Il y a 70 ans, les pogroms d’Istanbul et Izmir contre les Grecs chrétiens
Il y a 70 ans, ces 6 et 7 septembre, éclataient des pogroms organisés par le gouvernement turc contre les minorités grecques et chrétiennes d’Istanbul et Izmir. Il s’agissait d’une manipulation montée par les cellules christianophobes de l’armée turque, selon l’enquête menée par les autorités turques elles-mêmes. Istanbul fut, durant mille ans, Constantinople, sur la rive européenne du Bosphore. La capitale du magnifique Empire romain d’Orient, sommet inégalé des arts et des sciences, tomba en 1453 aux mains des Ottomans qui la saccagèrent et martyrisèrent ses habitants. Mais il y demeurait, jusqu’en 1955, un forte minorité grecque.
Ignoble pogrom
Le 5 septembre 1955, une bombe explosait, en Grèce, au consulat turc de Thessalonique (où était né Mustafa Kemal). Cette bombe avait été posée par un agent provocateur turc, ainsi que cela sera démontré durant le procès. Dès le 6 septembre 1955, des dizaines de milliers d’émeutiers haineux sont acheminés en camions et déposés dans le quartier grec d’Istanbul, qui sera dévasté en toute impunité durant une douzaine d’heures : une opération d’épuration ethnique. Il s’ensuivra, certes, un grand procès contre les instigateurs, mais seulement six ans plus tard, notamment contre le Premier ministre turc alors aux affaires (Menderes), qui sera pendu.
Le pogrom est ignoble : seize Grecs et un Arménien (dont deux clercs) sont assassinés. Trente-deux Grecs sont sévèrement blessés, plusieurs dizaines de femmes grecques ainsi que des jeunes garçons violés. Des popes subissent des circoncisions forcées dont certains meurent.
Les biens grecs sont pillés et détruits : 4.348 magasins, 110 hôtels, 27 pharmacies, 23 écoles, 21 usines, 73 églises principalement grecques-orthodoxes, 2 monastères, les cimetières profanés, une synagogue, un millier de maisons appartenant à des Grecs sont détruites. Les violences ne s'arrêteront qu’après minuit, à la suite de l'intervention tardive de l'armée et de la proclamation de la loi martiale. Curieusement bien trop tard.
La population de Grecs chrétiens, chassée de chez elle, passera, en quelques semaines, de 135.000 à 4 ou 5.000. Les éléments juridiques d’un crime contre l’humanité sont donc bien réunis au sens de l'article 212-2 du Code pénal.
S’il faut commémorer cette horreur et s’incliner sur le sort des victimes dont certaines - et, bien sûr, leurs enfants - sont encore en vie, il faut aussi tirer les leçons de l’Histoire et des situations actuelles pour éclairer les choix d’avenir et nous préserver. Le grand Thucydide nous prévient dans son œuvre historique majeure (La Guerre du Péloponnèse) : « L’Histoire est un perpétuel recommencement. » Il faut « voir clair dans les événements passés et dans ceux qui, à l'avenir, du fait qu'ils mettront en jeu eux aussi des hommes, présenteront des similitudes ou des analogies ». Observons donc l’Histoire, rappelons-nous nos erreurs passées, tirons-en les leçons, « voyons clair », restons sur nos gardes, c’est notre devoir citoyen...
Les leçons de bon sens et de survie, pour aujourd'hui
Quoique alliée (via l’OTAN, ou ce qu’il en reste), la Turquie n’est pas et n’a jamais été une amie de l’Occident chrétien. Ni en Europe, ni au Moyen-Orient ; et désormais ni à Chypre, ni en Arménie, ni au Karabakh.
Bien peu de pays musulmans offrent simultanément les libertés (civiques et religieuses), la paix civile, la prospérité. Et dans les pays à forte minorité musulmane, bien qu’une partie significative des musulmans soient quiétistes et ne pensent qu’à s’assimiler, on observe des exemples de violences confessionnelles.
Enfin - pour balayer devant notre porte -, rappelons la collusion d’Aristide Briand avec Mustafa Kemal (le futur Atatürk). La France suspendit le traité de Sèvres (issu de l’accord Sykes-Picot) qui accordait un foyer national à vingt millions de Kurdes. Puis, durant la guerre gréco-turque (1919-1922), la France, sur ordre de Briand, aidera fortement l’ennemi turc contre l’allié grec (!) qui, volant de victoires en victoires, était sur le point de prendre Ankara et libérer Constantinople. Et, donc, de tenir les détroits si stratégiques. Briand, en mars 1921, signait un accord avec un incertain et fugace gouvernement kémaliste, puis un traité de paix la même année, et fournit à Mustafa Kemal quantité d’armes et matériels militaires. Grâce à Briand, l’armée turque finit par triompher des Grecs trahis : deux millions de Grecs de Smyrne et d’Anatolie durent alors fuir leurs terres immémoriales. Briand obtiendra plus tard le prix Nobel de la paix pour avoir établi une « paix » durable (sic) entre la France et l’Allemagne... en 1926.
En 2025, la Turquie d’Erdoğan refuse de reconnaître le génocide arménien et les pogroms de 1955. La Turquie a reçu de l’UE six milliards pour l’aide aux réfugiés de Syrie (dont beaucoup se sont infiltrés en Europe). Au titre de l’aide à sa pré-adhésion (sachant que l’adhésion n’aura pas lieu ...), elle a reçu aussi, de 2007 à 2020, près de dix milliards d'euros.
Étudiez le cas Briand (sa part d’ombre et de sottise) et le cas von der Leyen. Et relisons Thucydide.
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26 commentaires
« Étudiez le cas Briand (sa part d’ombre et de sottise) ». Sûrement pas sa bêtise. Rapporteur de la loi de 1905 séparant l’Eglise de l’Etat, il avait toutes les sympathies pour Mustafa Kemal, collègue en loges et grand massacreur de Grecs et d’Arméniens devant l’Eternel. Rappelons qu’après une pénible guerre de deux ans contre les Turcs de Mustafa Kemal, la France renonça par le traité d’Ankara ( 1921) à l’occupation de la Petite Arménie et de la Cilicie, moyennant des garanties « sérieuses » pour les populations chrétiennes (30 000 massacrés dès le lendemain de l’évacuation).
Bravo Monsieur Temple pour cette magnifique leçon d’Histoire!
Rajoutons à cela la partition de Chypre état de l’U.E, qu’à fait cette institution RIEN, Les Turcs occupent toujours illégalement le territoire Chypriote.
Et des imbéciles irresponsables oeuvrent toujours pour l’entrée de la Turquie dans l’U.E.
Exact, sans compter que l’UE répand aussi largement nos sous dans la partie « turque » de Chypre.
OUI LA GAUCHE socialiste et depuis 2006 ; Etonnant non ?
Sauf que les leçons du passé ne sont jamais retenues, sauf … par les despotes.