[SANTÉ] Une solution, pour les déserts médicaux ?
Au mois d'avril, le gouvernement avait annoncé venir en aide aux territoires sous-dotés en médecins, également appelés « déserts médicaux ». En réalité, le terme « désert médical » n'est pas très adapté, car dans tous ces endroits qui manquent de médecins, il y avait autrefois des médecins généralistes et des spécialistes qui pouvaient accueillir dans un délai raisonnable les patients. Mais depuis la mise en place du numerus clausus, dans les années 70, pour diminuer drastiquement le nombre de médecins et le départ à la retraite de tous ceux issus du baby-boom d'après guerre, le nombre de praticiens est maintenant nettement insuffisant pour pouvoir faire face à la demande de la population, ce qui était bien sûr prévisible. Donc, il serait plus juste de parler de « friche médicale » plutôt que de « désert ». Quel que soit le terme employé, le résultat est le même pour les patients : des délais d'attente inadmissibles chez les spécialistes et des difficultés à joindre un médecin généraliste pour la pathologie plus courante. Ajoutons à cela que les jeunes médecins optent plutôt pour un exercice en milieu urbain et avec des horaires « de bureau » difficilement compatibles avec une demande de soins non programmés car relevant souvent d’une pathologie aiguë.
Une idée séduisante...
Face à cette situation les collectivités territoriales ont déployé des efforts pour attirer les médecins dans ces zones défavorisées avec des incitations financières, des aides à l'installation et des conditions de travail avantageuses, mais ces solutions qui visent à rééquilibrer l'offre de soins sur le territoire national se sont révélées nettement insuffisantes.
Le gouvernement a donc proposé, au mois d'avril, de créer 151 territoires officiellement reconnus comme prioritaires afin d'y envoyer des médecins généralistes en renfort qui se relaieront sur place par périodes de deux jours par mois (tout en accentuant son effort pour former davantage de médecins et soulager les professionnels de santé de nombreuses tâches administratives). Le ministre de la Santé Yannick Neuder a lancé cette opération, le 1er septembre, dans le département des Landes, qui consiste donc à envoyer des médecins volontaires qui se relaieront dans des « cabinets solidaires » afin de permettre à la population d'avoir une présence médicale sur place.
...mais qui pose bien des difficultés de mise en pratique
L'idée est séduisante : puisque nous ne trouvons pas de jeunes médecins pour venir s'installer dans ces zones sous-médicalisées, pourquoi ne pas demander aux médecins alentour de venir travailler deux jours par mois dans un de ces territoires ? Idée séduisante mais pas facile à mettre en œuvre. Va-t-on trouver assez de médecins pour assurer une présence suffisante dans ces villages, malgré un léger avantage financier (une prime de 200 euros par jour) ? La Sécurité sociale va-t-elle rembourser à 70 % la consultation ou simplement à 30 %, comme lorsqu'on ne consulte pas son médecin traitant ? Comment va s'effectuer la prise de rendez-vous ? Comme le souligne une syndicaliste, « si on prescrit des analyses à un patient, qui va les interpréter quand il les recevra ? Et qui va le rappeler si c'est urgent ? »
Toutes ces questions techniques devraient trouver une solution au fil du temps, mais pour l'instant, nous sommes dans le flou (comme bien souvent, d'ailleurs, en matière de décision concernant la santé). Espérons, cependant, que ces mesures pourront apporter une solution à une situation catastrophique qui n’est, hélas, que la conséquence de 40 ans d’une politique sanitaire qui n’a jamais voulu s’investir dans le long terme. Expérience à suivre, donc !
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38 commentaires
Nous sommes devenus un pays sous développé. La faute à qui?
Dans une ville de 40000 habitants, je cherche un médecin depuis 5 mois, et je ne suis, évidemment, pas la seule. Pour accéder à certains spécialistes hospitaliers, demande de rendez-vous par omnidoc obligatoire par…un médecin traitant. Et refus catégorique des médecins d’urgence ou en téléconsultation de faire cette démarche. Les « déserts » ne sont pas seulement en zone rurale !
le résultat….des années de mitterrand…..
J’ai un ami de longue date, médécin, dans un village
pour diminuer les dépenses de SS !!!!! l’état lui à proposer, à l’époque, 25 000 francs pour fermer son cabinet…
il les a pris, à fermer son cabinet…;et a changé de métier !…..
il avait 4 enfants….une classe de l’école a fermé…car plus assez délèves
les matchs de foot du dimanche dans le village se sont arrêtés car ils se déroulaient car que parce qu’il était présent en tant que médecins
sa femme qui tenait l’unique salon de coiffure a fermé….
quand on a de raisonnements de…patate….ça se paye….à la sortie….
Ou encore une mauvaise bonne idée : médecin en exercice doit se déplacer 2 jours dans une zone sans toubib et dans le même temps avoir un remplaçant à et dans son propre cabinet . Un peu débile ! pourquoi ces « remplaçants » ne seraient-ils pas motiver pour aller s’installer dans les dits » déserts » médicaux
Alain Proviste
Pensez-vous que de jeunes médecins et leur famille vont aller s’installer dans des communes sans écoles? Où il faut faire une heure de route pour aller accoucher? Et tout le reste. Le désert n’est pas que médical… Sans compter toute la « paperasse » que les médecins doivent gérer, des contraintes.
Beaucoup aimeraient , a la campagne ,des médecins fonctionnaires, comme dans les hôpitaux (très mal gérés) helas pour eux, c est la médecine libérale qui a coût moindre , réalise le plus d acte. Alors mettre des fonctionnaires partout en France car le désert c’est partout, et considérer que les médecins sont des profiteurs ne va pas les inciter, a s installer où les gens ne les respectent pas (les abus de certains cmu), les fonctionnariser déresponsibilisera . C est bien parce que le système de santé est justement géré pas des agences irresponsables qu il s est si bien dégradé.
Qui a participer à ce numerus clausus? Le conseil de l’ordre bien sûr pour protéger les propres intérêts de la corporation!
Une solution bien simple pour couvrir le pays en toubibs: tirage au sort pour la première affectation, et ça ne coûte rien à la sécu.
Je croyais que médecin était avant tout une vocation sans autres intérêts que soigner, soulager…..
Je me trompe peut-être !
je vais vous livrer une info…
les médecins comme vous ont un conjoint des enfants, une famille… bref
n’ont ils pas le droit de vouloir une vie comme tous?
« Qui a participer à ce numerus clausus? Le conseil de l’ordre bien sûr » Ce n’est pas en affirmant péremptoirement un mensonge que vous le transformerez en vérité. Vérifiez vos sources. Proposé par les caisses de sécu, approuvé par le ministre de la santé Robert Boulin en 1971, le numerus clausus n’avait qu’un seul but : réduire le nombre de médcins, ce qui, pour un énarque, entraînerait aussitôt la baisse des dépenses de santé. On l’a vu.
C’est la politique des rustines, sans beaucoup d’espoir. Les médecins généralistes, premier rempart contre les maladies, ont pour beaucoup perdu la notion de service au public et sont devenus tout simplement des techniciens fonctionnant selon des horaires bien réduits. Pendant trente ans, j’ai pratiqué H. 24 et j’en suis fier. Mais c’était avant.
Techniquement utopique; la « médecine » n’est pas de la mécanique automobile… J’ai été un médecin boomer, et nous allions nous installer là où une clientèle pouvait se créer. Fiers de bosser 15H par jour, de se lever la nuit et de se taper les WE. On gagnait donc bien notre vie ! Mais Cotisations, impôts et taxations en augmentation, diminution du prix de l’acte (en monnaie constante) auront eu raison des « vocations »… On peut comprendre.