L’affaire Benalla et la fin de la politique « peace and love »

La politique ne peut se laisser enfermer dans les bons sentiments et le pacifisme, sans quoi des mains bien plus lourdes que celles de Benalla s'abattront sur nos nuques.

Lorsque l'on ne se revendique pas de la Macronie, frapper sur le frappeur - Alexandre Benalla, en l'occurrence - relève du réflexe naturel, presque pavlovien, de surcroît lorsque le président de la République entend rompre avec les mauvaises habitudes des quinquennats précédents.

Bien sûr, il y a scandale d'État lorsque l'on compare le traitement réservé à Pierre de Villiers, coupable d'avoir voulu maintenir la France sur des standards élevés en termes d'honneur et débarqué sur une simple humeur présidentielle, et celui octroyé au nouveau voyou numéro un de la politique française, protégé puis poussé timidement vers la sortie par ce même Président jupitérien.

Pour autant, la politique a toujours été violence - cette façon de faire la guerre par d'autres moyens, pour paraphraser Clausewitz. Que l'on songe aux mœurs de la Troisième République, aux duels qui ont émaillé l'Histoire - notamment entre Clemenceau et Deroulède -, aux assassinats et tentatives d’assassinat quelquefois, aux coups de crosse et aux bourre-pifs. Rien de glorieux, certes, mais l'Histoire en marche.

Sous le général de Gaulle, le Service d'action civique faisait le ménage, sans compassion ni états d'âme. Les barbouzes, sublimés par la littérature et le cinéma – que l’on repense à Lino Ventura, Bernard Blier et à la sublime Mireille Darc -, accomplissaient les basses besognes, dans l'ombre pour que la France ne s'en indignât pas.

C'était une autre époque, celle des affrontements d'idées entre une droite et une gauche bien définies sur l'échiquier partisan, avant que le conflit ne s'atténue et ne disparaisse pour laisser place à l'unanimisme, les "extrêmes" n'ayant plus droit à la parole. C'était une époque de conflits internationaux aussi, où l'on n'était jamais vraiment certain du monde qui surgirait le lendemain ou le surlendemain.

Une question se pose, aujourd’hui : faut-il s'indigner de la fin de la politique "peace and love" alors que l'époque est violente - malgré nous - et que la France - l'Occident - entre à nouveau en période de turbulences, allant des émeutes orchestrées par les sauvageons aux attentats islamistes ?

S'il faut condamner l'attitude d'Alexandre Benalla, parce qu'elle relève de la voyoucratie permise par les politiques laxistes en place depuis trente ans davantage que du sens de l’État, ne nous trompons pas de sujet, ni de cible : la politique ne peut se laisser enfermer dans les bons sentiments et le pacifisme, sans quoi des mains bien plus lourdes que celles de Benalla s'abattront sur nos nuques.

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Gregory Vanden Bruel
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