Il fallait oser. Oui. Alors, elle a osé ! « S’il se trouve que vient à cet atelier une femme blanche, un homme blanc, il n’est pas question de la ou le jeter. » a osé la tolérance. Et faut le faire, par ces temps de ordinaire. Audrey Pulvar ose imaginer qu’il puisse y avoir des Blancs qui assistent à des « ateliers » dans lequel se réunissent des Noirs.

Là, tout de suite, un petit aparté : on dit « atelier » pour ces réunions de groupe où l’on se regarde le nombril dans le blanc des yeux ou le contraire. À l’atelier, autrefois, quand la avait des usines, on portait un col bleu, on avait du noir sous les ongles. Les usines ayant fermé, à part celles qui fonctionnent au gaz gouvernemental, l’atelier est désormais un lieu très chic de rencontre, d’échanges, où l’on « fait France » en la dézinguant si possible, où l’on fabrique du vivre ensemble comme on faisait des boulons de 10 : à la chaîne. Fin de l’aparté.

Donc, Audrey Pulvar ose la tolérance. Si un Blanc (ou une Blanche, aussi, tant qu’à faire) veut venir à un atelier dans lequel des Noirs évoquent le racisme ordinaire dont ils sont victimes à tout bout de champ dans ce fichu pays, y a pas de problèmes. Y peut venir. On lui trouvera bien un strapontin. Si ça, c’est pas de la tolérance, je ne sais pas ce que c’est !

Mais attention, faudrait voir à pas exagérer non plus. J’allais dire autre chose. « En revanche, on peut lui demander de se taire », ajoute-t-elle. Audrey Pulvar est une personne éduquée : on peut lui demander de se taire. On peut : ça veut dire qu’on n’est pas obligé, mais quand même. Édouard Balladur, un homme pourtant parfaitement bien élevé, lui aussi, avait été plus catégorique avec ses fans, au soir de sa défaite à l’élection présidentielle, en 1995 : « Je vous demande de vous arrêter. » L’était monté sur l’estrade et dans les aigus pour les faire taire alors qu’ils sifflaient Chirac. Cela ne lui ressemblait pas du tout, à M. Balladur, et pourtant, ça lui colle encore aujourd’hui à la peau.

Probable que la saillie d’Audrey Pulvar lui colle aussi longtemps à la peau qu’elle a, semble-t-il, fort belle. Balladur, c’était en fin de , dans la chaleur de l’ambiance d’un meeting et alors que tout était perdu. Pulvar, c’est un peu différent, sauf que c’est peut-être déjà perdu. C’est en début de campagne (celle des régionales où elle est tête de liste en Île-de-France) et dans la chaleur confortable d’un studio de l’entre-soi. Au bilan, l’effet est tout aussi catastrophique. Qui va dire à Audrey Pulvar « Je vous demande de vous taire » ?

28 mars 2021

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