[SANTÉ] Cycloshow-MissionXY : ces ateliers d’éducation affective qui dérangent la gauche

Tout en revendiquant "les valeurs de la République", les syndicats enseignants méprisent la liberté des parents...
@Unsplash
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« Promotion d’idées rétrogrades », écrit, sans surprise, Libération, mais aussi valorisation d’une « complémentarité entre l’homme et la femme » centrée sur la reproduction, qui « occulte la sexualité dans sa réalité et sa complexité », « rien sur l’égalité filles-garçons, la prévention des violences sexistes ou la contraception, comme l’exige pourtant le programme officiel », « tromperie sur la marchandise »… La gauche est vent debout contre ces ateliers proposés dans près de 350 collèges catholiques pour compléter les cours d’éducation affective et sexuelle, dont les trois séances annuelles sont obligatoires depuis une vingtaine d’années, mais dont le nouveau programme voulu par Élisabeth Borne est entré en vigueur dans toutes les écoles, collèges et lycées sous contrat à la rentrée 2025-2026.

« Une vision hétéronormative et reproductrice de la sexualité »

Même son de cloche dans Le Point, qui donne la parole à ce père de famille qui s’est « senti trahi » à l’évocation du contenu des ateliers : « Il n'y a, durant cette journée, pas – ou peu – été question de contraception, d'infections sexuellement transmissibles, d'avortement, d'orientation sexuelle, de stéréotypes de genres ou encore de violences sexistes et sexuelles… » Pire, le syndicat enseignant Fep-CFDT dénonce : « Ces dernières ont une vision hétéronormative et reproductrice de la sexualité. » BFM TV tend le micro au même syndicat, qui exige de l’Éducation nationale qu'elle vérifie que « les associations soient agréées et, notamment, parce qu’elles doivent respecter les valeurs de la République ». Un argument qui occulte complètement la vision idéologisée de ce programme qui ne respecte ni « l’intimité, la conscience et la maturité des élèves, pas plus que la liberté éducative des parents », alertait Ludovine de La Rochère, dans nos colonnes.

Toujours au micro de BFM TV, Guillaume Prévost, nouveau secrétaire général de l’Enseignement catholique, « se félicite que [l’association CycloShox-XY] soit allée sur ce terrain, courageusement, avec des convictions et des interventions qui répondent aux besoins des familles ». Ce dernier, déjà ciblé par la gauche pour ne pas s’opposer à ce que des professeurs prient dans la classe, rappelle que « ce qui est essentiel, c’est que l’on n’impose rien, c’est au chef d’établissement […] de choisir les intervenants avec lesquels il souhaite travailler ». Contacté, le syndicat Fep-CFDT n’a pas encore répondu à notre sollicitation.

Reductio ad hitlerum

Que contient donc le programme de l’association aconfessionnelle CycloShow-XY de si subversif ? « Je me demande si ce n'est pas une question de logiciel différent », nous répond Karine Triot, animatrice de ces ateliers en non-mixité (CycloShow pour les filles et MissionXY pour les garçons) et en binômes mère-fille ou père-fils, intégrant au passage la primauté du rôle des parents, premiers éducateurs de leurs enfants. « Pour certaines personnes, poursuit-elle, il y a l'idée que les parents sont les premiers agresseurs, et que ce programme EVARS doit être une manière de s'émanciper de sa famille, un espace où l'enfant pourra révéler des agressions au sein de la famille ».

Celle qui est aussi conseillère conjugale et familiale décrit la pédagogie « par le beau » de l'association CycloShow-XY, « en partant du principe que lorsque l'on trouve quelque chose de beau, on va en prendre soin, le respecter et le faire respecter. Nous avons le même objectif de respect entre homme et femme. Nous souhaitons que les gens aient une vie affective, relationnelle et sexuelle épanouissante, mais la pédagogie n'est pas la même. Notre approche est adaptée à l’âge des adolescents que nous rencontrons (10-14 ans – rappelons que la majorité sexuelle est à 15 ans) et moins anxiogène que les "attention aux MST, attention aux grossesses non prévues, attention aux agressions"... qui ont montré leur inefficacité depuis 40 ans ». Rappelons, en effet, que les infections sexuellement transmissibles et l’IVG sont bien loin de régresser.

En réalité, ce qui gêne nos bien-pensants, c'est que la fondatrice de cette association, le Dr Élisabeth Raith-Paula - récompensée en Allemagne du Prix bavarois pour la prévention et la promotion de la santé pour son œuvre - soit, selon eux, « anti-IVG ». Karine Triot réfute ces accusations, qu'elle juge « non fondées », et s'en explique : « Le cœur de ces ateliers CycloShow et Mission XY sont la connaissance du corps et les changements à la puberté pour que les jeunes abordent cette période de chamboulements avec le plus de sérénité possible. L’avortement et la contraception ne sont pas les sujets de ces ateliers. Quand c’est abordé, c’est seulement pour répondre à des questions précises des jeunes, et toujours dans le respect de la loi. Mais pour certains, ne pas promouvoir l’IVG est en soi une entrave à l’IVG. Le Dr Élisabeth Raith-Paula est l’auteur de l’atelier CycloShow conçu comme une pièce de théâtre, et nous n’avons pas connaissance de prises de position militantes de sa part sur l’IVG. Dans son livre, elle explique simplement comment agissent les différents moyens de contraception dans le corps. C'est une manière de former les gens pour qu'ils soient libres de poser des choix en connaissance de cause. Karine Triot poursuit : Si, pour nos détracteurs, donner un espace de réflexion à un homme, à une femme, c'est mal, alors nous n’avons effectivement pas la même vision de l’homme et de la femme et peut-être pas le même respect de la liberté de chacun à poser ses propres choix, libres et éclairés. »

Étonnante gauche, in fine, qui promeut à longueur de journée la défense de la nature, de la faune à la flore, mais qui, paradoxalement, la honnit lorsqu'elle concerne le corps humain... Cette exhortation à une meilleure connaissance de soi, pour agir ensuite librement, dérange ceux qui aimeraient « arracher l'élève à tous les déterminismes ». Comme souvent, il s'agit d'un combat militant, d’une vision inclusive qui exclut ceux qui pensent autrement et qui, tout en vantant les « valeurs de la République », ne respecte absolument pas la liberté des parents de choisir ce qu’ils veulent transmettre à leurs enfants.

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Iris Bridier
Journaliste à BV

Vos commentaires

12 commentaires

  1. Borne abandonne la seule mesure à inscrire à son tableau de chasse ! les retraites !!
    qu’elle abandonne aussi ses mesures « parasites » sur l’éducation dont EVARS mais pas que….

  2. L’hétéronormativité est une loi naturelle. Tous les animaux y souscrivent. Bravo à ceux qui ont lancé ces ateliers.

  3. En bref ceux qui sont pour la panthéonisation de l’homme qui s’est battu CONTRE la peine de mort, veulent, en même temps (c’est la mode) qu’on promeuve l’assassinat d’enfants dans le ventre de leur mère. Car il peuvent dire ce qu’il veulent, la science le prouve : ce sont bien de petits Hommes VIVANTS qu’on tue…

    • Vous avez raison. Il y a même des échographies faites pendant l’avortement qui montre que le fœtus/bébé à naître (même petit ) essaie de’éviter la sonde d’aspiration.

  4. Avec la gauche, si on était mauvais on pourrait penser certaines choses par très réjouissantes sur le devenir de l’humanité.

    • @JEAN BENOIT DECORSIERE : « hétéronormatif » ça fait plus scientifique que le vulgaire populisme de « rappel des lois de la biologie »…

  5. La gauche, toujours « vent debout », sur la flottille ou ailleurs. Elle ne devrait pas craindre, le nombre d’avortement bat des records d’année en année.

    • L’année dernière 240000 bébés ont disparu. Simone W doit se retourner dans sa tombe. L’IVG devrait être réservée dans les cas de viols , de gros problèmes médicaux, et pour des jeunes filles mineures. Autrement , ne pas assumer ses responsabilités une fois de plus, quelle décadence !!!

  6. La lutte des classes appliquée aux relations homme-femme : le logiciel de gauche est incapable de comprendre autre chose , la liberté personnelle ne pouvant conduire qu’à l’égocentrisme . Vive le « vivre-ensemble »!

  7. Vous rigolez j’espère, la gauche a proposé Adrien Quatennens, Joël Guerriau, Hugo Prevost pour animer des ateliers d’éducation affective :)) ! En plus se sont des champions sur le sujet!

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