L’organisation d’une primaire à droite est-elle la solution pour se choisir un candidat à la présidentielle chez Les Républicains ? C’est en tout cas ce que prône Sébastien Pilard, qui est interrogé au micro de Boulevard Voltaire. L’occasion d’évoquer avec lui la destitution du poste de numéro 2 du parti de Guillaume Peltier qui s’était déclaré prêt à discuter avec Robert Ménard durant la campagne des élections régionales.

 

 

 

Dans votre famille politique Les Républicains se pose la question de la désignation d’un candidat à l’élection présidentielle. Jean Leonetti est favorable à la tenue d’une primaire pour départager les candidats à la présidentielle.

 

Il faut enterrer cette méthode des sondages qui semble absurde et n’est pas à la hauteur des enjeux. Les sondages se trompent régulièrement, on l’a vu lors des dernières élections. C’est une méthode qui avait vocation à favoriser le candidat Xavier Bertrand. Il n’a pas beaucoup de légitimité au sein de notre famille politique. Nous militons pour que cette méthode des sondages soit enterrée pour, finalement, donner la parole aux militants afin qu’ils puissent trancher sur la ligne politique et sur le candidat. Il ne s’agit pas seulement d’une histoire de personnes mais aussi de ligne politique. Il y a de grandes différences entre la ligne portée par Bruno Retailleau ou Laurent Wauquiez et celle portée par Xavier Bertrand ou Valérie Pécresse. Nous devons partir en 2022 avec une ligne claire et tranchée.

 

Xavier Bertrand sera candidat, et un autre candidat de votre famille politique l’affrontera.

 

Si tout le monde se soumet à un principe clair de primaire avec le choix des militants et des sympathisants de droite, et que Xavier Bertrand ne s’y soumet pas, il sera un diviseur. Arrêtons de composer avec les uns et les autres et avec le caprice de certains. Il faut tracer notre route en mettant toujours les militants et les sympathisants au cœur de nos décisions et de nos procédures, car sans eux, nous ne sommes rien. Si on arrive à créer cette émulation autour de la droite, si la droite se repositionne au cœur du débat politique, ce sera une étape très importante pour recréer une dynamique et se réconcilier avec l’électorat populaire.

 

La position des uns et des autres et les rapports de force ont toujours fait partie de la vie politique française. Il faut décider d’une primaire qui soit le plus élargie possible : si on ouvre la porte à une candidature de centriste, pourquoi ne pas aller jusqu’à Éric Zemmour, par exemple ? On pourrait enfin débattre du fond lors d’une primaire car les Français attendent que la droite se positionne sur des sujets fondamentaux.

 

Guillaume Peltier, le numéro deux de votre parti, va être rétrogradé par Christian Jacob car il a évoqué son amitié avec le maire de Béziers Robert Ménard. On a l’impression que Guillaume Peltier ne sait pas où se positionner.

 

On ne peut être que surpris de la décision prise à l’encontre de Guillaume Peltier. S’il avait pris position en faveur de Xavier Bertrand, qui ne fait plus partie de notre famille politique, on aurait pu comprendre cette décision, car en tant que numéro deux, il se doit de ne pas prendre parti et d’assurer l’impartialité du mouvement dans le cadre du processus de décision.

Or, cette décision a été prise car il a dit qu’il était prêt à discuter avec Robert Ménard. Je  trouve cela surprenant, sachant que cette déclaration a eu lieu il y a un mois. Je ne peux que m’interroger sur la pertinence de cette décision.

J’avais dénoncé certaines alliances dans le cadre des élections départementales et régionales, en particulier avec Renaud Muselier en PACA. Tant qu’on ne se positionne pas comme un mouvement qui n’est pas soluble dans le macronisme, on aura du mal à trouver une certaine crédibilité aux yeux des Français.

Que Guillaume Peltier soit démis de ses fonctions pour avoir osé dire qu’il serait prêt à discuter avec Robert Ménard et soutenir jusqu’au bout un Renaud Muselier qui a tissé un accord électoral avec LREM est surprenant et brouille les pistes.

6 juillet 2021

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