Editoriaux - International - 5 août 2018

Tentative d’attentat contre Maduro : info ou intox ?

Alors qu’il prononçait un discours avenue Simon-Bolivar à Caracas à l’occasion du 81e anniversaire de la Garde nationale bolivarienne (GNB), cérémonie retransmise en direct à la télévision, on voit distinctement, avant l’interruption définitive de la retransmission, le président Nicolás Maduro lever furtivement les yeux vers le ciel ainsi que l’ensemble de la délégation officielle présente à ses côtés. D’autres images montrent, par la suite, l’affolement des centaines de soldats présents sur les lieux et courir dans tous les sens… Une tentative d’attentat opérée, selon les déclarations du ministre de l’Information, par voie aérienne avec deux drones chargés de l’explosif C4, dont l’un aurait explosé près de la tribune présidentielle et l’autre près de la tribune d’honneur où se trouvaient les familles des hauts gradés. Quant aux explosions, « elles seraient dues aux tirs de militaires qui les ont abattus avant qu’ils n’atteignent la tribune du président vénézuélien »

Une attaque qui aurait fait sept blessés parmi les seuls membres de la GNB et dont l’instigateur, immédiatement dénoncé par le président vénézuélien, serait le président colombien Juan Manuel Santos, prix Nobel de la paix, en poste jusqu’au mardi 7 août, date de la passation de pouvoir avec son successeur, Iván Duque ! Des déclarations récurrentes, pour le moins ridicules et invraisemblables, sans aucune preuve, dans la lignée des précédentes, lorsqu’il accusait déjà ce pays « d’entraîner des dizaines de citoyens vénézuéliens chargés de mener des attaques en Colombie vêtus d’uniformes de l’armée vénézuélienne »

S’agit-il réellement d’une tentative d’attentat fomentée depuis un pays étranger, comme veulent le laisser accroire les autorités vénézuéliennes, ou plutôt organisée depuis le Venezuela, comme pourrait le laisser penser la revendication, sur le compte Twitter, du mouvement national Soldados de Franela évoquant une opération dénommée Phoenix, prélude à d’autres « actions militaires pour restaurer la démocratie dans le pays » ?

Devant l’aggravation de la situation économique et sociale (on annonce 1.000.000 % d’inflation en 2018, avec une récession de 18 %), s’il est incontestable que la contestation des chávistes historiques s’intensifie devant l’incurie de Maduro à trouver des solutions pour résoudre la crise, si la grogne commence à se répandre parmi de nombreux sous-officiers, plus proches et plus à l’écoute des difficultés quotidiennes de la population, rien n’autorise aujourd’hui à évoquer une réelle et possible insurrection.

D’autant qu’à la suite de cet attentat, la confusion règne avec des déclarations contradictoires quant à sa réalité. L’agence Associated Press a, en effet, fait état de plusieurs témoignages de personnes présentes sur les lieux (pompiers, militaires) qui semblent totalement contredire la version officielle. On évoque, ainsi, « l’explosion d’une bouteille de gaz dans un appartement d’un immeuble » !

À suivre…

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