Il y aurait beaucoup à dire sur le discours sur les « séparatismes » prononcé, le vendredi 2 octobre, par le chef de l’État. Notons, tout d’abord, qu’il se fonde sur « cinq piliers » pour reconquérir les territoires perdus de la République : reprise innocente ou volontaire de l’expression emblématique de l’islam ? Limitons-nous, dans le cadre de cet article, à l’annonce selon laquelle « l’instruction à l’école sera obligatoire pour tous en 2021 », l’instruction à domicile se limitant aux impératifs de santé.

Force est de constater que, pour s’opposer aux « dérives » et aux « détournements » de la scolarisation à domicile, qui concernent principalement ceux qui font passer l’islam avant la loi française, souhaite restreindre, pour toutes les familles, la possibilité d’instruire leurs enfants à la maison. Ainsi, pour éviter les dérives et l’endoctrinement d’une minorité islamique, il s’attaque à une liberté fondamentale : la liberté scolaire.

La Convention internationale des droits de l’enfant, ratifiée par la France, déclare pourtant que « c’est aux parents ou aux autres personnes ayant la charge de l’enfant qu’incombe au premier chef la responsabilité d’assurer […] les conditions de vie nécessaires au développement de l’enfant ». De même, la Déclaration universelle des droits de l’homme rappelle que « les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants ». Mais le pouvoir en place est souvent enclin à limiter cette liberté pour mieux imposer ses préjugés idéologiques. Signe d’une mentalité totalitaire, fût-elle inconsciente.
On se souvient du projet de loi Savary qui, prétendant créer un « grand service public unifié et laïque de l’éducation nationale », s’en prenait aux écoles privées et visait notamment les écoles libres catholiques. Devant l’ampleur des manifestations que provoqua ce projet, François Mitterrand dut le retirer en 1984. Plus près de nous, Najat Vallaud-Belkacem tenta de restreindre l’ouverture d’écoles privées hors contrat par un régime d’autorisation préalable, avec de bonnes intentions affichées : il s’agissait de lutter contre les risques de radicalisation. Elle oubliait de préciser qu’il existe aussi des écoles hors contrat laïques ou confessionnelles, juives et catholiques notamment, qui dispensent un enseignement performant, à l’abri des modes et fantaisies pédagogiques.

Emmanuel Macron, en voulant supprimer l’école à la maison, suit cette pente liberticide, l’affublant d’oripeaux apparemment respectables, pour mettre davantage la mainmise sur l’éducation. Il faut savoir, en effet, que ce type d’instruction est parfaitement légal et soumis théoriquement à de nombreux contrôles : par le maire, qui doit mener une enquête sur l’enfant instruit dans sa famille, dès la première année, et la renouveler tous les deux ans ; par un inspecteur d’académie qui doit effectuer le contrôle individuel de l’enfant au moins une fois par an. L’État dispose donc déjà, si ces contrôles sont effectués sérieusement et s’il en a la volonté politique, des moyens de déceler les dérives éventuelles et de les sanctionner.

Par conviction ou par méconnaissance du sujet, Emmanuel Macron s’attaque aux familles qui ont choisi d’instruire leurs enfants à la maison. En invoquant la lutte contre les dérives sectaires ou religieuses, qui sont le fait d’une minorité et pourraient être facilement décelées, il révèle qu’il n’a pas changé, bien qu’il ait promis de se réinventer : il est le seul détenteur de la vérité et veut l’imposer aux autres.

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