[RÉACTION]« Au cours de la procédure d’euthanasie, les organes sont de meilleure qualité »
L’affaire Noelia qui émeut le monde entier met en lumière une vérité bien peu reluisante à laquelle la France peut s’attendre, si elle vote la loi relative à « l’aide à mourir ». Cette soi-disant « mort dans la dignité » ouvrira la porte à des « euthanasies altruistes » pour incitation au don et prélèvement d’organes. Grégor Puppinck, directeur du Centre européen pour le droit et la justice, tire la sonnette d’alarme.
Iris Bridier. Nouveau rebondissement dans la tragique fin de Noelia. On découvre que des pressions auraient été exercées sur son entourage pour qu’elle ne renonce pas à l’euthanasie. Pourquoi ?
Grégor Puppinck. Je connais bien Me Polonia Castellanos, qui est l’avocate et présidente de l’association Abogados Cristianos, qui représente les parents de Noelia. Elle m’a confirmé que la mère, qui souhaitait repousser l’euthanasie de sa fille, avait subi une pression exercée au sein de l'hôpital pour qu’elle arrête les poursuites judiciaires. Car en réalité, les organes de sa fille étaient déjà promis, il ne fallait donc pas retarder la procédure.
Se está generando mucha polémica sobre los trasplantes. Somos firmes defensores de la donación, pero también de la transparencia.
⬇️ Este documento muestra retribuciones a hospitales y sanitarios por la detección de órganos.
💸 Por eso pedimos que, en casos de eutanasia, no haya… pic.twitter.com/k73lJbliCv— Abogados Cristianosﻦ (@AbogadosCrist) March 27, 2026
I. B. La vente d’organes est-elle autorisée, en Espagne ?
G. P. Celui qui est prélevé ne vend pas ses organes et ne touche pas d'argent. Celui qui reçoit ne paye pas. Mais par contre, tous les intermédiaires de la transplantation participent à des transactions financières. L’hôpital qui fournit les organes reçoit de l’argent ; de même celui qui réalise la transplantation. Les sommes peuvent atteindre des centaines de milliers d’euros par organe. Les organes n’ont pas la même valeur selon qu’ils sont prélevés sur le cadavre d’une personne ou sur une personne en mort cérébrale. Il est beaucoup plus intéressant au cours de la procédure d’euthanasie, car les organes sont de meilleure qualité. Nous avons publié une étude complète à ce sujet « Euthanasie et don d’organes : un nouveau vivier de donneurs ».
I. B. Dans l’affaire de Noelia, vous avez évoqué des conflits d’intérêts. Quels sont-ils ?
G. P. L'association espagnole pro-euthanasie DMD, qui est l’équivalent de l’ADMD chez nous, a des membres qui sont à la fois dans les comités prenant les décisions de l'euthanasie et dans les comités de gestion des transplantations. Cela signifie que les militants de l'euthanasie sont présents dans tout le circuit de décision relatif à l'euthanasie et à la transplantation. Sans surprise, ils font de l’entrisme.
Nous avons également observé cette politique d’entrisme en Belgique, pays d'ailleurs qui a été condamné pour partialité par la Cour européenne des droits de l'homme parce qu'il y avait trop de membres d'associations militantes de l'euthanasie dans le conseil chargé de juger a posteriori la conformité des euthanasies. En France, l'ADMD est aussi en train de faire une politique d'entrisme. Elle est présente dans plus de 200 institutions médicales et affirme se tenir prête à faire appliquer la loi, avec ses médecins et avocats militants. Des militants de l’ADMD déclarent d’ailleurs vouloir « poursuivre en justice les médecins et établissements qui refusent d’appliquer la loi » (Journal de l’ADMD n° 152, juin 2021).
I. B. Si, demain, la loi est votée en France, peut-on craindre une pression supplémentaire sur les personnes fragiles par la promotion d’une « euthanasie altruiste » ?
G. P. Cela dépend d'abord de l'état de santé de la personne. Pour les personnes qui sont jeunes et qui ont un trouble psychique, comme le cas de cette Espagnole, bien évidemment, il y a un risque réel parce qu'elle a un corps en bon état. Elle n'a pas de cancer métastasique, donc les organes sont très bons, elle est jeune. Ensuite, pour une personne, effectivement, qui est fragile au plan psychique et dans la vie, comme cette pauvre Noelia, qui a subi un calvaire et qui était suicidaire, si on lui dit que ses organes peuvent être utiles, cela peut ajouter une incitation à l'euthanasie. On donne un sens à la mort lorsque la vie, elle, semble ne plus en avoir.
I. B. Peut-on vraiment parler de mort « dans la dignité » quand la personne se trouve réduite à une vision utilitariste ?
G. P. Tout dépend de la conception de la dignité que vous avez. Les promoteurs de l’euthanasie, souvent matérialistes et utilitaristes, opposent la volonté et le corps et sont convaincus que la volonté doit primer l'existence physique. C’est le sens du slogan « Mon corps, mon choix ». Ils estiment que le corps n'est pas la personne, mais qu'il n’en est que le support matériel. Cette distinction entre la personne, réduite à sa volonté, et son corps justifie l'euthanasie, mais aussi le prélèvement d’organes ou la GPA. Le corps n’est qu’une machine, comme disaient les philosophes des Lumières : s’il n’est plus bon, il faut pouvoir s'en libérer et y puiser des pièces détachées.
L’euthanasie pousse jusqu’à l’extrême la logique du « droit à disposer de son corps », inventé initialement pour permettre l’avortement. Ce serait l’acte suprême de liberté : de la liberté nihiliste. Pour Henri Caillavet, « le suicide conscient est l’acte unique authentique de la liberté de l’homme », car il consiste en la domination absolue de la volonté sur le corps, de l’esprit sur la matière. Par la mort volontaire, l’homme deviendrait maître de lui-même, d’une existence qu’il n’a pas choisie.
I. B. Cette affaire très médiatisée est-elle l’arbre qui cache la forêt ?
G. P. Je dirais plutôt que c'est un arbre précurseur…
I. B. Cette indignation internationale peut-elle faire changer le regard sur ce qu’est l’euthanasie ?
G. P. Je pense que c'est très important, parce que les promoteurs de l'euthanasie sont toujours en train d'essayer de faire croire que c'est une loi extrêmement encadrée, réservée aux personnes qui sont déjà au seuil de la mort. Mais pas du tout. La loi a été adoptée au départ avec l'idée que cela permettait d'euthanasier des personnes en fin de vie, en phase terminale. Et les gens ne s'imaginaient pas qu'ils allaient permettre l'euthanasie d'une personne en relativement bonne santé physique de 25 ans. Les Espagnols ont vécu un exemple d'application extensive de leur loi. On leur a dit que c'était une loi d'euthanasie pour les grabataires. Et en fait, non, c'est une loi de sortie de vie pour les personnes qui sont le fruit de l'échec de la société. Cela montre que la porte que l'on croyait entrouverte et réservée aux personnes mourantes est grand ouverte aux personnes atteintes de troubles psychiques graves et suicidaires. Parce que Noelia, c'est important de le dire, était suicidaire depuis ses viols. Le caractère suicidaire était un symptôme de sa maladie et n’aurait pas dû être un motif d’euthanasie.
I. B. De plus, le patient est isolé de la volonté de la famille...
G. P. En France, avec la proposition de loi actuelle, les parents seraient privés de toute possibilité d'exercer un recours contre la décision du médecin d’autoriser l’euthanasie. Ils auraient même pu ne pas être informés.
I. B. Le patient qui doit être prélevé meurt-il réellement d’euthanasie ou de la privation de ses organes ?
G. P. C'est « l'art » de l'anesthésiste. Il fait franchir un seuil, il réanime, vous voyez, pour que, quand même, on puisse dire qu'il y a une mort légale. Donc, la personne est suffisamment morte pour pouvoir faire le prélèvement et suffisamment vivante pour lui prélever des organes vivants.
I. B. Les défenseurs de l’euthanasie invoquent la laïcité. L’opposition à l’euthanasie dépend-elle des religions ?
G. P. Disons que le respect du corps et des morts, c'est quand même le propre de l'humanité…
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50 commentaires
Les dérives possibles, à commencer par les pressions diverses qui pourraient être exercées sur la personne en fin de vie afin qu’elle fasse un don d’organe(s), ne doivent pas remettre en cause le bien fondé d’une
loi autorisant l’euthanasie. Le fait de savoir que l’on peut à tout moment mourir dans la dignité par un acte de volonté personnel procure, me semble-t-il, un immense sentiment de soulagement à la personne en question. Les gens jeunes en bonne santé ne peuvent décider pour ceux qui veulent en finir. Ceci dit, le don d’organe doit rester la conséquence de l’euthanasie, positive pour la société, et non, bien sûr, en être la cause.
Vous n avez plus qu’à écrire votre refus de donner vos organes. Nous somme tous donneurs sauf instructions contraires . Alors écrivons massivement pour refroidir les ardeur de nos hôpitaux si mercantiles.
Comment peut-on écrire une chose pareille au mépris de toute humanité la plus élémentaire ?
Avec un papier et un stylo.
Pas question de tolérer un business qui bafoue honteusement l’humanité la plus élémentaire.
Terrifiant, ignoble.
Outre la dénonciation de de l’euthanasie et du suicide assisté, il faut aussi dénoncer le soi disant « don d’organe » : ce sont en réalité des prélèvements d’organe sur des personnes mal informées, souvent fragiles et influençable, de la nature de cet acte et des conséquences. Prélèvements imposées par d’autres.
Je relève à la fin : Dans le prélèvement d’organe, « la personne est suffisamment morte pour pouvoir faire le prélèvement, et suffisamment vivante pour lui prélever des organes vivants. » Tout est dit …
Angèle Lieby raconte dans son livre « une larme m’a sauvé » comment, dans le coma, elle a été déclarée morte cérébralement (mais pas cardiaquement …), qu’elle a failli être tuée pour prélever ses organes , et qu’elle entendait tout cela…
Un réveil quasi miraculeux l’a sauvé!
La définition légale de la mort, a été changée il y a quelques décennies pour pouvoir permettre les prélèvements d’organes sur des vivants, cardiaquement, déclarés morts cérébralement.
La fin ne justifie pas les moyens.
Vouloir guérir un malade, même très grave, est le propre de la médecine, mais ce moyen, le prélèvement pour greffe ne peut se faire qu’en tuant, ou en accélérant artificiellement la mort d’une personne, ce moyen est immoral.
« l’art de l’anesthésiste » !!!
Ca évoque le film « Morts Suspectes » (« Coma » en VO ) avec Michael Douglas et Genevieve Bujold , c’était en 1978 .
C’est curieux de voir que parfois les évènements semblent inspirés par certains films qui semblaient relever de la fiction pure . Comme s’ils donnaient des idées à certains.
On nage dans le sordide… Mais bon, pour ceux en attente d’une greffe ça interpelle !
Prions pour que cette loi sur l’euthanasie ne passe pas en France : que nos dirigeants retrouvent raison, discernement et valeurs morales droites pour favoriser accompagnement et soins palliatifs. La peine de mort pour des criminels est abolie depuis 1981, et on voudrait légitimer la mort donnée par des soignants dans un hôpital ?! J’ai fait 2 TS quand j’avais 20 ans (il y a plus de 40 ans de cela), et je suis tellement heureuse d’être toujours là et d’aimer la vie et mes proches !
Le désespoir d’une période, même profond et durable, a une antidote puissante : l’amour. Quand le corps souffre beaucoup, l’esprit peut l’aider.
Mimdjib : lyrica, entre autres..
j’adhère complètement au commentaire de » pibert » : La survie à tout prix n’est pas une fin en soi ( concernant les greffés, j’entends ! ). Respect aux souffrants porteur de quelques organes sains qu’on va leur extirper : Les antropophages boouffaient le coeur et la cervelle de leurs ennemis tués pour leur prendre leur force, n’est-ce-pas ?
Honte aux chirurgiens qui se compromettent dans ce trafic ignoble ! Dieu reconnaitra les siens et l’enfer pourrait être éternel…
Participer au don d’organe c’est un ignoble trafic ? Le donneur devrait être rémunéré mais pas le travail du chirurgien ?
Révélations absolument bouleversantes. Nous avons donc bien affaire à un système légal de trafic d’organes. Les gens qui l’ont conçu sont des criminels. L’ADMD doit être dissoute.
Le corps humain est marchadisé , maintenant en pièces détachées .
Nous revenons au temps des médecins de la mort nazis et le drame c’est que ce sont les mêmes qui militent pour l’euthanasie qui accusent les autres d’en être. Un monde de fous.
Le problème qui se pose ici tant en termes de droit, de philosophie que de spiritualité est : le rôle de l’état est- il de protéger toute vie , sans préjudice de celle des autres, évidemment , ou bien peut- il en disposer à sa guise pour des raisons subjectives liées à des circonstances aléatoires ? C’est bien la réponse solennelle qu’entendent donner ce jour les deux Souverains des deux plus petits états du monde, le Pape Leon XIV et le Prince Albert , ( combien de divisions face aux pathétiques chefs de guerre » messianiques » du jour qui prennent le risque d’ embrasser la planète ! ) . Oui, tel est bien le défi qui s’impose aujourd’hui à tous les hommes de bonne volonté et qui rend obsolètes les vieux clivages politiques imposés à l’humanité au moins depuis la révolution française ( mais en fait depuis le péché originel ) . Ou bien dans le sillage de nos » démocraties vieillissantes » * , l’humanité se laisse sombrer dans la barbarie la plus sophistiquée de l’histoire de l’humanité, ou bien se ressaisit- elle pour défendre en priorité la Vie et dignité humaine.
Et cela doit aussi s’illustrer par l’arrêt des guerres actuelles menées de fait au nom de ce désordre mondial mortifère à tous égards, et que l’on s’efforce de masquer sous la coquille vide de » nos valeurs » .
* Jean- Paul II ( » Mémoire et Identité » , Flammarion 2005)
Churchill fut un eugéniste militant…