Le ministère de l’Enseignement supérieur a annoncé que 9.500 lycéens sont encore sans affectation, à l’université essentiellement. La principale cause : le nombre record de reçus au dernier baccalauréat.

En effet, à l’issue des oraux de rattrapage, le taux de réussite a quasiment atteint les 100 % : 98,4 % pour les séries générales, 95,7 %, pour les technologiques et 90,7 % pour les professionnelles, soit une hausse de 7,6 points par rapport à la session de 2019, toutes filières confondues. Sans oublier le taux du premier groupe qui avait atteint 91,5 % au total, soit +13,7 points !

Le secret du succès : le calcul des points à partir de la moyenne des deux premiers trimestres, une note de contrôle continu déjà enregistrée sur Parcoursup, la plate-forme numérique permettant d’envoyer les élèves en études supérieures, mais où la réputation du lycée d’origine tend à jouer un rôle de plus en plus prépondérant. C’est ce que soulignait la sociologue Marie-Paule Couto, dans Le Monde du 17 mars, en annonçant le risque, à terme, d’encourager les établissements à entrer dans une concurrence féroce, principalement ceux préemptés par les CSP+.

Mais il faut rappeler que le est passé par là, ce qui a obligé nos enfants à étudier à domicile durant plus de trois mois à compter de la mi-mars. Puis, pour cette session 2020, il fallait introniser le contrôle continu intégral pour mieux faire digérer le contrôle continu partiel des années scolaires à venir. Comme si, des élèves confinés, il était possible de tirer le meilleur par doses massives de « nation apprenante » et de leçons transmises via le cahier de textes en ligne.

Enfin, les enseignants ont subitement découvert que leur métier est en voie d’ub(é)risation. Et, dans la dialectique entre liberté et autorité, c’est la liberté qui a pris le large. Conséquence : plus de dialogue ni de communication dans la startup nation, là où tout, y compris le savoir, n’est plus que produit de consommation. Alors, comme le télétravail qui signifie la fin du travail, la télétransmission (d’un nouveau genre) ne veut rien dire d’autre que la fin de l’éducation, le lien direct avec l’élève étant en train de disparaître, confinement ou pas.

, l’individu ne peut être heureux dans un cadre qui ne révèle pas son utilité : le b.a.-ba de la philosophie sociale. En définitive, Jean-Michel Blanquer, un temps pressenti pour être le « super » ministre de l’Éducation nationale, n’a fait qu’accélérer le processus de crétinisation de la jeunesse française, qui plus est en vantant les sciences cognitives et l’intelligence artificielle.

Ou comment donner discrètement quitus aux shérifs du pédagogisme : idolâtres du caïd, chantres de la langue inclusive, etc. Résultat : les dernières générations sont, en général, décérébrées, du moins incapables d’avoir une quelconque cohérence intellectuelle.

Autre élément : une petite Bretonne de banlieue, dans le système actuel, ne peut pas montrer ses talents cachés, car constamment harcelée par les « enfants de l’ » de son collège, puis ignorée lâchement par ceux qui devaient la protéger et voir son potentiel. Voilà un exemple parmi d’autres, ou un des cas de figure provoqués par tous ces clientélismes, puisque si discrimination il y a, celle-ci ne se pratique qu’en faveur des médiocres, bien souvent des grands bourgeois ou des racailles. Pour une élève comme celle-là, l’école est finie, voire comme si elle n’avait jamais pu commencer.

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