Rugby : étonnamment, après la victoire de Toulouse, « zéro débordement »

Contrairement au soir de la victoire du PSG, cette fois-ci, pour la victoire de Toulouse, pas de vague d'interpellations
© Capture écran - Canal +
© Capture écran - Canal +

Une finale de légende. Disputée jusqu’au bout des prolongations, la finale Union Bordeaux Bègles (UBB) - Stade toulousain, jouée ce 28 juin, est déjà entrée dans les annales. Un rugby de très haut niveau, une intensité maximale, un combat acharné sur le terrain, un suspense haletant… tous les ingrédients étaient réunis pour faire de cette finale de Top 14 une référence. Au lendemain de la victoire des Rouge et Noir, alors que les supporters célèbrent le retour à la maison des champions de France dans les rues de Toulouse, un constat s’impose : en France, il est encore possible de célébrer des exploits sportifs sans qu’il y ait de débordements, d’agressions, de piqûres ou encore de casse.

Marseillaise et ferveur populaire

Une Marseillaise chantée a capella par 15.000 supporters, place du Capitole. Samedi soir, ils étaient réunis en nombre au cœur de Toulouse pour suivre la finale sur des écrans géants. Une foule heureuse de se retrouver, de soutenir leur équipe et de célébrer ensemble la victoire. Alors que la France est désormais habituée à voir un drapeau palestinien brandi à chaque manifestation, cette fois-ci, sur les nombreuses images de la soirée qui circulent, on ne voit aucun drapeau étranger ni aucun slogan politique. Seulement des supporters en rouge et noir, aux couleurs du Stade toulousain. À 245 kilomètres de là, place des Quinconces à Bordeaux, ils étaient 25.000 à se retrouver pour suivre cette finale d’anthologie. Venus en famille ou entre amis, ils ont passé plus de deux heures ensemble sans qu’aucun débordement majeur ne soit constaté. Seulement des chants de supporters, des cris de joie et quelques larmes pour les déçus. Des images de liesse qui font plaisir à voir.

Déjà, le 24 mai dernier, alors que l’UBB disputait la finale de la Champions Cup, aucun débordement n’avait été constaté. Seulement une joie populaire et bon enfant après le sacre européen de l’équipe girondine. De même le lendemain, lors de la tournée victorieuse des nouveaux champions d’Europe dans les rues de Bordeaux, l’heure était à la fête.

Deux France face à face ?

Forcément, de nombreux supporters et internautes n’ont pas manqué de noter le contraste entre l’ambiance qui précède et suit les grands rendez-vous du rugby, et celle qui a entouré la victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des champions. L’opposition est saisissante. D’un côté, des supporters de rugby, en nombre, qui célèbrent le sport et leur équipe sans casse ni agression. Aucune interpellation n’est déplorée dans la presse. De l’autre, des supporters de football qui, dès le coup de sifflet final, caillassent de nombreux magasins et provoquent les forces de l’ordre. Au soir de la victoire du PSG, les services du ministère de l’Intérieur comptabilisaient 692 incendies, 559 interpellations, deux morts et près de 200 blessés.

« Comment vous m’expliquez qu’il n’y a pas eu de débordement [après la victoire du Stade toulousain] ? », s’interroge un influenceur, sur TikTok. « Je pense qu’on a une différence de culture et de valeurs entre le football et le rugby » suggère-t-il. « Zéro casse, zéro piqûre, zéro agression et j’en passe… Le chiffre "zéro" pourquoi ? Parce que c’était du rugby […] Quand on a une éducation et qu’on connaît les valeurs de respect, tu peux être 50.000 sur une place, personne ne va broncher, personne », abonde un autre, dans une vidéo déjà visionnée 355.000 fois. Dans les commentaires, de nombreux internautes semblent faire le même constat : il y aurait d’un côté la « France du rugby », qui se rassemble dans la ferveur populaire et célèbre le patrimoine local et, de l’autre, la « France du foot », celle des dégradations et autres débordements.

Pourtant, c’est bien la « France du football » qu’Emmanuel Macron avait tenu à célébrer. Au lendemain de leur sacre européen, les joueurs du PSG étaient ainsi reçus à l’Élysée par le chef de l’État. À l’inverse, pour un sacre similaire une semaine plus tôt, les joueurs de l’UBB avaient du se contenter d’un tweet de félicitations du président de la République…

Picture of Clémence de Longraye
Clémence de Longraye
Journaliste à BV

Vos commentaires

29 commentaires

  1. Le rugby est un sport de brutes joué par des gentlemen, le foot ball est un sport de gentlemen joué par des racailles.

  2. Au rugby il existe quelque chose qui s’appelle l’esprit sportif. On respecte aussi l’arbitre en ne se regroupant pas autour de lui en hurlant, la bave aux lèvres, à chaque coup de sifflet. Contrairement à un sport appelé football qui a été kidnappé par des racailles et des comédiens.

  3. Ce match de rugby a bien eu lieu en France ? Ce n’était pas le cas du match de foot. Match qui n’ a été qu’un déclencheur, un prétexte.

  4. Le foot et le rugby sont deux sports différents mais ce sont les mêmes qui cassent pour le foot, le nouvel an, la fête de la musique, le 14 juillet et la mort d’un des leurs.

    • Le rugby est un sport d’homme , la racaille qui sévit en bande n’a que le courage des meutes , voilà la différence .

  5. Le foot n’est réputé pour drainer un niveau intellectuel élevé et je regrette que là encore que les femmes veuillent égaler les hommes…

  6. Macron ne reçoit pas les joueurs de l’UBB : il n’a pas oublié les huées et les sifflets au stade de France lors de la coupe du monde (il n’aime pas le monde u rugby et ce dernier le lui rend bien !)
    Par ailleurs, il y a assez peu de clubs de rugby, à ma connaissance, qui soient noyautés comme le sont les clubs de foot. Nul besoin de les caresser dans le sens de poil pour ne pas réveiller la « rue arabe » que Macron chérit et craint tant.

  7. Vu de la gauche le rugby est un sport de fachos. Donc, nos chers gauchistes confirment que les fachos respectent la loi et sont capables de s’amuser sans mettre la France à feu et à sang. Contrairement aux sympathisants de la gauche …
    Quant aux marques de reconnaissance de Jupiter, cela fait longtemps que les français ont compris qu’elles sont réservées aux étrangers et aux délinquants.

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

Jean Bexon démonte les FAKE NEWS sur la mort de Quentin Deranque au micro de Christine Kelly
Jean Bexon sur Europe 1

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois