Editoriaux - 28 juillet 2019

Joseph Goebbels dès potron-minet le dimanche : dernier avatar de l’affaire Fatima Benomar …

Un tweet[ref]https://twitter.com/fatimabenomar_/status/1147114772716032001[/ref] de Fatima Benomar posté le 5 juillet dernier fait le buzz et inscrit « Goebbels » dans les TT du dimanche matin. Pardon. Un pépiement publié sur le réseau social Twitter par Fatima Benomar crée une réaction en chaîne de diffusion de réponses et commentaires propulsant le nom du docteur Joseph Goebbels, l’ancien ministre de l’Éducation du peuple et de la Propagande du IIIe Reich et très brièvement successeur d’Adolf Hitler comme chancelier (pendant une journée), dans les hauteurs du classement des termes les plus employés en ce dimanche matin (après l’éventuelle censure opérée par la bien-pensance des sbires en charge du réseau, bien sûr, mais peut-être qu’ils dormaient encore).

Fatima-Ezzahra Benomar est une féministe dont le curriculum vitae coche la plupart des cases essentielles de la gauche plutôt radicale : elle milite à l’UNEF, travaille avec Mélenchon en 2012, participe à Nuit debout, se victimise à chaque occasion, signe toutes les pétitions féministes qui semblent justifier l’existence de Marlène Schiappa, proteste contre le sexisme latent dans l’emploi d’hôtesse au Tour de France et se plaint à Kombini d’être cyber-harcelée pour ça.

Son tweet invitait « à méditer » et présentait une photo du chef nazi en uniforme avec cette citation : « Nous ne voulons pas convaincre les gens de nos idées, nous voulons réduire le vocabulaire de telle façon qu’ils ne puissent plus exprimer que nos idées. » Pas de chance pour elle, c’est une citation apocryphe, sans doute inspirée de l’univers de 1984, la dystopie géniale que nous devons à George Orwell. Le Dr Joseph Goebbels a commis quelques formules passées à la postérité comme « Plus le mensonge est gros, plus il passe », « Celui qui peut régner sur la rue régnera un jour sur l’État, car toute forme de pouvoir politique et de dictature a ses racines dans la rue » et « C’est l’un des droits absolus de l’État de présider à la constitution de l’opinion publique ». Mais la formule reprise et imputée au grand vilain nazi est à peu près aussi authentique que l’attribution de l’invention de Facebook à Abraham Lincoln.

La mémoire numérique est cruelle : dès lors qu’un brin de lumière est jeté sur une personne, son passé numérique est fouillé et ses publications font l’objet d’exhumations plus ou moins opportunes. Les ministres transfuges qui ont rallié Emmanuel Macron voient ainsi, périodiquement, republier les messages où ils descendaient en flamme leur désormais suzerain qu’ils servent aujourd’hui avec la dévotion due à un gourou.

Soyons beaux joueurs, elle est vertueuse, cette invitation à méditer ce qui fait une composante essentielle du totalitarisme : l’éradication, chez l’individu, d’une pensée autonome en lui substituant slogans et mots d’ordre édictés par un État sans scrupules. Un brin hypocrite, certes, venant d’elle. C’est effectivement là que les régimes communistes et nazis rejoignent Big Brother, le ministère de la Vérité, le novlangue, les Deux Minutes de la Haine et la Police de la Pensée. Et interrogeons-nous sur l’appauvrissement de l’enseignement en France depuis des décennies, la manipulation de l’opinion par les médias subventionnés à grands coups de pathos ou d’émotions sirupeuses, la dictature de la bien-pensance qui sévit, la focalisation sur l’apparence au détriment de la substance, la surveillance continue de chacun par le numérique, la répétition ad nauseam des mensonges utiles.

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