, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur, déclare avec assurance, lors d’une conférence de presse juste avant le G7 : « L’état moral des forces de police et de gendarmerie est excellent. »

Propos surréalistes, quand on sait que la famille que forme la police nationale ne déplore, cette année, pas moins de 47 suicides. Le dernier remontant à quelques jours seulement : Sandra Ferreira, une policière de 27 ans, a mis fin à ses jours avec son arme de service.

Tout récemment, à Clermont-Ferrand, un homme a menacé de mort nominativement 80 membres des forces de l’ordre. Glanant sur les réseaux sociaux des informations privées (noms, numéros de téléphone et adresses), le suspect avait déjà été condamné pour une affaire de vol avec sursis.

Il ne serait pas étonnant que la hiérarchie demande aux policiers d’être encore plus discrets sur les réseaux sociaux. Et à la suite des attentats de 2015, les militaires avaient interdiction de sortir de leur caserne en tenue au retour du service.

Cette actualité est assez révélatrice de la pression permanente subie par les forces de l’ordre. Pour Michel Thooris, officier de police judiciaire, interrogé par Boulevard Voltaire, « les forces de l’ordre sont pressées comme des citrons, par la délinquance mais aussi par le gouvernement qui n’hésite pas à les surmener ».

Pour ce responsable syndical, les forces de l’ordre sont mises à rude épreuve. « D’un côté, le gouvernement a utilisé les forces de police de façon abusive contre des manifestants du mouvement des gilets jaunes, de l’autre côté, on nous dit de faire profil bas dans certains quartiers, et de laisser agir en toute impunité les dealers qui instaurent leur propre loi », constate avec amertume le secrétaire général du syndicat France Police.

De nombreuses vidéos tournent en effet sur les réseaux sociaux, parfois filmées par les auteurs qui commettent les délits d’injure contre ces représentants de la loi. Au mois de mai, à Saint-Germain, une patrouille de policier est violemment raillée. « Walah, t’es bonne, t’es en stage petit PD, walah j’te baise », répète plusieurs fois avec vigueur l’auteur de la vidéo devant la patrouille qui reste mutique.

Contenant de l’homophobie, du sexisme, de la violence verbale contre les forces de l’ordre, ces propos n’ont pourtant suscité aucune indignation de la part de la classe politique, d’habitude si prompte à jeter des anathèmes.

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