. C’est toujours heureux de pouvoir rentrer à bon port pour en faire la déclaration…

Un missile n’est assurément dangereux que s’il vise et poursuit l’avion, par erreur d’identification ou acte délibéré. Le dernier en date est le vol de la Malaysia MH 17, abattu par un missile sol/air d’origine russe depuis le sol ukrainien. Erreur d’identification, confusion des systèmes ou des opérateurs : le mystère demeure. De même n’a pas été révélée à ce jour la cause réelle de la perte de la caravelle d’Air France reliant Ajaccio à Nice, le 11 septembre 1968, avec de forts soupçons de bavure militaire, lors du tir d’un missile. En revanche, le vol KAL 007 – un chiffre de roman ! – abattu par un chasseur russe à l’ouest de l’île Sakhaline en septembre 1983, durant la guerre froide, fut très vraisemblablement victime d’une erreur d’identification, aggravée en période nocturne. Des esprits plus pervers y ont vu une grosse manigance des services secrets américains.

Pour revenir au ciel au-dessus de la mer du Japon, il est certain que la coordination des vols avec la Corée du Nord doit souffrir de lacunes, voire de duperies, fourberies ou autres perfidies. Je doute que les services aéronautiques du leader suprême envoient des NOTAM (notice to airmen), c’est-à-dire des avis aux navigateurs aériens pour leur signaler les tirs dans les zones concernées !

Il reste à ceux-ci d’éviter un espace aérien qui a très mauvaise réputation et qui ne va pas s’assainir de sitôt. Encore faut-il que les mêmes commandants de bord ne soient pas sous la contrainte d’économies de plus en plus prégnantes, qui poussent aux trajectoires les plus directes vers la destination que l’on dit finale et qui pourrait s’avérer fatale…

5 août 2017

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