Chute de la natalité : les maternités ferment, la France sombre

Les conséquences de la baisse de la fécondité en France sont aussi nombreuses que désastreuses.
maternité mère enfant
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La Cour des comptes vient de publier un rapport intitulé « Démographie et finances publiques ». Sans surprise, la juridiction financière fait ce constat : « L’indicateur conjoncturel de fécondité a poursuivi sa baisse, atteignant 1,62 enfant par femme en 2024 et plaçant désormais la France vraisemblablement sous le seuil de renouvellement des générations. » Autrement dit, la natalité chute en France.

Cette baisse n’est pas sans conséquences. Elle touche en premier les services de maternité. Entre 2000 et 2023, le nombre de ces établissements est passé de 721 à 457. Plus d’un tiers des maternités de France (36 %) ont fermé leurs portes. La faute, notamment, au décret nᵒ 98-899 du 9 octobre 1998 relatif aux établissements de santé publics et privés pratiquant l'obstétrique, la néonatologie ou la réanimation néonatale. Ce texte prévoit, dans son article R. 712-88, que « l'autorisation d'obstétrique ne peut être accordée ou renouvelée [...] que si l'établissement justifie d'une activité minimale annuelle constatée, ou prévisionnelle en cas de demande de création, de 300 accouchements ». Un chiffre de plus en plus difficile à atteindre, pour certaines maternités.

En chute libre

C’est le cas de celle de Saint-Amand-Montrond, dans le Cher. La responsable de la communication de la mairie explique à BV : « On pâtit de la baisse de la natalité. De 400 naissances en 2010, nous sommes descendus à 241 en 2024 et nous avons une prévision à 226 pour 2025. » Le centre hospitalier de la commune de près de 10.000 habitants n’attire plus autant de femmes enceintes que par le passé et devrait donc logiquement, lui aussi, mettre la clef sous la porte. Ce, alors que le taux de mortalité infantile augmente sur notre sol depuis plus d'une décennie et que « l’éloignement géographique constant des structures de soins » en est l’une des causes, comme indiqué en préambule de la proposition de loi visant à lutter contre la mortalité infantile de mai 2025.

Pour éviter la fermeture, le maire de la commune a eu une idée. S’il sait qu’un moratoire a été voté au printemps dernier et protège la maternité de sa ville pour les trois prochaines années, il prépare déjà l’après. Comment ? Emmanuel Riotte (DVD) a promis d’offrir 1.000 euros en bons d’achat aux futures mères qui choisissent d’accoucher sur ses terres. Il entend ainsi sauver sa maternité. Et après ?

L’idée est un peu simpliste. Elle n’a vocation qu’à résoudre un petit problème local alors que la question de la natalité est nationale. Les conséquences de la chute de la fécondité sont multiples et pour le moins néfastes. La Cour des comptes ne le cache pas, au rayon économique, ce bouleversement démographique est catastrophique : « Les transformations démographiques en cours ont déjà et auront de plus en plus des effets profonds sur les finances publiques. »

Jusqu'au crash ?

La juridiction financière donne quelques exemples concrets comme « le vieillissement de la main-d’œuvre [qui] est par ailleurs susceptible d’affecter la productivité globale ». Elle rappelle également que « la taille de la population active constitue un premier facteur d’érosion des recettes fiscales et sociales » et que « l’essentiel des impacts immédiats se concentre sur les retraites et l’assurance maladie ». Sans blague ! Moins il y a de naissances, plus la population vieillit et plus il faut financer son vieillissement (retraite, perte d’autonomie…) avec de moins en moins d'actifs pour le faire.

Enfin, la Cour des comptes soulève un point essentiel, celui de la lutte contre la chute de la natalité en termes de politique publique et admet qu'« une intervention publique en faveur de la natalité exercerait un effet favorable sur les recettes publiques ». Vous avez bien lu.

Le problème de la fécondité en France est bien plus qu’une question de fermeture de maternité ou d’école dans tel ou tel patelin, c’est une cause nationale. S’il y a au moins un point sur lequel il est possible d’être d’accord avec Viktor Orbán, c’est sur le fait que « si une nation n'a pas d'enfants, elle n'a pas d'avenir ». La Cour des comptes l’a compris, c’est un premier pas.

Vos commentaires

37 commentaires

  1. Les conséquences, OK, mais les causes ? Quel jeune couple va aujourd’hui faire des enfants avec des salaires tirés vers le bas et un pouvoir d’achat toujours plus réduit ?
    L’état fait tout pour que l’on ne puisse plus élever des enfants dignement.

  2. Commençons par verser des allocations familiales au premier enfant, ce qu’on aurait dû faire depuis plus de 50 ans!

  3. je vais certainement passer pour ringarde mais avoir un enfant pour le confier à quelqu’un souvent dix heures par jour, c’est inhumain et pour la mère, et pour l’enfant. Il faudrait que la mère puisse s’arrêter au moins deux ans, sinon trois. Et bien sûr que son salaire lui soit versé pendant ce temps. Sans compter les scandales dans les crèches ou avec les « nourrices ».

  4. Crèches en nombre trop faible, en général pas ou peu d’adaptation des entreprises aux mères de famille, aides de l’état insuffisantes pour les mères qui travaillent voilà quelques causes de la baisse de la natalité dans un pays où les femmes font des carrières. Cela ne s’arrangera pas dans un pays en faillite, incapable de placer ses finances où il le faudrait et de réaliser des économies.

  5. Comment le Canada s’est développé .La natalité a été sa force depuis les années d’avant guerre et de 1945 a 1980. comment les Canadiens ont ils obtenu leur croissance de population.L’immigration n’a pas été la seule cause.J’ai pris connaissance au cours d’un voyage au Québec qu l’immigration choisie n’a pas été le seul outil. De nombreuses familles ont eu plus de 10 enfants ‘J’en ai rencontré une de 20 enfants et ce ne serait pas la seule.Il serait intéressant qu des journalistes sérieux et il y en aurait parait-il, aillent enquêter sur place ,bien évidemment sans préjugé, car la religion aurait eu une très sérieuse influence, cela pourrait réveiller nos dirigeants et remettre le clocher au milieu du bourg.
    .
    Ca

  6. Le climat actuel en France ne donne pas envie de faire des enfants. Qui rêve de donner de la chair à assassiner par les islamistes et les trafiquants de drogue ? Je gage cependant que le jour où un gouvernement patriote arrivera au pouvoir et prendra les décisions qui s’imposent la courbe des naissances repartira à la hausse.

  7. Une évidence : pour « faire » un enfant il faut être deux. Un papa et une maman qui veulent fonder une famille. Ça y est, je l’ai lâché le mot honni : famille. Or famille, papa, maman
    sont des mots fachos. Voilà à peu près l’état d’esprit aujourd’hui avec un président sans enfant, des dirigeants sans famille. Une politique d’individualisme. S’ajoutent les difficultés de logement, le travail des femmes qui ne peuvent être au boulot à gagner leur vie et à la maison à éduquer les enfants. Idem pour les pères. Donc les enfants sont livrés à eux mêmes. D’autant que papa et maman ont des vies amoureuses variées.
    Au final l’enfant est un gêneur : petit il braille, plus grand il rouspète, encore heureux qu’il ne tombe pas dans la drogue.
    Ce n’est pas une question d’argent. Les familles s’entraident, l’histoire nous l’a montré en tous pays, en tous temps. C’est un choix de mode de vie. Ainsi disparaissent les civilisations : elles ne se reproduisent plus.

  8. Pourquoi vouloir la quantité au lieu de la qualité? 50 millions d’habitants seraient une bonne chose pour la France. Je préfère 50 millions d’habitants en bonne santé, avec un travail, un bon logement plutôt que cent millions dans la misère!

    • Oui, mais 25 millions de cotisants à l’URSSAF entre 25 et 64 ans suffiront-ils à donner une rente décente à 25 millions de retraités…?

  9. C’est curieux ce phénomène de dénatalité, pourtant les choses ne vont pas si mal en France.
    L’industrie est moribonde, on finit d’achever notre agriculture, la criminalité est galopante, l’immigration déborde de toutes parts, la dette flambe, le paiement des futures retraites n’est plus assuré, la santé est en ruine, l’éducation nationale est réduite au stade de la garderie sociale et le moindre événement festif peut se transformer en foire aux terroristes. Pour couronner le tout, on nous annonce une dictature d’extême droite dans 2 ans et la troisième guerre mondiale avec la Russie avant 5 ans. C’est vraiment étrange que dans un climat aussi euphorique les Français ne pensent pas à faire d’enfants. Si nos brillants dirigeants pouvaient se taire, les choses iraient peut-être mieux, non ? S’ils pouvaient démissionner, ce serait encore mieux …

    • Excellent ! Il manque les problèmes climatiques et autres dérèglements météorologiques intenses avec des dégâts massifs, une explosion des prix, une paupérisation intense, une destruction de la notion même de famille…

  10. Aucun politique d’aujourd’hui ne peut donner un espoir suffisant pour remonter la natalité, qu’il soit Français ou étranger.

  11. Pas toute les natalités, en France 40% des moins de 4 ans sont d origine immigrée dans ce pays , dans 15 ans ou moins ils seront majoritaires

  12. La cour des comptes compte peut être sûr l’importation de jeunes étrangers pour rétablir l’équilibre des comptes. Elles pourraient bientôt préconiser de payer 1000 euros des étrangères pour venir accoucher en France.

  13. Résumons avec un peu d’humour caustique la jeunesse française…
    En France, les enfants ne naissent plus, sinon ils sont délinquants non condamnés payés grassement par des dealers, ou influenceurs en mensonge comme papa Macron 24h sur 24 léchant un portable, ou changeant de sexe et brulant les églises, ou pour le reliquat plus aventurier, ils meurent au volant d’une voiture vers 14 ans si possible en bande grâce au protoxyde d’azote dernière saloperie à la mode.
    La génération Macron si événementielle et si virtuelle va avoir du mal à s’engager dans les troupes artificielles du Général Macron et du Caporal Lecornul…Pauvre troupe, les russes tremblent déjà bien assis avec une vodka et une durée de vie limitée mais des naissances, eux!

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