On peut le dire : c’était de la belle ouvrage, hier après-midi, à l’Assemblée, pour la troisième lecture de la loi . Ils étaient là, débitant au micro, derrière leurs , après leurs remerciements aux collègues et aux officines pourvoyeuses de sperme, leur leçon bioéthique pour les nuls. Devant mon écran, je n’étais ni tendue ni énervée : en distanciel. Je savourais cet instant rare d’un exposé de loi dans un Hémicycle à moitié vide de députés sans boussole. Pas de doute, cette séance, ce fut de la belle ouvrage !

Un seul mot convenait pour tant d’années de débats, passionnés parfois, respectueux toujours : « Enfin ! » Enfin, une loi pour que toutes puissent « faire mamans » : elles n’avaient que trop attendu ce bonheur ! avait même promis un cru de bébés pour mai 2022. La rapporteuse à l’Hémicycle, Coralie Dubost, contente que ce soit fini, débita, à toute allure, tête baissée, son papier personnalisé. Mme Bergé fut intarissable. Mme Ménard déposa sa motion de rejet préalable à laquelle s’opposa un venu faire sa leçon cavalière d’ des mœurs françaises hors christianisme. Le garde des Sceaux tenta une réponse mal ficelée à l’adresse de Mme Ménard, qui tourna court, faute d’inspiration, avec une citation de Pagnol, peu heureuse, sur « des kilos d’amour », et termina en beauté par cette phrase décisive : « Ici, dans l’Hémicycle, il n’y a pas d’amour homosexuel ni hétérosexuel. Il n’y a que l’amour… »

Le vote sera vraisemblablement sans surprise. La PMA pour toutes ? Adjugé ! À la pause, on interrogea les uns et les autres. M. Breton voulait, avec sagesse, un report de la loi à l’an prochain où le candidat président mettrait la PMA, dans son programme, expressis verbis. Mme Firmin Le Bodo, soulagée, allait pouvoir, dit-elle, se consacrer à autre chose. Enfin, on « avançait » . Comment ne pas voir, dans cette insémination pour toutes, autre chose qu’un droit, insoutenable, à l’enfant ? Une filiation amputée, injustement. On a beau dire que le père n’est pas le donneur, le donneur pas le géniteur, comment ose-t-on bafouer le droit de l’enfant à avoir un père et une mère et de les connaître ? Comment ose-t-on voler son et son bonheur à un être humain ! À son semblable en humanité ! Quel droit s’arrogeraient des députés « humanistes » dans un Hémicycle, un après-midi d’été 2021, si on les laissait faire ? Est-il du ressort du président de la d’avoir droit de vie sur des citoyens ? Quelle vent de déraison a soufflé, aujourd’hui, sur cette Assemblée en déroute ?

C’est à rêver. La naissance de certains enfants serait due à « pas de chance » ? Et ce serait le parcours du combattant pour trouver son père ? « Bien accompagné » a dit, un jour, M. Touraine, « pris en charge par des psychologues, des médecins, des pédiatres, il n’y aura pas de problème ». Et la déception quand il découvrira… son donneur ? C’est une autre histoire, dites-vous ? L’essentiel est que ses mamans « verbalisent » le récit de sa fabrication ? Il est temps d’arrêter cette machine infernale.

8 juin 2021

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