Editoriaux - Entretiens - 22 octobre 2018

Sébastien Chenu : “Il y a des quartiers dans lesquels être une femme, être gay, est dangereux”

Dimanche 21 octobre, une manifestation pour dénoncer les actes de violence à l’encontre des homosexuels était organisée à Paris. Le député Rassemblement national Sébastien Chenu réagit au micro de Boulevard Voltaire.


Ce dimanche, une manifestation a été organisée place de la République pour dénoncer la montée des actes homophobes en France. Avez-vous participé à cette manifestation ?

Non, je n’y étais pas, mais je considère qu’elle était bien fondée. Il y a une réalité dans ce pays. Cette réalité fait partie de la montée de la délinquance et de l’ensauvagement de notre société.
Cette réalité, nous l’avions déjà dénoncée. Et Marine Le Pen l’avait même déjà prédite il y a quelques années.

Reliez-vous cette montée de l’homophobie aux mouvements sociaux, et notamment de ceux contre le mariage pour tous, ou le malaise est selon vous ailleurs ?

C’est différent. Laurent Ruquier rappelait dans une émission samedi soir qu’on peut être contre la GPA et être homosexuel. De la même façon, on peut être contre le mariage tout en étant homosexuel et être pour et être hétérosexuel. Il n’y a pas de lien. Etre pour ou contre des droits supplémentaires pour les homosexuels n’est pas lié à sa condition propre.
Je crois qu’on a essayé de faire le porter le chapeau de la montée de ces actes homophobes à la Manif Pour Tous. Je ne sous-estime certes pas que ces manifestations, à cause de François Hollande qui a opposé les Français, ont pu tendre un certain nombre de relations et susciter des débats. Mais c’est normal qu’il y ait des tensions dès qu’on touche à des sujets sensibles, en particulier lorsque ces sujets touchent l’intimité.
Mais dire aujourd’hui que c’est à cause de la Manif Pour Tous qu’il y a ces actes homophobes, c’est ne pas regarder la vérité en face.


Qui sont donc les auteurs de ces actes homophobes ?

C’est exactement la question que j’ai posée dans un média et c’est la question que je pose à SOS homophobie. Cette association est si prompte et si talentueuse à dénoncer les actes homophobes et à en faire un rapport plutôt bien fourni chaque année.
Qui sont les auteurs ?
Je n’ai aujourd’hui pas la capacité de pointer du doigt quiconque pour deux raisons. Je manque tout d’abord de matière. Nous ne disposons pas de données statistiques qui nous permettent d’affirmer quelque chose. Et par ailleurs, je ne voudrais pas tomber sous le coup de la loi en pointant du doigt un certain nombre de personnes qui seraient liées à une communauté ou à une autre…
Je suis donc évidemment très précautionneux sur ces sujets-là. En revanche, c’est à SOS homophobie de nous dire quelles sont les personnes qui commettent ces actes homophobes.
Comme le dit Marine Le Pen, aujourd’hui, dans certains de nos quartiers, être une femme, ou être un handicapé ou gay est dangereux. On s’expose à une certaine violence et un certain ensauvagement de notre société.
Je pense même qu’il y a des religions qui, lorsqu’elles sont pratiquées de la façon la plus rigoriste qui soit, peuvent amener à ce type de dérapages. André Malraux disait : « la civilisation est tout ce qui s’agrège autour d’une religion ». Or, quand une religion, ou sa pratique rigoriste, devient majoritaire dans un quartier, ceux qui ne se soumettent pas aux lois de cette religion et ne vivent pas de la façon prescrite par cette religion s’exposent à des dangers multiples.

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