Pratique, réconfortant et identitaire : le jambon-beurre revient en force

Plus que d’être le sandwich préféré des Français, le Parisien est un symbole.
Capture d'écran Neo
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Poulet crudités, saumon artichaut, kebab, légumes grillés mozzarella, thon mayonnaise, pain suédois, wrap, hot-dog… Sur les étals des boulangeries, à l’heure du déjeuner, les sandwichs sont aussi nombreux que variés. Pour autant, la star des casse-croûte est de loin le sandwich le plus simple : le jambon-beurre.

Pour le confectionner, trois ingrédients suffisent : une baguette, du beurre et du jambon. Le Parisien n’a rien d’original, il n’a pas vocation à casser les codes. Il s’agit d’une valeur sûre. Né au début du XXᵉ siècle, il a traversé le temps sans prendre la moindre ride. Si certains ont voulu le moderniser ou le rendre plus chic, comme Cédric Grolet qui y a ajouté de la truffe, c’est bien dans sa version originale qu’il compte le plus d’adeptes. Seul l’ajout de quelques cornichons peut être toléré.

La star des sandwichs

Au Petit Vendôme, un bistrot parisien de la rue des Capucines (IIe), c’est ainsi qu’il est servi. Ce respect strict des traditions, additionné à une sélection d’ingrédients des plus qualitatifs, a permis à l’établissement de recevoir du célèbre magazine américain Time Out le prix du meilleur sandwich du monde pour l’année 2025. Depuis, c’est la cohue : le Petit Vendôme est pris d’assaut tous les midis. Près de quatre cents jambon-beurre sortent quotidiennement de ses cuisines. Parmi les clients : des Parisiens, des touristes et même des stars, à l’image de Lady Gaga, Mark Zuckerberg ou Gérard Darmon.

Même chose, ou presque, au Ritz, où un jambon-beurre de luxe est vendu au prix de 15 euros, ou encore à la boulangerie du quartier où hommes d’affaires et lycéens se pressent dès que midi sonne.

Évidemment, il n’y a pas qu’à Paris que le jambon-beurre séduit. En France, chaque année, plus d’un milliard de sandwichs de ce type sont vendus. Plus impressionnant, encore : 50 % des sandwichs et 75 % des sandwichs baguette consommés sont des jambon-beurre.

Bien que de moins en moins bon marché, ce casse-croûte est souvent un peu moins onéreux que ses voisins d’étal, mais ce n’est pas uniquement pour cette raison qu’il plaît autant. Il est également plébiscité pour sa praticité : aucun ingrédient ne termine au fond du sachet papier dans lequel il est empaqueté et il ne coule pas. Autre atout : par son authenticité et sa longévité, il a quelque chose de réconfortant. C’est le sandwich de l’enfance, du souvenir, des anciens…

Tout un symbole

Enfin, il est aimé parce qu’il est la France. La baguette, le jambon, le beurre : ces produits sont tous très « cocorico ». Ils font partie du patrimoine culinaire français. Si des stars internationales s’intéressent à ce casse-croûte, c’est d’ailleurs parce qu’il est si typique. Et si les Français sont fidèles à ce sandwich, c’est d’une certaine manière pour la même raison. En effet, parce qu’il est typiquement français, le jambon-beurre est un symbole identitaire et patriotique.

Nous n’irons pas jusqu’à dire que manger un jambon-beurre dans la rue ou accoudé au zinc d’un bistrot est un acte militant, mais face à la montée en puissance du veganisme et du halal, cela pourrait le devenir. Les boulangers sont prévenus.

Vos commentaires

37 commentaires

  1. La province se met au jambon de Paris au moment où le Parisien passe du hamburger au vegan halal?

  2. Un milliard de Jambon-beurres par an ! Ce chiffre a quelque chose de rassurant. Non, tout n’est pas foutu. Nos vraies valeurs, le bien vivre ensemble, c’est sous la couenne qu’on les trouv’ra !

  3. Tout est bon dans l’cochon ! Il faudrait inclure la charcuterie française au patrimoine de l’humanité. Et puis c’est écologique. Mieux vaut manger du cochon élevé en Bretagne ou en Alsace que du mouton élevé en Nouvelle-Zélande, abattu dans des conditions mystérieuses et traversant la planète su des cargos polluants.

  4. Et pour ceux qui ont un petit problème de cholestérol, le Sandwich BAYARD !!!!
    (Sans beurre et sans reproches…)

  5. Dernière anecdote: Lyon la Pardieu fin Mars, achat de sandwichs dans un des nombreux bouffe-rapide, et bien, uniquement des sandwichs à la volaille, impossible de trouver du bon cochon ! Vous me direz, normal, dans une ville écolo-islamo-gauchiste !

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