Rumeurs d’effondrement du régime iranien : l’hypothèse d’une restauration royale

Alors que le pouvoir semble vaciller, les slogans pro-Pahlavi se font entendre dans les rues de Téhéran.
Capture d'écran X
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La capture de Nicolás Maduro par les États-Unis va-t-elle déclencher une réaction en chaîne, dont le régime islamiste iranien serait la première victime ?

Un pouvoir de plus en plus fragile

Si l’incapacité de ce dernier à faire face aux graves difficultés économiques auxquelles il est confronté a fourni à ses opposants un prétexte supplémentaire pour profiter d’une grève des commerçants d'un bazar de Téhéran pour descendre dans les rues, réduire les récentes manifestations à une simple protestation « contre la vie chère », comme l’ont fait de nombreux médias français, n’est guère sérieux. L’accentuation des tensions dans le pays suffit d’ailleurs à montrer que les Iraniens ne réclament pas tant des « soldes » que la fin du régime des mollahs. Après deux soulèvements importants en 2019 et 2022, le pouvoir iranien avait engagé un bras de fer armé avec Israël, lequel avait alors fini par décider Washington à intervenir pour bombarder et détruire en grande partie les sites nucléaires iraniens. Téhéran perdait ensuite, coup sur coup, ses deux alliés au Proche-Orient : le Hamas, neutralisé pour un temps au moins à Gaza, et le Hezbollah, écrasé par les Israéliens au Liban. Autant de secousses, sur les fronts intérieurs et extérieurs, qui ont fragilisé les positions du pouvoir iranien et enhardi ses oppositions.

Le régime en mode « survie »

Depuis une semaine, de nouvelles manifestations ont eu lieu, occasionnant des affrontements qui auraient fait entre 12 et 16 morts à Téhéran et dans quelques autres villes, selon l’AFP, mais Iran International, média qui serait proche de l’Arabie saoudite, avance de son côté un bilan de 20 morts et des troubles dans plus de 220 localités. Le pouvoir iranien semble par ailleurs divisé sur la conduite à tenir face aux émeutiers. Si le président Masoud Pezeshkian a admis n’avoir « aucune idée » pour résoudre la crise en cours et dit faire la distinction entre les appels au soulèvement et des revendications économiques « légitimes », le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, s’est montré beaucoup moins conciliant : « Les manifestants doivent être remis à leur place », a-t-il déclaré, accusant des forces étrangères d’avoir provoqué un effondrement du cours du rial. Le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Aragchi, évoquant la situation du pays devant la presse, a quant à lui parlé de « lutte pour la survie du régime ».

À Londres, on voit Khamenei bientôt à Moscou

Et pour ajouter à la confusion générale, après la capture de Nicolás Maduro par les Américains et la menace d’intervention adressée par Donald Trump au pouvoir iranien si ce dernier tuait d’autres « manifestants pacifiques », les services de renseignement britanniques ont déclaré que l'ayatollah Ali Khamenei envisagerait de fuir en Russie. Une information à prendre évidemment avec prudence, mais pour le prince Davoud Pahlavi (cousin du prince héritier Reza Pahlavi), qui a accepté de répondre à BV, « à 86 ans, ce dernier disposerait d’un plan d’urgence pour fuir vers Moscou, accompagné d’un cercle restreint de proches, afin de rejoindre Bachar el-Assad en cas d’effondrement du régime. Ces informations, fondées sur des sources de renseignement, paraissent tout à fait plausibles et logiques. » La situation actuelle, qui pourrait évoluer très vite, fait évidemment penser à celle de 1979, qui avait vu la chute du régime impérial, mais « contrairement à 1979, où deux forces idéologiques structurées s’affrontaient et dominaient la scène », explique le prince Davoud Pahlavi, « les soulèvements récents révèlent une réalité bien différente : le changement, s’il doit advenir, naîtra probablement de la rue iranienne elle-même ».

Une « monarchie constitutionnelle, modernisée » ?

La révolution khomeiniste avait été brutale et sanglante, la contre-révolution pourrait-elle l’être aussi ? « Contrairement à ce que certains imaginent, le passage d’un régime autoritaire à une démocratie durable ne saurait s’accomplir dans le chaos ou par des ruptures brutales. Il nécessite au contraire une période de stabilité, un temps de respiration collective, afin de poser les fondations solides d’un avenir libre et apaisé », juge Davoud Pahlavi. « C’est précisément pourquoi je considère qu’un gouvernement de transition, représente la voie la plus sage », plaide le prince, pour qui « une telle instance aurait pour mission essentielle de garantir la sécurité du pays, de restaurer l’ordre public sans répression, de protéger les institutions vitales et, surtout, de préparer le terrain pour des élections libres et transparentes. » De même considère-t-il que le retour des Pahlavi ne constituerait pas une restauration pure et simple de « l’ancien régime » : « Il est temps de réinventer notre monarchie, de l’adapter aux exigences de l’ère contemporaine, en puisant avec sagesse dans les meilleures pratiques des autres monarchies du globe, tout en préservant jalousement notre identité iranienne et notre riche héritage culturel. » Partisan d’une « monarchie constitutionnelle, dans sa forme modernisée », le prince confirme qu’il se tiendrait à disposition de son cousin si celui-ci faisait appel à lui.

Reste à savoir si le régime des mollahs tombera. Si oui, quand il tombera. Et si l’Iran choisirait, alors, la voie républicaine ou une nouvelle voie royale.

Vos commentaires

96 commentaires

  1. Pour comprendre la situation en Iran le mieux ce serait que les annonciateurs de changement de régime lisent le livre de JM Vernochet : « comprendre la destruction de l’Iran « et tout deviendra très clair sur le pouvoir mondialiste et … je n’en dirais pas plus.
    Quand à ceux qui applaudissent le renversement de Maduro par la force alors qu’ils se revendiquent souverainistes pour la France en vous disant c’est pas pareil, le peuple était opprimé, les élections truquées etc etc, peut être et alors ? Renverser par la force tout les pays qui n’ont pas comme modèle l’occident est il devenu un droit : ex yougoslavie, Irak, Libye, Syrie aujourd’hui Venezuela et demain l’Iran, la Corée du Nord ? Euh non c’est pas pareil ! Ah non pas la Corée ils ont la bombe ! Pauvre France.. même la connerie atteint les « patriotes !! « Jeanne au secours !

    • 8 millions de vénézuéliens qui ont fuis la dictature ne vous suffisent pas? Les zélotes de pol pot, mao, staline sont encore légion dans notre pays c’est inquiétant. Quant à l’iran, la gauche iranienne a installé les mollah en 79, la gauche Française suit le même chemin avec ceux qui se sont installés chez nous

  2. Certes ce fameux « Etat de droit humanitaire » n’ était pas respecté devant une certaine force nécessaire . Mais la famille Pahlavi s’ employait constamment à élever le peuple à la civilisation judéo-chrétiennes et surtout européenne .D’ ailleurs c’ est bien cet Etat d droit européen qui n’ a pas compris que l’ enfer était souvent pavé de bonnes intentions ce qui nous a amené le régime Khomeiny au pouvoir .
    Le peuple commence à comprendre , et est prêt à accueillir un net changement . M.R Pahlavi si il accepte ce sera vraiment par pur patriotisme , car bien plus heureux aujourd’hui de pouvoir se la couler douce aux E.U.

  3. Nous sommes dans une lutte à mort des totalitarismes conjugués contre l’Occident : 1) Communisme et post-communisme (Chine, Corée du nord, Cuba, Russie, Venezuela) 2) Islamisme (Algérie, Iran, et les groupes terroristes). Et il y a leurs agents infiltrés, y compris dans nos pays, les ennemis de l’intérieur : wokistes, narco terroristes, islamo-gauchistes, immigrationnistes. Et enfin leurs complices et idiots utiles : Macron, les LR. « Aux armes citoyens » !

  4. Je n’y crois pas à ce retour d’un Pahlavi piloté par les USA. L’Iran ce n’est pas le Venezuela. Pas sûr que le Pahlavi en question ait envie de quitter son confort aux USA pour l’aventure dans un pays qu’il a quitté à l’âge de 7 ans.

  5. Le plus judicieux serait une monarchie constitutionnelle à l’anglaise. Peuples instruits et sages de l’Iran, le pays pourrait ne pas tomber en guerres fratricides. La république infâme des mollahs en naissant s’était jouée des communistes alliés et de l’islam modéré. Et quelle belle idiotie diplomatique française que celle d’avoir donné asile à khomeiny, loin d’être un intello, modeste enseignant dont l’obstination aveugle, comme celle de khameni, a conduit le pays dans l’abîme. Si Allah le rappelait à lui il serait grand d’amour, pour changer un peu.

    • Un vieillard Khameini, qui n’hésiterait pas à sauver sa peau en s’enfuyant en Russie, ces vieux islamistes qui n’hésitent pas à tuer, à sacrifier sa jeunesse pour conserver leur pouvoir. Les jeunes iraniens étouffent dans ce pays et aspirent à la liberté, une envie de vivre sans ce carcan qu’est l’islam
      Une monarchie constitutionnelle serait une solution pour stabiliser leur pays

  6. Au siècle dernier deux empires , l’URSS et les Etats Unis , les autres pays de la planète devaient choisir leur allégeance plus ou moins visible .
    
De nos jours , trois empires visibles , les Etats-Unis , la Russie et la Chine ; et un empire invisible l’islam, présent dans tous les pays occidentaux avec l’immigration, et dirigeant plusieurs « petits pays » incapables d’affronter directement les pays occidentaux , la Chine a su traiter le problème à sa façon.

  7. L’agence de presse, officielle ça va sans dire, s’appelle dans l’agence Fars. Et tout ça en Iran avec le merveilleux régime des Ayatolahs.. Autrement dit, nous avons Fars et Satrapes ! ;)

  8. Toute la presse encense Pahlavi Jr. Mais il ne suffit pas forcément d’avoir vécu toute sa vie aux USA et de rappliquer en disant « Coucou c’est moi le chef! » Pahlavi ne sera qu’une marionnette US comme le fut son père. Avoir l’assentiment des Iraniens est peut-être autre chose.

    • Sans doute Pahlavi sera une Marionnette des Américains mais, à choisir aujourd’hui, vous préféreriez vivre dans la Chine de Li Xiping, dans la Russie de Poutine, dans l’Iran des Mollahs dans les Républiques Islamiques du Moyen Orient ou en Amérique, même avec Trump ?

  9. Le régime des mollah sur fond de charia imposé à un peuple d origine Perse est un contre-sens. Cela a isolé des influences toxiques européenne certes mais gravement mécontente la population. Veulent ils pour autant s agenouillé devant Trump et les Israelins? Pas sur. Mais c est pourtant ainsi que la CIA mène ses  » régime change ». Peu importe la cause si elle mène au chaos qu ils exploitent.avec quelques corrompus..

  10. J’aimerais bien, moi aussi, quitter le régime totalitaire de l’union européenne bien appliqué par macron, et retrouver notre liberté d’agir et de penser.

    • Le multiculturaliste et mondialiste Macron est clairement un fossoyeur du Pays.Mais nombreux sont ceux qui l’ont précédé et ont oeuvré activement pour que des pans entiers de souveraineté soient abandonnés à cette foutue UE.Sarkozy,encensés par certains,a joué un rôle crucial.L’article concerne l’Iran.Rappelons le que c’est Giscard qui avait accueilli Komeini en France.L’Auvergnat en question se fourvoyait déjà avec Komeini,qui annonçait la montée de l’islam,comme il se fourvoyait avec cette UE pro allemande qui nous met des bâtons dans les roues.Giscard était Centriste,comme bien d’autres ,et en aucun cas nationaliste.Zemmour disait que Macron,c’est Giscard avec des cheveux ……

  11. Une monarchie constitutionnelle avec un parlement ? Ouvert aux partis islamo-gauchistes avec tendance wokiste ? La martingale va être difficile à trouver. Le roi du Maroc a peut-être des suggestion à faire au Shah.

  12. Ce sont les peuples seuls qui doivent permettre le changement de régime politique. Cela suppose du courage car trop souvent, on peut le constater, cette volonté se paie par des bains de sang. C’est le prix de la liberté. Dos au mur, peut-il en être autrement ? Alors soutien inconditionnel aux peuples opprimés.

    • Vous avez raison. Mais le courage ne suffit pas : il faut aussi du bon sens et de l’intelligence : pas gagné !

  13. Cas d’école…ce genre de régime ne quitte pas le pouvoir tout seul..en plus il y a la dimension religieuse…qui interviendra ppur neutraliser les ayathollas?

Commentaires fermés.

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