Les commerces, les transports collectifs, le lieu de culte et le lieu de travail, les musées, les voies publiques, y compris à vélo (ah non, finalement, pas à vélo, la préfecture de police, dans sa grande mansuétude, vient d’exempter les cyclistes et les joggeurs, Madame est trop bonne, la bonté de Madame la perdra)… pas moyen d’échapper aux injonctions « covidatoires ». Sauf à rester chez soi.

Et encore…

, de son ton patelin, est en train de tourner doucement le loquet de votre porte et d’ôter ses lunettes pour plaquer son œil sur le trou de votre serrure. Pour votre bien et celui de vos anciens, cela va de soi. Parce que le cercle familial est devenu un lieu à haut risque. Après je vous hais, famille je vous crains et vous évite.

Il faut ainsi, proclame-t-il, « éviter que papi et mamie aillent chercher leurs petits-enfants à l’école ». Sauf que les grands-parents du primaire ne sont pas des pensionnaires d’EHPAD poussant leur déambulateur mais de fringants « seniors » parfois toujours en activité, contemporains des plus âgés des instituteurs et des nounous grisonnantes qui attendent devant la grille. Faut-il aussi que tout ce petit monde-là, pour sa sécurité, arrête tout de suite de travailler ?

Sauf que l’on ne peut pas demander aux parents de reprendre leur activité et leur interdire (au moins moralement, en les culpabilisant) de confier en toute tranquillité leur progéniture.

Sauf que recruter à tout berzingue du personnel périscolaire et racler pour cela sans être regardant les fonds de tiroir de Pôle emploi est passablement léger, pour ne pas dire très dangereux pour les petits écoliers.

Sauf que c’est à des adultes qu’il s’adresse, et que bêtifier comme si c’était eux qui rentraient en maternelle – le bisou au tonton et à la tata, il n’en a pas parlé, mais c’est également prohibé, sinon panpan cucul – commence à devenir pénible.

Jean Castex recommande également d’« éviter autant que possible les fêtes familiales » – il n’est sans doute pas « possible », par exemple, d’éviter le mariage de ce week-end – et de « respecter les gestes barrières même quand on est en famille chez nous », « l’essentiel de la transmission du virus se [faisant] par des contacts quotidiens, notamment dans l’espace privé ». Ah, l’espace privé, où l’État ne peut pas s’immiscer, où chacun peut se comporter et même s’exprimer librement est un lieu de tous les dangers dont on ne saurait trop se méfier.

Bref, si on le suit bien, les mères ne pourront raisonnablement plus embrasser leurs petits en les bordant le soir dans leur lit jusqu’à l’arrivée d’un vaccin sur le marché (on parle de deux ans). Quant aux époux… disons-le tout de go, tout cela ne va guère favoriser une natalité déjà en berne. On a beau dire, la PMA et la GPA sont encore les moyens les plus hygiéniques et prophylactiques pour procréer, vous ne trouvez pas ?

« J’aimerais que l’État descende de mon dos et enlève ses mains de mes poches ! » disait, en son temps, Ronald Reagan. Beaucoup de Français souhaiteraient vivement, aujourd’hui, que celui-ci descende de leur lit et enlève ses mains de leur couette.

28 août 2020

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