Débat du 4 avril : du déballage concentré ?

Ancien pilote de chasse
 

Deux chaînes aux consonances bien de chez nous, BFM TV – Business Frequency Modulation – et la nouvelle CNews – entendez « c’est des nouvelles », succédant à feu i>Télé -, rassemblent les onze postulants à l’Élysée sur le même plateau ce mardi soir.

Deux femmes, Ruth Elkrief et Laurence Ferrari, seront les grandes interpellantes. Point de parité : les deux journalistes illustreront le symbole d’une Marianne exigeante et, espérons-le encore, impartiale…

Plus encore que lors du débat à cinq sur TF1, les partitions individuelles seront découpées à la hache. Quinze minutes seront dévolues à chacun, dont la première pour répondre à la question fondamentale et introspective « Qui êtes-vous ? » et la dernière à celle-ci, opération d’hyperconcentration massive : « Comment rassembler les Français ? »

Si le public sera certainement curieux au début (et, donc, la part d’audience importante), l’attention risque de faiblir avec la succession – la litanie – des professions de foi.

Parions même que beaucoup de téléspectateurs seront surtout en attente des pantomimes des acteurs vedettes, tel Mélenchon, le vitupérateur circulaire, des propos iconoclastes des Poutou ou Cheminade, ou encore des déclamations rocailleuses et fleuries du mousquetaire béarnais Lassalle.

Les candidats « authentiques » risquent bien de faire les frais du cirque médiatique et de l’extrême concision qui leur sera imposée. Cinq ans de mandat à préfigurer en quinze minutes est un exercice de synthèse peu commun. Certain, pourtant maître incontesté en l’art subtil et consommé du compromis, a même renoncé et déclaré forfait avant l’épreuve !

L’avantage devrait aller alors à celui qui a le moins de choses à dire. S’il le dit, en outre, avec le sourire de la jeunesse, cela constituera un vrai avantage que les commentateurs ne manqueront pas de développer, après la performance et les jours suivants, éclairant de leurs propos d’experts le grand message subliminal du rassemblement novateur, sinon pacifiquement révolutionnaire dont la France a tellement besoin…

Pour défendre la liberté d'expression,
je soutiens Boulevard Voltaire en faisant un don.

À LIRE SUR BOULEVARD VOLTAIRE