[LIVRE] Les catholiques peuvent-ils s’opposer à l’accueil des migrants ?

Charlotte d'Ornellas débat avec un évêque !
Capture d'écran YT Collège des Bernardins
Capture d'écran YT Collège des Bernardins

Peut-on être catholique et souhaiter une politique migratoire contrôlée ? Les catholiques doivent-ils, comme y invitait le pape François, dénoncer « une culture du rejet » et une « mondialisation de l’indifférence » ? Quelle frontière entre la charité personnelle et le bien supérieur d’une nation ? Comment conjuguer secours immédiat et responsabilité politique ? Autant de questions et de débats passionnants dans Jusqu’où peut-on accueillir les migrants, un livre paru aux Éditions Desclée de Brouwer. Il est la retranscription d’un débat organisé aux Bernardins à Paris, il y a un an, entre Monseigneur Olivier Leborgne et Charlotte d’Ornellas. Le premier, évêque d’Arras (Pas-de-Calais), parle avec expérience d’un sujet brûlant dans son diocèse. La seconde, journaliste au JDD, ne fait pas mystère de sa foi chevillée au corps et de sa pratique religieuse régulière.

Celle qui fit ses armes chez Boulevard Voltaire est connue pour son franc-parler, ses convictions solidement ancrées et une capacité (en voie de disparition) à dialoguer, arguments contre arguments, dans le respect et l’écoute. Sur les sujets migratoires, les catholiques sont souvent désorientés. Ces dernières années, les propos du pape François ont heurté nombre d’entre eux, d’autant que s’ajoutent régulièrement les prises de position d’une partie de l’épiscopat rapidement prompt à intervenir dans le débat public afin de s’opposer aux « idées d’extrême droite ».

« L'exil intérieur »

Charlotte d’Ornellas se fait le brillant avocat des catholiques inquiets d’une immigration qui a changé de visage. « On dit souvent que l’immigration a toujours fait partie de l’histoire de l’humanité, ce qui est vrai. Mais le changement des dernières années, c’est le nombre », explique la chroniqueuse de Face à l’info, sur CNews, qui ajoute, plus loin : « Désormais, la majorité des étrangers qui arrivent en France sont extra-européens, issus de civilisations extrêmement différentes. » Monseigneur Leborgne, qui lui répond, assure « comprendre cette inquiétude. Mais la comprendre ne signifie pas y céder en tout. »

Ce petit livre est précieux car il synthétise un argumentaire simple et de bon sens pour les catholiques accusés de renier leur foi quand ils dénoncent les politiques migratoires dérégulées actuelles. « Il y a un exil dont personne ne parle jamais, dans la politique d’immigration, c’est l’exil intérieur. » Charlotte d’Ornellas est claire, concise, dans un ton ferme, mais sans prétention, sur le fond et bienveillant sur la forme. On ne lira pas forcément cet opus pour la puissance des propos de l’évêque d’Arras, qui sont assez décevants et rassemblent souvent beaucoup de poncifs et de mièvreries sur « l’accueil de l’Autre » et sur « l’Europe chrétienne [qui] n’est pas une Europe repliée sur elle-même ». Ils permettent néanmoins à celle qui cite sainte Jeanne d’Arc comme « figure de [s]a vie » et « [s]on modèle de vertu » de prouver que l’on peut être un chrétien opposé de manière équilibrée et argumentée à la folie migratoire de notre temps.

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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

68 commentaires

  1. Bien évidemment, moi, catho, je m’oppose à l’émigration d’une population massive en France qui n’aboutirait qu’à une guerre civile. Jésus a dit qu’on devait être attentif à son prochain, celui que chacun rencontre sur son chemin. Cela n’a aucun rapport avec une population entière.
    D’autre part, accueillir l’étranger, c’est l’héberger pour l’aider ensuite à rentrer chez lui. On est loin de la politique de gauche de la France qui engendre tous les désordres.

  2. On oublie une chose : le droit du sol. Les conditions sont très diverses selon les pays, et trèèès souvent bien plus drastiques qu’en France. Voire inexistant, en Suisse par ex. Voir aussi Italie, et Luxembourg, Inde, etc …

  3. Les catholiques sont comme tous ceux qui voient la réalité. A moins d’être « neuneus », ils ont droit à avoir leur opinion sur la question et ils ne s’en privent pas. Une chose est claire, on ne peut pas accueillir toute la misère du monde qu’elle soit réelle ou fictive. C’est une question de survie.

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