Editoriaux - International - 19 janvier 2019

Pologne : l’assassinat du maire de Gdańsk et l’hypocrisie des libéraux

L’assassinat du maire libéral pro-LGBT de Gdańsk Paweł Adamowicz, attaqué à l’arme blanche, le dimanche 13 janvier, sur la scène d’un concert caritatif, et décédé le lendemain des suites de ses blessures, serait, à en croire les libéraux et la gauche, la conséquence directe d’un climat de haine que le PiS ferait régner en Pologne depuis maintenant trois ans. C’est le message colporté sur les bords de la Vistule par des médias et des personnalités hostiles aux gouvernements du parti conservateur Droit et Justice et également ailleurs en Europe par l’AFP, Reuters et différents médias marqués à gauche.

À Varsovie, le maire libéral fraîchement élu, lui aussi favorable à l’endoctrinement LGBT, a tout de suite décidé d’organiser dans les écoles de la ville des cours pour apprendre aux enfants à rejeter les « discours de haine », en confiant ces ateliers à une organisation gauchiste qui se concentrera sur les thèmes chers à leur camp politique : homophobie, romophobie, capacitisme (préjugés contre les handicapés), classisme (préjugés de classes), etc. Rien, en revanche, sur la cathophobie, car les propos pouvant blesser les catholiques relèvent de la liberté d’expression. Il y aurait pourtant des choses à dire, même en Pologne, après la sortie récente d’un film qui a bénéficié d’un énorme rabattage médiatique, Kler (“Le Clergé”), et qui met en scène trois prêtres et un évêque réunissant à eux seuls tous les défauts et tous les vices possibles : pédophilie et autres déviances sexuelles, mépris pour la loi, corruption, hypocrisie, fascisme, vulgarité, alcoolisme et brutalité.

Seul geste en faveur des catholiques pratiquants en cette semaine de lutte contre le « climat de haine », la pièce de théâtre La Malédiction, du metteur en scène croate Oliver Frljić, jouée depuis bientôt deux ans au Teatr Powszechny de Varsovie, s’est vue provisoirement amputée de sa scène finale dans laquelle une actrice simulait une collecte d’argent auprès des spectateurs pour faire tuer Jarosław Kaczyński, le leader du PiS, en expliquant que c’est pour l’avenir du pays. En revanche, la scène où l’on peut voir une actrice qui se frotte les parties génitales avec une croix en bois et avec un drapeau du Vatican en émettant des sons imitant des gémissements de chien, la scène de simulation de sexe oral par la même actrice sur une figure grandeur nature de saint Jean-Paul II équipée d’un godemiché en guise de pénis, sur fond d’homélie du pape polonais, avant que cette figure ne soit accrochée à une potence et qu’on lui mette au cou une pancarte avec l’inscription « défenseur de la pédophilie », ainsi que la scène où les acteurs portant soutane crient en gémissant « Poooologne » tout en imitant un mouvement de copulation, continuent toutes d’être jouées. Le maire libéral de Varsovie n’a aucunement l’intention de lutter contre ces discours de haine-là relayés par les institutions publiques gérées par les libéraux. Les libéraux n’ont pas, non plus, l’intention d’engager une réflexion sur la radicalisation de leur propre discours contre la droite conservatrice.

Ceux qui accusent le PiS de faire régner un climat de haine depuis trois ans omettent, par ailleurs, de rappeler l’assassinat politique d’un assistant parlementaire du PiS à Łódź, en 2010, par un homme qui disait haïr Kaczyński et le PiS et que la Justice a reconnu comme étant responsable de ses actes au moment des faits alors que, dans le cas présent, on a affaire à un assassin qui était soigné pour sa schizophrénie paranoïde et dont on ne sait pas encore avec certitude ce qui l’a poussé à commettre son crime. Ils omettent encore de rappeler qu’en Allemagne, il y a aussi eu une tentative de meurtre politique contre la personne d’un député de l’AfD, Frank Magnitz, le 7 janvier dernier, et que si climat de haine politique il y a, il n’est pas forcément pire en Pologne que dans d’autres pays d’Europe.

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