Culture - Editoriaux - Société - 16 octobre 2019

Il Braghettone, ce « faiseur de culottes », est de retour pour l’UNESCO

Quand j’étais lycéen, mes professeurs d’histoire, le plus souvent très rouges, ne rataient jamais une occasion de railler la chrétienté, tout particulièrement en matière de mœurs. Les exploits du Braghettone, qui avait « habillé » les personnages nus du Jugement dernier de la chapelle Sixtine de voiles couvrant leurs parties génitales, étaient livrés en pâture à l’hilarité de toute la classe. Mais, de nos jours, ce brillant élève de Michel-Ange aurait bien du pain sur la planche pour ne pas offusquer la pudeur de certains.

C’est ainsi qu’en 2016 à la mairie de Toulouse, des feuilles de vigne apparurent bizarrement sur les sexes des statues de la célèbre salle des Illustres, le temps d’une collecte de sang. Devant l’étonnement de quelques donneurs, l’infirmière expliqua que “certains, parmi les organisateurs, auraient peut-être trouvé à redire à ces statues au sexe apparent…”

Mais la Ville rose ne faisait là qu’imiter, la même année, le camouflage des statues nues du Capitole pour la visite du président iranien Hassan Rohani. Une « forme de respect envers la culture et la sensibilité iranienne », se justifièrent les officiels…

Il est évident qu’à côté des flagellations, lapidations et amputations, la simple vue d’un zizi a de quoi faire défaillir des âmes aussi sensibles… Alors aux oubliettes, le vieil adage d’Ambroise de Milan, « À Rome, fais comme les Romains ».

Aujourd’hui, c’est l’UNESCO qui se met à l’unisson d’une soumission si bien anticipée par Michel Houellebecq. À l’occasion des Journées du patrimoine 2019, l’organisation internationale a invité l’artiste plasticien Stéphane Simon à exposer plusieurs sculptures inspirées de la statuaire grecque. Mais les visiteurs ont eu la surprise de découvrir deux statues grandeur nature étrangement pourvues d’un cache-sexe : un string pour l’une, une sorte de lange pour l’autre ! C’est qu’il s’agit de « ne pas choquer certaines sensibilités »

Il est vrai que « nous z’aut’ » – indigènes européens stupidement aliénés et abrutis que nous sommes par deux mille ans de culture chrétienne -, la sensibilité, on ne sait pas ce que c’est. On voudrait bien, mais on n’y arrive pas !

Heureusement, une civilisation toute d’amour, de tolérance et de paix, d’égalité et de respect de la femme, vient à point pallier nos insuffisances…

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