Cash Investigation sur Pierre-Édouard Stérin : une enquête à charge, sans charge

France Télévisions enchaîne les enquêtes qui n’en sont pas, pour décrédibiliser le milliardaire catholique.
Capture écran France TV
Capture écran France TV

Le mardi 24 juin, France 2 diffusait un nouveau numéro de Cash Investigation. Le titre de l’émission : « Politique et business : les liaisons dangereuses ? » L’émission était découpée en trois parties, avec une dernière consacrée à Pierre-Édouard Stérin, un entrepreneur catholique et de droite, qui semble hanter le service public. Après un premier reportage sur l’homme d’affaires diffusé la veille durant le journal télévisé de France 2, la chaîne a voulu enfoncer le clou.

Et cela démarre très fort. Dans les premiers instants du reportage, la voix off se moque ouvertement de Pierre-Édouard Stérin et de sa foi. Elle annonce : « C’est un homme aux ambitions… mmmm… Comment dire... un peu démesurées », avant de laisser place à un extrait vidéo d’une interview vieille de trois ans, dénichée sur YouTube, où l’entrepreneur déclare : « J’essaye de faire en sorte, lors de ce passage de vie terrestre, d'optimiser mes chances de devenir saint. » Le commentaire reprend, railleur : « Un saint ! Oui, oui, vous avez bien entendu… »

Une enquête orientée…

Dans un autre extrait de cet ancien entretien, Pierre-Édouard Stérin déclare qu'il va employer son argent « au redressement de la France et à la promotion du Christ ». Une idée qui fait bondir le service public et ses invités triés sur le volet. Fabien Roussel est l’un d’eux. Sur le plateau d'Autrement dit sur France Info, quelques heures avant la diffusion de Cash Investigation, le secrétaire national du PCF a réagi à ces propos : « Nous sommes au XXIe siècle, il y a des urgences sociales, des urgences climatiques, il n’y a jamais eu autant de guerres dans le monde, la France est divisée et lui, il arrive pour mettre de l’huile sur le feu et faire la promotion du Christ. » Fabien Roussel laisse entendre que les conflits dans le monde, la division de la France, la misère humaine et le réchauffement climatique sont provoqués par les chrétiens, avant de conclure : « Cet homme est dangereux. » Ces deux extraits démontrent que sur le service public, la stigmatisation des catholiques est permise.

Ce n’est pas le seul point sur lequel Pierre-Édouard Stérin est pointé du doigt. Sur fond de musique angoissante, le reportage s’intéresse à la façon dont le businessman est devenu milliardaire. Le parcours est classique. Il débute par une idée qui rencontre le succès, en l'occurrence les Smartbox, et se poursuit par de bons investissements. Rien de malhonnête, contrairement à ce qui est suggéré.

Le reportage est des plus creux, il n’est presque que mise en scène. Il continue avec des témoignages anonymes, soi-disant de proches, répétés par des acteurs. Les comédiens racontent que Pierre-Édouard Stérin est un homme « froid »« sociopathe au sens neutre du terme » et qu’il n’a pas « d’empathie ». Difficile d’accorder du crédit à ces dires, tant la façon dont ils s’intègrent à l’enquête est journalistiquement discutable.

À suivre, des caméras cachées et des questions un brin orientées. Élise Lucet interroge : « Est-ce que Pierre-Édouard Stérin n’est pas en train d’essayer de contourner la réglementation actuelle du financement de la vie politique ? » Malheureusement, elle n’a pas la réponse.

… et peu rigoureuse

Cash Investigation manque cruellement de rigueur. Pour preuve, cette information erronée au sujet de Data Realis Conseil : « Cette société est financée par le projet Périclès de Pierre-Édouard Stérin. » La voix off affirme ensuite que le fondateur de cette entreprise a été contacté mais qu’il n’a jamais répondu. Là encore, cela est faux.

S’ensuivent d’autres mises en scène de conversations téléphoniques qui n’aboutissent pas et une visite à l’Assemblée nationale dans le cadre de la commission d’enquête concernant l'organisation des élections en France pour laquelle Pierre-Édouard Stérin était convoqué, mais absent pour cause de menace de décapitation. L’occasion, pour Élise Lucet, d’interroger Thomas Cazenave, député LREM et président de la commission, et Antoine Léaument, député LFI et rapporteur. Les deux élus de gauche chargent le milliardaire, qu'ils jugent non patriote car exilé fiscal. L’argumentaire est court et n’apporte pas le moindre éclairage, puisque les équipes d’Élise Lucet avaient déjà lourdement insisté sur ce point. Peu importe, il sert le sujet et enfonce le clou. La conclusion est toute trouvée.

En tout et pour tout, le programme dure 1h50 pour trois reportages. Le plus long des trois est évidemment celui consacré au nouveau bouc émissaire du service public. 49 minutes scénarisées à outrance pour faire infuser l’idée que Pierre-Édouard Stérin est un homme louche et potentiellement dangereux pour la France, sans avancer la moindre preuve. Le tout avec votre argent. Merci qui ? Merci France Télévisions !

 

Vos commentaires

58 commentaires

  1. Pendant ce temps là, pigasse, multi-millionnaire rouge et patron de l’immonde ( du moins l’ a t’il été un temps avec bergé et niel) se vante de mettre ses médias au service de la lutte contre la droite…. et ça passe crème!

  2. Il est très mal vu de réussir en France, et c’est bien pour cela que le Service Public ne compte que des aigris et jaloux.

  3. De toute façon cette « émission » charge toujours les mêmes, qui n’ont pas les bonnes opinions, rien de nouveau à l’horizon

  4. Au début , il me semble que ces émissions pouvaient avoir un intérêt. Faire le clair sur des mensonges ( commerciaux ) avérés , des sociétés de grands groupe « off shore » ; bref des enquêtes qui pouvaient éclairer le quidam, le consommateur sur des « astuces »etc Et puis, le ton a changé ( pourquoi ? ). Les émissions s’en sont prises directement à des personnes : Depardieu, J. Bardella etc Là, c’est M. Stérin. De rumeurs en « montages », de suspicions, en soupçons, « on » installe un climat… C’est le but. Inutile de demander pourquoi !

  5. Il faudrait faire un Cash Investigation sur « Cash Investigation ». L’opinion du public ne serait peut-être pas aussi satisfaisante que souhaitée par les gauchistes richissimes, destructeurs de tout ce qui est francais et catholique.

  6. Étant donné le niveau intellectuel des téléspectateurs qui bavent devant Lucet …elle pourra demain certifier que la Lune est plate qu’ils en seront baba

  7. Pour la Gôôôche , ce monsieur a tous les défauts :
    – Il est de Drouââââte .
    – Il est Chrétien .
    – Il est riche .
    – Il est hétérosexuel .
    – Il a plus de 50 ans .
    – Il fait ses dons en fonction des idées qu’il veut promouvoir …

    • Oh le personnage infréquentable (ironie ), ah oui il coche toutes les mauvaises cases par contre un milliardaire gauchiste, a forcément toutes les vertus possibles

  8. La présentation de P.E. Stérin fut « fouillée ». Xavier Niel était un simple capitaine d’industrie; qu’il ait appelé à voter Hollande puis Macron ne dérangeait personne…

  9. Excellente émission (comme d’habitude) qui nous alerte, à juste titre, sur le danger d’ingérence des milliardaires d’extrême droite dans le monde politique et même la vie sociale.
    Espérons que cette volonté de mettre en place une pensée unique (réactionnaire et souvent révisionniste) ne s’étendra pas davantage dans les années à venir.

    • Par contre, l’ingérence réelle des milliardaires d’extrême gauche, ça ne vous dérange pas du tout, c’est bien ça ?

      • Je suis d’accord avec vous : l’extrême gauche et l’extrême droite sont des dangers de même niveau pour notre pays.

    • Avec vous on n’est jamais déçus, c’est vrai que les milliardaires qui n’ont pas la bonne étiquette sont dangereux pour la démocratie et encore une fois votre lubie d’E D qui n’existe pas, ah quand ça veut pas ça veut pas !!! Par contre être un milliardaire de gauche aucun problème, j’ai bon là ?

      • Je viens précisément de dire le contraire : extrême droite comme extrême gauche sont des boulets pour notre société.
        Personne ne pourra le contredire.

    • Que chacun soit maître en son Royaume et fasse ce qu’il veut avec son argent, puisque chacun est libre n’est-ce-pas ? C’est marqué sur le fronton des mairies. Si toutes les associations gôôchistes devaient vivre des seuls subsides de leurs amis il est fort probable qu’il y en aurait si peu. Il est toujours facile de faire du « prosélytisme » avec l’argent des autres, des contribuables, cf le servie public de la TV d’Etat.

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