Editoriaux - Politique - Société - 22 mai 2018

Être ou ne pas être de droite ?

On peut être de droite métaphysiquement (ou philosophiquement) sans se sentir obligé de l’être politiquement dans la conjoncture actuelle. En effet, les partis de droite sont idéologiquement aux antipodes de la droite authentique.

Quelle est cette droite authentique ? D’un point de vue ontologique, la philosophe Corine Pelluchon remarque que “le couple gauche/droite peut correspondre symboliquement au couple Ève/Adam”. La droite étant du côté du père, incarnant “l’autorité, c’est-à-dire quelque chose que l’homme d’aujourd’hui ne supporte plus et qu’il n’a pas été habitué à comprendre. Trop peu de personnes entendent derrière le mot “autorité” son étymologie (du latin augere, “élever”) : elle renvoie à la vocation du politique qui est de promouvoir une société meilleure et plus respectueuse de ce qu’est la personne.” Dans La droite, cette inconnue, Jean Jaélic faisait observer : “La générosité traduit la noblesse : generosus, “de bonne race”. Sur le plan naturel, elle reflète la charité. Elle fait le cœur de la droite. La quantité n’est qu’une monnaie d’échange, le signe d’un profit, d’un plaisir ; sauf au service de la qualité. Seule la qualité nous attire pour elle-même, dans le sacrifice. C’est pourquoi la gauche est utilitaire, et la droite désintéressée.”

Symboliquement, durant l’Antiquité, mais aussi dans l’Ancien et le Nouveau Testament, la droite est désignée par les gestes d’honneur, de bravoure, de courage. Le Christ ressuscité est assis à la « droite du Père » ; inversement, le traître Judas est décrit comme un gaucher. De son côté, Platon désigne “le cheval de droite qui est fiable et courageux”, alors que “le cheval de gauche est immature et capricieux”.

Historiquement, c’est au début de la Révolution française que les partisans du veto royal vont se situer à la droite de l’Assemblée. Dans sa typologie des droites — droite légitimiste, droite bonapartiste et droite orléaniste —, René Rémond faisait de la droite légitimiste la seule vraie droite. Cette dernière défend la morale catholique traditionnelle, l’enracinement et l’économie sociale et organique.

La droite authentique ou intégrale incarne alors non pas le contraire de la droite mais la droite contraire : contraire à ce qui s’affirme actuellement de droite. Notamment chez Les Républicains, Debout la France et le Front national (bientôt Rassemblement national). Ces partis de droite (même si le FN n’est plus proprement de droite, il est à droite) se caractérisent soit par leur libéralisme, soit par leur laïcisme, soit par leur jacobinisme. Sans oublier leur occidentalisme ! Marion Maréchal et la droite hors les murs n’en déparent pas globalement. Il n’est plus alors question, pour l’homme de droite, de reprendre cette étiquette droitière à son compte. Essentiellement de droite, il demeure politiquement ni de gauche, ni de droite.

Il serait temps que la droite métaphysique trouve une incarnation politique qui fait défaut de nos jours. Un vœu pieux ? En tout cas, une exigence, gage de cohérence et de salut pour mieux défendre la France, son peuple et ses provinces. En son temps, Paul Sérant nous avertissait à juste raison : “En ce qui concerne la droite française, il ne s’agit d’ailleurs pas de rompre une fidélité, mais au contraire de retrouver celle qu’elle avait abandonnée.”

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