Marseille : Benoît Payan nomme trente-trois adjoints, pas tous exemplaires
Les élus ont-ils un devoir d’exemplarité ? Cette question revient sur le tapis à chaque élection. Et force est de constater que la réponse est toujours la même : ils devraient être exemplaires, mais ils ne le sont pas forcément. En témoignent la composition du conseil municipal marseillais, et plus particulièrement les adjoints de Benoît Payan.
Si les deux premiers adjoints du maire du Printemps marseillais n’ont apparemment pas de casserole, il n’en est pas de même pour Samia Ghali, troisième adjointe qui bénéficie, sans que quiconque ne sache pourquoi, du titre d'adjoint au maire. Une question de rémunération, sans doute… Toujours est-il que la figure emblématique des quartiers nord qui a remporté la mairie de secteur des XVᵉ et XVIᵉ arrondissements le dimanche 22 mars a été entendue dans une affaire de procurations frauduleuses. En 2020, deux de ses colistiers, qui étaient en outre ses bras droits, Roland Cazzola et Marguerite Pasquini, ont été condamnés à de la prison avec sursis (tous deux ont fait appel) pour avoir collecté et apporté des procurations au commissariat du XVᵉ arrondissement sans que les donneurs d’ordre ne soient présents. La principale intéressée n'a pas été condamnée, mais sa proximité avec les coupables pose question. Benoît Payan ne lui en a pas tenu rigueur. À noter également, Samia Ghali a été chargée de mener la campagne d’Abdelmadjid Tebboune à Marseille, à l’occasion des dernières élections présidentielles algériennes. Un rôle qui soulève quelques interrogations quant à une possible ingérence fennec au sein de la politique phocéenne par son entremise.
Affaires en cours
Pierre Huguet est le huitième adjoint de la majorité municipale. Lors du mandat précédent, il était adjoint à l'Éducation et, dans ce cadre, il était, avec Pierre-Marie Ganozzi, seizième adjoint, responsable du Plan école. Un plan auquel la Justice s'intéresse de près. Le parquet de Marseille a ouvert une enquête consécutivement à un signalement envoyé par l’ancien préfet Georges-François Leclerc dénonçant des faits « susceptibles d’être constitutifs d’infractions à la loi pénale et notamment de délits de favoritisme ». Des soupçons de manipulations dans les marchés publics ainsi que des pressions politiques et des dissimulations sont quelques-unes des pistes étudiées dans cette affaire qui n’a pas encore été élucidée.
Juste après Pierre Huguet dans le classement des adjoints vient Hanifa Taguelmint. Cette militante antiraciste pourrait être à l’origine de fausses accusations. Le 17 février dernier, à quelques jours du premier tour des élections, elle s’est plainte à la presse d’avoir été traitée de « sale bougnoule » par des militants du Rassemblement national alors qu’elle tractait seule dans le XIIIᵉ arrondissement. Chose démentie très vite par le RN qui a fait savoir qu’à l’heure dite, tous les militants de Franck Allisio étaient auprès de lui, en meeting, à l’autre bout de la ville. Depuis, plus personne n’a entendu parler de cette affaire. Plus étonnant : alors que, s’ils sont avérés, les faits sont graves, la principale intéressée n’a pas déposé plainte. Bizarre…
Mauvaises fréquentations
Le vingt-quatrième adjoint de Benoît Payan est un dénommé Hassan Guenfici. Comme Samia Ghali, il est proche du régime algérien. Il est président du Forum franco-algérien et semble considérer que ce titre l’autorise à glorifier l’Algérie et à cracher sur la France. Selon lui, les Français seraient, entre autres, coupables de « réflexes condescendants » vis-à-vis du peuple algérien. Hassan Guenfici est également connu pour avoir été proche de Dieudonné et d’Alain Soral, à l’époque où il était suppléant de Salim Laïbi, un blogueur conspirationniste, à l’occasion des législatives de 2012. Que du beau monde !
Comble de l’ironie, le dimanche 28 mars, juste après avoir été investi, Benoît Payan a fait signer une charte déontologique à ses adjoints. Elle se découpe en 15 points et vise à « restaurer la confiance des citoyens envers leurs élus ». Au menu : la lutte contre les conflits d’intérêts et une tolérance zéro vis-à-vis des manquements à la probité. Deux sujets qui pourraient concerner directement l’édile. Benoît Payan donne des leçons d'exemplarité alors même qu’il est impliqué dans deux affaires judiciaires, l’une sur fond de prise illégale d’intérêts, l’autre de délits de favoritisme. Il est présumé innocent, mais contribue-t-il à « restaurer la confiance des citoyens » ?
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29 commentaires
Il n’y a que les naïfs pour croire que les élections se sont déroulées sans bourrage des urnes.
Et puis, comment se fait-il que le vote ne soit pas modernisé, avec un vote électronique ?
J’habite une commune de 23.000 habitants et cela fait plus de dix ans que le vote électronique y est usité.
Les marsaillais ont élu la mafia …bonne chance. Heureusement on n’est pas obligé de passer par marseilles pour aller en italie etc…
Monsieur Payan devrait se méfier…il reste à la merci d’un raid de moralisation de Macron, Nuñez et cie ! On peut toujours rêver, non ?
Il faut bien remercier les copains, qu’ils soient « coquins » ou non. C’est humain, n«est-ce pas Monsieur Payan.
A Marseille tout est permis !!
Procurations frauduleuses, le sport des pourris. On comprend pourquoi Darmanin a rendu les procuration incontrôlables. Les EPHAD, remplis Alzheimer, ont voté à 100% !
il y a 30 ans une amie enseignante Communiste me disait qu’il fallait interdire de faire voter les personnes en maison de retraite tenue en ce temps la par des soeurs car elles votaient toutes à droite