À l’occasion de la sortie de son livre, Tocsin. Chroniques contre les liquidateurs de la France, Jérôme Rivière, député au , répond aux questions de Boulevard Voltaire.

 

Vous publiez Tocsin Aux éditions de La Nouvelle Librairie.

Jusqu’en 1960, le tocsin était la cloche que l’on sonnait pour indiquer aux populations qu’un malheur allait bientôt arriver, une invasion ou une inondation. Je crois qu’aujourd’hui, l’état de la France nécessite que nous entendions le tocsin. Nombreuses sont les personnalités politiques, mais aussi médiatiques qui sonnent le tocsin. Depuis des années, Marine Le Pen sonne le tocsin pour nous alerter sur l’état de la France. La tribune des généraux publiée récemment dans Valeurs actuelles montre aussi que ce sentiment de délitement de la France est plus qu’un sentiment, c’est une analyse partagée par près de 74 % des Français. C’est la fin d’un cycle. Je pense qu’il est important d’en parler. Avec l’élection d’Emmanuel , ce cycle a considérablement accéléré ce déclin.

Le tocsin sonné depuis le Parlement peut-il être entendu depuis la France ?

Dans le livre, deux messages sont importants à mon sens. Après ces quatre années du quinquennat d’Emmanuel Macron, nous arrivons à la fin de ce cycle. Si c’est ce cycle a été malheureusement possible c’est parce qu’il a été élu sur deux ambiguïtés. La première est un vote négatif, c’est à dire des gens qui ont voté contre Marine Le Pen et non pas pour Emmanuel Macron.

Dans ce livre j’ai voulu par ces différentes chroniques présentées, rappeler qu’au , nous avons des idées positives. Nous voulons une nation qui protège. Nous avons des projets pour la France. Nous considérons que c’est l’espace à l’intérieur duquel les citoyens sont le mieux protégés. Nous nous construisons non pas sur un vote négatif, pas contre Emmanuel Macron, mais pour la France, pour la restauration de la paix civile.

Le deuxième point, c’est qu’il y a malgré tout, un certain nombre de Français qui ont voté pour le projet d’Emmanuel Macron. Là aussi il y a ambiguïté, puisque le projet d’Emmanuel Macron était avant tout celui d’une mondialisation heureuse aussi portée par l’. Cette mondialisation heureuse à laquelle je n’ai jamais cru s’est fracassée pour tous les Français et pour tous les Européens sur le mur de la pandémie du Covid. La seule chose que nous a donnée cette mondialisation c’est un virus mondial, qui s’est répandu sur toute la planète et qui a démontré que les institutions globalisées et mondialisées que sont notamment l’Union européenne derrière laquelle la France s’est réfugiée, étaient incapables de protéger. Je vous rappelle que près de 97 % des éléments nécessaires pour fabriquer des médicaments sont produits en . Nous nous sommes donc retrouvés exposés à ce virus chinois. Cette mondialisation a démontré que les nations étaient les seuls espaces géographiques et institutionnels capables de protéger leur citoyen. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle chaque peuple s’est retourné vers son propre gouvernement pour lui demander des comptes et des solutions.

Comment expliquer que ces institutions européennes continuent d’exister malgré l’aveu total d’incompétence créé pendant cette pandémie ?

Nous n’avons pas eu de Révolution, mais nous avons un constat d’échec. Elles se sont montrées incapables de répondre à nos besoins. Maintenant, il faut arriver à entamer une modification profonde de ces institutions.

Ce projet européen a été confondu avec l’Union européenne. Or si l’Union européenne s’est fracassée, l’Europe doit continuer à vivre. Ce que nous proposons c’est une Europe des nations qui coopèrent librement. C’était un espace de liberté, d’échange économique et culturel. Depuis 1992, un certain nombre de technocrates et de politiques ont essayé de faire de cet espace une sorte d’ersatz de nation et ils ont échoué. C’est sur cet échec qu’il faut revenir et donc retrouver cette Europe des coopérations.

Vous parliez du projet de Marine Le Pen et de celui d’Emmanuel Macron. J’ai écouté Patrick Buisson sur Europe 1 et il disait que les présidentielles de 2022 risquaient d’être l’élection de la peur.

Je crois que le principe de la vie politique est de faire des choix. Vous aviez autre fois quelque chose qui était entre la droite et la et qui était incarné à travers des visions économiques. Aujourd’hui, ce paradigme a changé. Vous avez encore une fois ceux qui incarnent cette mondialisation et Emmanuel Macron en est le porteur principal. Il va d’ailleurs accélérer un projet d’intégration toujours plus fort de l’Union européenne. On le voit notamment en matière de défense, alors que ce n’est pas une compétence de l’Union européenne. Face à ce projet mondialiste, vous avez une personnalité, Marine Le Pen entourée d’élus, d’adhérents, de militants et d’électeurs. Ces gens disent qu’ils ne veulent pas renoncer à la Nation française, à son histoire et à sa langue. Ces deux projets se retrouvent l’un en face de l’autre. Ce sont deux voies diamétralement opposées. Les Français se positionneront par rapport à ces deux voies. S’il en existait une troisième, il pourrait y avoir l’émergence d’autres candidats. On doit choisir aujourd’hui entre une France qui meurt parce qu’elle est considérée comme inutile avec des murs porteurs qui sont effacés ou au contraire, retrouver comment cette maison France a pu fonctionner pendant si longtemps et redonner aux Français non pas de la peur, mais de l’espoir. Je crois que ce que porte Marine Le Pen, est une lueur d’espoir pour les Français. C’est avant tout, restaurer dans une période de chaos, la paix civile, l’union nationale. Ces deux thèmes sont essentiels. Retrouver ce sentiment qu’il fait bon vivre ensemble en France. Emmanuel Macron disait que si c’était Marine Le Pen se serait le chaos, mais en réalité, cela fait quatre ans que nous vivons le chaos. Nous voulons restaurer cette paix civile.

 

La prochaine échéance électorale, ce sont les . Éric Ciotti avait déclaré que la seule chose qui les différenciait du Rassemblement national c’était leur capacité à gouverner.

Je dirais qu’effectivement nous n’avons pas de capacité à gouverner avec La En Marche, alors que Les Républicains ont démontré qu’ils étaient capables de gouverner avec La République En Marche. Plus sérieusement, je viens de l’UMP et j’étais député UMP. Si j’ai quitté l’UMP c’est parce que j’ai pu constater que pendant des années, nos dirigeants faisaient des promesses qui n’étaient jamais mises place lorsque nous avions le pouvoir. J’ai siégé avec Thierry Mariani qui était député UMP et LR et il a fait le même constat. Jean-Paul Garraud, Sébastien Chenu et je ne cite que quelques élus. Des centaines d’électeurs sont déçus par les prises de position des Républicains qui tiennent un discours sur des estrades et qui dans la réalité des hémicycles votent exactement l’inverse.

10 mai 2021

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