Annecy : le haut-commissaire de l’ONU aux réfugiés dicte les mots autorisés

La pensée unique a ses petits caporaux et ses généraux de brigade, souvent rémunérés par le contribuable, de droite ou de gauche. La triste actualité d’Annecy, si elle nous a valu le rayonnement d’une belle figure française, celle d’Henri, vient de propulser dans l’actualité un de ces « matons de Panurge », comme les appelait l'écrivain Philippe Muray, ces hommes qui se chargent de nous expliquer ce qu’on peut dire ou non, ce qu'on doit penser et éviter de penser. Une forme d'envie de censure si forte qu’elle en devient visible.

Lors d’un point presse tenu à Genève, ce lundi 12 juin, consacré à l’activité de l’ONU, le haut-commissaire de l'ONU aux réfugiés Filippo Grandi a évoqué Annecy. Non pour interroger la politique de l’ONU concernant les réfugiés après ce drame qui en suit bien d’autres, mais pour exprimer le contraire. « Ce qu’il faut éviter, c’est de généraliser : dire que c’est parce que cette personne est un réfugié et que les réfugiés tuent des enfants », explique-t-il doctement. Encore un fonctionnaire d'organisme international qui ne se soucie pas de ce qui est mais de ce qu'il faut dire. Est-ce bien dans son mandat ?

Geste isolé ?

Le procédé est toujours le même, caricatural, d’une mauvaise foi et d’une paresse crasse. Car qui, en France, affirme que tous « les réfugiés tuent des enfants » ? Réponse : personne. Et pourtant, notre haut-commissaire vise bien quelqu’un en particulier, un certain Éric Zemmour. Le patron de Reconquête a tweeté : « Nos enfants sont en danger de mort et nous regardons ailleurs. Jusqu’à quand ? » Un tweet accompagné de deux mots : francocide et Annecy. C'en est trop pour M. Grandi.

Pourtant, notre haut fonctionnaire de la misère l’admet, du bout des lèvres : « C’est une tragédie que quelqu’un attaque des enfants avec un couteau. » Quand même ! « Cela devrait nous faire réfléchir sur le monde dans lequel nous vivons », poursuit-il. On y est presque, mais l'homme s'offre soudain un tête-à-queue. Car réfléchir, c'est bien, mais pas trop quand même. Et, surtout, dans la direction indiquée : « C’est un geste isolé, me semble-t-il, d’un homme dont les motivations doivent être explorées », explique Filippo Grandi à Genève.

Formidable. Donc, on peut y réfléchir, mais si c’est le « geste isolé » d’un homme aux « motivations » inconnues, la réflexion est terminée. On ne raisonne pas sur le hasard et la folie, ni sur la fatalité sans cause. L’incident est clos. Comme pour la femme qui a assassiné la petite Lola. Comme pour tant d'autres, victimes du hasard et de la folie, qui tuent dans l’œuf toute réflexion et toute politique.

Le « suspect » d'Annecy, mis en examen pour « tentatives d'assassinat » et placé en détention provisoire samedi, est déjà blanchi, ou presque, par ce haut-commissaire aux réfugiés qui va plus loin. «J'ai lu le mot "francocide"... donc, tueur de Français. C'est un discours de haine et j'espère que personne ne l'utilisera », insiste le haut fonctionnaire Grandi.

Culot

De quoi se mêle ce monsieur ? Éric Zemmour est désormais un homme politique, chef de parti, candidat aux élections présidentielles avec plus de 7 % des voix, une voix qui compte dans le débat en France. De quel droit Filippo Grandi conseille-t-il à un homme politique français son vocabulaire pour décrire des faits dans son propre pays ? Quelle est sa légitimité pour dicter à un responsable politique les mots qui conviennent et ceux qu’il faut rejeter ? Élu par l’Assemblée générale des Nations unies, Grandi doit « veiller au droit et au bien-être des réfugiés ». Mais pas aux dépens des populations locales, ce n’est pas dans son mandat. Quelle est donc son autorité lorsqu’il s’agit des enjeux majeurs de la politique intérieure française, de la sécurité vitale des Français ? Cet homme élu par l’Assemblée générale des Nations unies le 1er janvier 2016 pour un mandat de cinq ans renouvelé pour cinq ans supplémentaires, aveugle et sourd aux souffrances des nations, vient de subir cette reprise de vollée d’Éric Zemmour :

Ne pas montrer les images de l'attaque, donc, ne pas réfléchir en s’appuyant paresseusement sur « un geste isolé » quand l’actualité hurle chaque jour le contraire. Certes, tous les réfugiés (fort heureusement) ne tuent pas des enfants. Il en est même qui se réfugient en France et repartent dans leur pays toujours en guerre rejoindre leurs familles en Ukraine, parfois après avoir subi l’insécurité devenue la lèpre de la France.

N’en déplaise à Filippo Grandi, un homme politique ou un journaliste se doit à la vérité. Les avocats Goldnadel ou Collard ne se sont, du reste, pas fait prier :

On n’est là pas loin de l’abus de pouvoir et de l’intrusion dans les affaires intérieures d’un pays. Quitte à dénoncer, l’ONU pourrait se pencher sur le Haut-Karabakh ou sur l’état des droits de l’homme et de la démocratie en Arabie saoudite, le pays qui sera reçu en grande pompe à Paris dans quelques jours. Simple suggestion.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 16/06/2023 à 9:40.
Marc Baudriller
Marc Baudriller
Directeur adjoint de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

48 commentaires

  1. Cet individu était en transit à Annecy ? pas un réfugié , d’accord avec vous , mais un monstre comme nombre de ces clandestins qui viennent sur notre territoire pour semer le chaos , le désordre et la peur !!! Alors pour qui se prend t-il cet énergumène représentant de l’ONU , un gourou de la mondialisation , ces hauts planqués doivent vivre dans un monde virtuel ….

  2. C’est quoi ce « machin » ? Qui est ce personnage ? Par qui à t’il été élu ? Encore un « guignol » qui profite de nos impôts ?

  3. Faut il rappeler à ce « haut-commissaire de l’ONU aux réfugiés » quel est son mandat? Nous n’avons aucune leçon à recevoir de ce personnage. Est il normal que des personnes quittent leurs familles pour espérer un eldorado dans des pays qui n’ont pas les moyens de les assimiler. Il faut mettre un terme à cette exploitation de la misère humaine et c’est à cela que devrait s’intéresser ce « haut-commissaire de l’ONU aux réfugiés ».

  4. Un détraqué réfugié poignarde des bébés en poussette et un vieux, ce qui est la preuve d’une grande bravoure ! Pas dans son pays, mais sur le territoire français. Et Monsieur Filippo Grandi nous dicte ce que nous devons en penser et avec quels mots nous devons nous exprimer.
    Le fait est suffisamment haïssable pour toutes les émotions et tous les mots soient permis en réaction. Je ne vois pas à quel titre l’ONU se mêle d’affaires françaises. Sortons de l’ONU avant que d’autres catastrophes et exactions nous tombe dessus !

  5. Il y a le grand machin , l’ONU , et le petit machin , l’UE , qui grignotent petit à petit notre souveraineté , il est temps de limiter leur pouvoir arbitraire.

  6. Assez de ces organisations internationales qui veulent faire la loi chez nous , L’ONU et l’UE , elles n’existent que sur la base des traités qu’il faut revoir d’urgence afin de ne plus se soumettre à leur dictature .

  7. Oui l’ONU est vraiment un  » machin » nocif, vérolé par le frérisme.
    N’en déplaise également au garde des sceaux, il y a plusieurs attaques au couteau, au marteau etc dans une France qui n’est pas  » encore » un coupe-gorge, mais qui lui ressemble.

  8. BRAVO Monsieur Baaudriller, bon reportage, et surtout bonne conclusion : nous partageons votre indignation.

    Bonne journée

  9. Que voulez-vous , la France n’a plus de volonté … Les minables que se sont succédés à l’Elisée étaient tous peu ou prou immigrationnistes … De Gaulle , réveille-toi , ils ont trahi la France !

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