Ce lundi 3 octobre se tiendront les élections législatives au Québec. Si, sur le Vieux Continent, de plus en plus de pays font le choix de dirigeants anti-immigration et soucieux de préserver l’identité de leurs peuples, au Canada - et par conséquent au Québec -, c’est une autre histoire. En effet, ce pays est à l’avant-garde de tous les sujets sociétaux. En 2002, le premier couple de même sexe accède à l’union civile. Trois ans après, le mariage homosexuel devient légal. Par ailleurs, dans les années 70-80, sous l'impulsion de Pierre Elliott Trudeau, père de Justin Trudeau, l’actuel Premier ministre canadien, le multiculturalisme est consacré par la loi et la Constitution du Canada. C’est pourquoi, il est compliqué, même quasiment impossible, pour les politiques de se positionner contre l’immigration massive. « C'est la peur de se faire traiter de raciste ou de xénophobe par la brigade du politiquement correct qui entrave le débat sur l'immigration au Québec, et qui pousse tant de gens favorables à la baisse des seuils à ne pas le dire ou à dire publiquement le contraire », analysait le sociologue québécois Mathieu Bock-Côté sur Twitter.

Disparition de la culture francophone

Le Québec fait face depuis de nombreuses années à un problème de taille. D’après les chiffres de l’OCDE, le territoire francophone accueille un taux plus important d’immigrés que la France ou les États-Unis. Ce bouleversement migratoire a des conséquences bien concrètes, notamment le recul de la langue française. « La proportion de la population qui parle français le plus souvent à la maison diminue depuis 2001 au Québec », passant de 81,1 %, en 2001, à 77,5 % en 2021, souligne Statistique Canada dans son dernier recensement. Tous ces facteurs ont conduit le gouvernement québécois à adopter une loi sur la laïcité, dite loi 21. Depuis 2019, « l’État du Québec est laïque » (article 1). Elle interdit le port de signes religieux aux employés de l’État en position d'autorité coercitive, ainsi qu’aux enseignants du réseau scolaire public.

L’identité comme thème de campagne 

À en croire la campagne menée par François Legault, Premier ministre québécois sortant, il semble que la question de l’immigration ne soit plus aussi taboue qu’autrefois, enfin presque. Durant la dernière ligne droite de la campagne des législatives, il a multiplié les déclarations chocs (pour le Québec). Début septembre, il a laissé entendre qu’une mauvaise intégration des étrangers pouvait nuire au climat pacifique qui règne au Québec. Cette simple déclaration a suffi pour déclencher l’hystérie et forcer le Premier ministre à s’excuser. « Je suis désolé si mes propos ont porté à confusion. Je n’ai pas voulu associer l’immigration à la violence », a-t-il expliqué sur son compte Twitter. Pourtant, cela ne l’a pas empêché de récidiver quelques jours plus tard puisque, selon lui, l’immigration pourrait nuire à la « cohésion nationale québécoise ». Afin de limiter le nombre d’immigrés, François Legault réclamait à Ottawa plus de pouvoirs en matière de gestion de l’immigration. Une proposition qu’il a vite abandonnée. Le Premier ministre a « risqué quelques audaces autour de l’immigration, mais il a vite rétropédalé, comme s’il s’excusait d’avoir contesté la pensée unique entourant cette question », écrit le sociologue québécois Mathieu Bock-Côté dans le Journal de Montréal. Avant les renoncements du candidat, « sa réélection était assurée, et elle l’est encore », affirme Mathieu Bock-Côté. Les jours qui viennent nous diront si le chroniqueur a eu raison…

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2 octobre 2022

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11 commentaires

  1. Dommage que le référendum de 1995 ait échoué pour seulement quelques milliers de voix hostiles. Depuis, le gouvernement canadien anglophone fait tout ce qu’il peut pour marginaliser les Québecois francophones au sein de leur propres pays en favorisant au maximum l’immigration de langue anglaise.
    Désastreux traité de Paris de 1762 !

  2. Comme en Belgique, il existe la loi 101 qui oblige au bilinguisme, mais qu’en a-t-on fait ?

  3. L’intégration c’est ce qui est organisé par les indigènes pour faire en sorte que les allochtones soient à l’aise. Par contre, et le Premier du Québec s’enmêle les pinceaux, il y a aussi l’assimilation , qui est l’attitude ( ou non ) des allochtones dans un pays d’accueil. Exemple d’intégration, l’autochtone essaie de parler la langue de l’arrivant et madame autochtone se met un foulard sur la tête. Assimilation, là l’allochtone va au cours de langue pour parler local et madame se libère de son foulard….Je viens de voir un docu sur Monaco, manifestement, l’anglais est la langue nationale, et celui qui parle français est un Français noir qui nettoie la place devant le palais du roi ( dit plusieurs fois dans le docu). Même le roi donc, Albert, parle anglais dans la docu et tous les intervieuwés s’expriment dans cette langue. Pour s’assimiler à Monaco, anglais obligatoire.

    1. Il n’y a pas de roi à Monaco,mais un prince,il parle très bien l’anglais car sa mère était la Pincesse Grâce,Kelly,actrice de cinéma Américaine,d’origine Irlandaise,jusqu’à son mariage avec le Prince Régnier en 1956,l’épouse du Prince actuel,Albert, est originaire d’Afrique du Sud ou l’on pratique la langue Anglaise.
      La langue officielle monégasque est le Français,mais seulement 8000 personnes possèdent la nationalité monégasque sur les 35 000 habitants,les plus grosses fortunes mondiales se côtoient dans la principauté,et la langue commune de ces richissimes personnes est l’Anglais.

  4. Je vis au Québec depuis plus de vingt ans et je peux vous confirmer que « Le grand remplacement » est ici-bas à l’oeuvre depuis un bon bout de temps. Et vu la démographie des québécois de souche, il n’y en a plus pour très longtemps d’un Québec avec comme langue première, la langue française. Requiem pour une province qui ne deviendra jamais un pays mais plutot un bazar multi-ethnique.

    1. Cochon2021
      On entend dire partout que l’immigration est choisie au Québec, comme au Canada, et que les conditions d’immigration y sont devenues bien plus difficiles.
      On en déduit donc que ce grand remplacement doit être moins violent qu’en France, même si ce n’est pas une consolation

    2. J’ai vécu à Montréal il y a 35 ans durant deux ans,la défense de la langue Française était encore virulente,on parlait notre langue absolument partout,j’y suis retourné au milieu des années 90,j’ai été très surpris de voir des femmes voilées dans le métro.
      Les magasins ouverts le dimanche,quelques années plus tôt cette province était encore marquée par le catholicisme de ses origines ,et le travail du dimanche encore interdit.
      Petit à petit le Québec a rejeté ses origines,la crise démographique a contraint la Belle Province à faire appel à des populations étrangères,la question de l’indépendance de la province qui a tant marqué le Québec jusque dans les années 60 et 70,ne se pose plus,la majorité des citoyens ne sont plus d’origine Française.
      Nous ferions bien de tirer les conclusions de ce qui se déroule chez nos cousins !

    3. Je suis retourné au Québec, pour la troisième fois, il y a deux mois, en y accompagnant mes fils qui le découvraient.
      La première fois était en 1988, pour un séjour de trois mois.

      J’ai remarqué un changement, c’est certain, à Montréal qui ne vivait plus que dans mon souvenir, surtout, mais rien à voir avec la jungle urbaine qu’est devenue la France.
      Peu de voilées pour tout vous dire. J’y ai ressenti plus de tolérance mutuelle, moins de rejet, moins d’agressivité.

      Québec (ville), toujours aussi splendide. Mes fils sortaient le soir tard sans que je ne m’inquiète même.

      Le seul bémol, les prix qui ont explosé, dans la restauration surtout. L’essence est à peine moins cher qu’en France, surtout avec l’€ qui dévisse (je vivais avec le souvenir d’un carburant quasi donné, à l’époque.), tout comme aux EU à 4 $ le gallon.
      La pénurie de personnel avec les désagréments que ça engendre.

      Ça n’empêche pas mon aîné d’y retourner dans un mois, puisque nous avions appris là-bas que son PVT est accepté.

      Les salaires par contre sont d’un autre niveau que la misère qu’on touche en France pour le même boulot.
      Ce qui a motivé un ex collègue à y émigrer en 2020, sans l’ombre d’un regret. C’est chez lui que nous étions.
      J’ai postulé d’ailleurs pour plusieurs poste sans grande certitude, vu mon âge.

  5. Le progressisme n’a rien à craindre au Canada. Il y a des pays où le peuple vote pour élire ses dirigeants, et des pays où le peuple vote pour préserver les apparences, mais où c’est la CIA qui choisit les chefs d’états.
    Ne riez pas, on fait partie de la seconde catégorie.

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