Editoriaux - 25 décembre 2017

Joyeux Noël aux amis et ami.e.s de Boulevard Voltaire !

Chers amis lecteurs (sans oublier les ami.e.s et autres lecteuses), aujourd’hui, la magie de Noël est de retour.

Au sens ancien du terme, c’est-à-dire païen, on célébrait à la fois continuité et renaissance. En son acception chrétienne, c’est la renaissance et la continuité qu’on appelle de ses prières. Soit un peu le contraire en tout pareil.

C’est la fin d’un cycle et le début d’un nouveau ; mais c’est finalement de la même boucle qu’il s’agit. Il en est de grandes, la nation, la civilisation. La première change, évolue, connaît des pics de grandeur et des creux de faiblesse. Il en va de même de la seconde, qui peut s’assoupir pour, éventuellement, mieux renaître sous d’autres formes. Les sages d’Inde avaient raison de dire qu’on ne se baigne jamais deux fois de suite dans le même fleuve.

Pareille observation vaut aussi pour de plus humbles cycles. La famille, par exemple. Qui se perpétue tout en mutant à chaque génération nouvelle. Un enfant naît alors qu’on enterre un aïeul. “Place aux jeunes, en quelque sorte”, comme le chantait si bien Georges Brassens dans “Supplique pour être enterré à la plage de Sète”. Ce qui n’empêche que certaines familles puissent disparaître ; à l’instar des nations et des civilisations, d’ailleurs.

La fatalité, objecteront certains. Mais la fatalité ne survient que lorsque des andouilles estiment que tout ce qui arrive devait arriver, qu’on n’y pouvait de toute façon rien ; parce que, justement, c’était… la fatalité. Si c’est ça, autant arrêter de se reproduire, de persister à exister, de lutter contre l’adversité. S’il est licite d’envier le mode de vie des paramécies, nous nous plaisons à croire, chez Boulevard Voltaire, que ce n’est pas tout à fait le style de la boutique, et encore moins celui de ses clients et de ceux qui la tiennent.

En effet, Boulevard Voltaire, journal que vous lisez sur écran et non point plus sur papier – encore une fin de cycle et l’avènement d’un cycle nouveau –, est, à cet égard, une autre sorte de petite famille. Une famille vite grandie – plus de cinq ans d’existence, c’est à la fois peu et énorme – à laquelle se sont agrégés les talents les plus divers, certains n’y faisant qu’un tour et d’autres y creusant leur nid. Des plumes fondatrices qui s’en sont parties, des branches rapportées ayant pris racine. Ainsi va la vie.

« Comment faites-vous pour coexister à Boulevard Voltaire, alors qu’il est des sujets sur lesquels vous n’êtes quasiment jamais d’accord ? », m’est-il souvent demandé. Si l’unanimisme béat devenait la règle, je serais probablement le premier à prendre mes cliques et mes claques pour réintégrer mes pénates. Car si Robert Ménard a créé Boulevard Voltaire avec quelques proches amis, c’est avant tout pour faire revivre une sorte d’esprit authentiquement libertaire et échapper à cette langue de plomb médiatique qu’il a connue mieux que personne lorsqu’il dirigeait Reporters sans frontières.

Après, qui est libéral et qui ne l’est pas ? Libéral en matière de mœurs ou d’économie ? Comment envisager la question islamique en évitant de s’en tenir à la seule actualité terroriste ? Sommes-nous des Occidentaux ou des Européens ? Les musulmans ont plus foi dans le Coran que dans la Constitution de la Cinquième République, certes. Mais à quel texte les chrétiens accordent-ils plus de place ? Évangiles ou Déclaration des droits de l’homme ? Comment faire l’Europe alors que la France est cernée par des pays qui ne sont même pas français ? Faut-il aller voir le dernier Star Wars ? Autant de sujets qui fâchent et divisent, qui pourraient même gâter la sauce, si Gabrielle.e Cluzel.e n’y mettait son liant, sa bonne humeur et son sourire qui resplendit même au téléphone.

Ces choses dites, c’est avec un grand plaisir que je vous souhaite, au nom de tous mes camarade.e.s, qui sont aussi des pote.e.s ou potesse.e.s, un joyeux super chouette Noël.

C’est écrit du fond du cœur.

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