Editoriaux - Politique - 3 avril 2017

Races ? Non, dites : “groupes de populations”

Vendredi dernier, France Inter invitait , généticienne et anthropologue, qui y présentait l’exposition “Nous et les autres – des préjugés au racisme” qui s’ouvre au musée de l’Homme et dont Mme Heyer est la commissaire scientifique.

Mme Heyer assure que “l’exposition n’est pas moralisatrice […], on s’est mis dans une position de scientifique et non pas de donneur de leçons”. On s’attend donc à un travail rigoureux où la réalité est observée sans idée préconçue, où l’on cherche à tout voir et entendre afin de déduire des concepts, hypothèses, théories, voire des lois scientifiques.

Mais, très rapidement, on comprend que cette exposition est simplement un outil de propagande. Ainsi, Mme Heyer fonde une bonne partie de son exposition sur la conclusion de la commission des droits de l’homme, qui pourtant est un organe politique et non pas scientifique. C’est pourquoi, pour Mme Heyer, l’islamophobie n’est qu’une variante du racisme alors que le racisme anti-blanc ne peut être qualifié de racisme. De même, et toujours en se basant sur cette commission, le communautarisme serait surévalué, pour ne pas dire inexistant.

Par ailleurs, on sent comme une déception de la part de Mme Heyer, qui concède que les actes racistes sont en baisse, bien qu’elle ne fasse pas confiance à ces données. Pourtant, elle n’exprime pas la même retenue lorsqu’il est affirmé que 93 % des enfants d’immigrés se sentent français… Comme on dit, « plus c’est gros, mieux ça passe ».

Mais là où Mme Heyer finit par se discréditer totalement, c’est, tout à la fin d’émission, en déclarant que “d’un point de vue génétique, les races n’existent pas, il n’y a pas de débat là-dessus”. Cela peut sembler vrai en Amérique du Nord et en Europe de l’Ouest (et encore, cela reste partiel) mais, en Europe de l’Est et en Asie, le concept de race est accepté. En Chine, le consensus est tel que remettre en cause le concept de race est juste idéologique et non pas scientifique (Lieberman et al., 2004 : The Race Concept in Six Regions: Variation Without Consensus). Par ailleurs, Mme Heyer reconnaît elle-même cette existence dans une conférence au musée de l’Homme en juillet 2016. Toutefois, elle préfère parler de “groupes de populations” et non pas de “race” car “cela sous-entend qu’il existerait une hiérarchie entre les groupes” (sic).

Pourtant, constater qu’il existe des races ne signifie pas qu’il faille forcément hiérarchiser ces “groupes de populations” comme cela se faisait au XIXe siècle, mais permet simplement de nommer lesdits groupes. Même si la dénomination change (race, groupe de populations, subdivision d’espèce, etc.), le contenu reste, lui, inchangé. Le problème n’est donc pas d’ordre scientifique mais d’ordre politique. Par conséquent, il est aisé de comprendre que classer les êtres humains par groupe génétique est tout à fait pertinent scientifiquement, mais l’affirmer est une hérésie.

Et dire que l’Occident reste persuadé que la science et la raison ont enfin triomphé du fanatisme…

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