Plus de 21 millions d’électrices et d’électeurs vénézuéliens étaient appelés aux urnes, dimanche, pour élire leurs représentants régionaux et municipaux (23 gouverneurs, 335 maires, 2.400 conseilleurs municipaux, etc.). Ces sont les premières depuis 2015 auxquelles une grande partie de l’opposition a accepté de participer. Une opposition confortée en partie par la présence d’observateurs de l’Union européenne, de l’ et de la fondation Carter, et par les annonces de Nicolás Maduro (libération d’un certain nombre de prisonniers politiques, partis politiques autorisés à présenter des candidats, Conseil national électoral – CNE – renouvelé avec présence de deux membres de l’opposition).

Malgré cela, l’abstention a été considérable (plus de 58 %) et les résultats catastrophiques pour les candidats de l’opposition. Alors que le pouvoir en place comptait 18 gouverneurs en 2017, il semblerait qu’il ait gagné 20 des 23 États régionaux. Dans l’État de Barinas, dont Hugo Chávez était originaire, le frère de l’ancien président, Argenis Chávez, a une avance de 700 voix sur Freddy Superlano, le candidat de l’opposition, alors qu’il restait encore à transmettre au CNE 9 % des bulletins. L’opposition a obtenu trois postes de gouverneur : deux pour la Mesa (Table de l’unité démocratique) dont celui de l’État de Cojedes, qui a toujours été un bastion cháviste, celui de Zulia, l’État le plus peuplé, et un pour la nouvelle coalition Fuerza Vecinal celui dans l’État de Nueva Esparta.

Cet échec cinglant est non seulement dû à la division de l’opposition, qui a trouvé le moyen de présenter quelquefois plusieurs candidats face au seul candidat du PSUV, le parti au pouvoir, mais il est également lié à la stratégie illisible de Juan Guaidó, le « président intérimaire » adoubé depuis 2019 par les États-Unis et l’Union européenne, qui se présente comme le leader de l’opposition. Entre refus, pendant cinq années, de toute participation électorale, tournée mondiale plus conforme à celle d’un artiste qu’à celle d’un vrai leader politique, appel sans succès aux forces armées vénézuéliennes pour destituer Maduro, sans oublier l’évocation répétée d’une possible opération militaire extérieure, que penser en effet de sa décision et de celle des autres dirigeants de son parti Voluntad Popular de ne pas aller voter aux régionales et municipales ?

Une stratégie pour le moins surprenante qui semble ne plus privilégier, comme cela a été proclamé à de nombreuses reprises, l’intérêt supérieur du pays mais son intérêt personnel, en tablant sur un émiettement de l’opposition pour espérer en conserver le leadership. En vue de l’élection présidentielle prévue en 2024 ?

22 novembre 2021

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