[HISTOIRE] 20 janvier 1946 : de Gaulle démissionne. Et Macron ?
La stabilité d’un régime républicain dépend souvent de l’équilibre entre l’exécutif et le Parlement. Cette dynamique s’est cristallisée à des moments décisifs de notre Histoire, notamment lors de la démission du général Charles de Gaulle, le 20 janvier 1946. Dans un pays encore meurtri par la guerre, l’homme du 18 juin avait compris que, sans majorité claire et durable, sans l’appui manifeste du peuple exprimé à travers les urnes, nul ne pouvait gouverner efficacement la France. 80 ans plus tard, ce constat n’a guère changé. Notre pays, toujours malmené par le jeu des partis et des alliances éphémères, traverse une situation institutionnelle chaotique, provoquée par la dissolution décidée par Emmanuel Macron. Le président de la République n’apporte aucune solution durable. Il reste en place malgré de nombreux appels à la démission, sans suivre l’exemple du général de Gaulle, qui avait préféré sacrifier son pouvoir à l’intérêt supérieur de la nation.
Un départ mûrement réfléchi
Le 20 janvier 1946, le général Charles de Gaulle remettait sa démission de chef du Gouvernement provisoire de la République française, un geste qui surprit alors une partie du pays mais qui, rétrospectivement, apparaît comme l’aboutissement d’une réflexion lucide, responsable et longuement mûrie. En effet, dans les semaines précédant son départ, de Gaulle avait confié à plusieurs de ses collaborateurs, notamment au socialiste Léon Blum, sa conviction profonde : il ne pouvait gouverner seul dans un paysage politique dominé par les partis. Des partis qui compromettaient, selon lui, la capacité de l’exécutif à agir avec cohérence, fermeté et surtout efficacité.
Il déclarait ainsi, en octobre 1945, que « dans la vie politique, nul ne saurait gouverner en dépit de tout le monde », doutant que les forces partisanes issues des récentes élections puissent lui offrir la majorité nécessaire pour conduire les affaires du pays comme il l’estimait indispensable. Les élections d’octobre 1945 avaient donné naissance à une Assemblée constituante profondément fragmentée, dominée par le Parti communiste français, la SFIO et le Mouvement républicain populaire : le jeu des alliances mouvantes, des compromis permanents et des luttes d’influence paralysait l’action gouvernementale.
De Gaulle défendait alors une conception forte de l’exécutif mais, constatant que l’Assemblée refusait de lui fournir une base majoritaire solide, qu'elle allait l’obliger à se soumettre aux pressions partisanes plutôt qu’aux nécessités de l’intérêt national, il estima qu’il n’avait plus la capacité de gouverner la France.
Renoncer au pouvoir et à l’idée d’une dictature
Le matin du 20 janvier 1946, dans la salle des Armures du ministère de la Défense, il annonça officiellement, dans son uniforme impeccable, au Conseil des ministres réuni, sa décision de démissionner. Il justifia son choix par ces mots lourds de sens : « Le régime exclusif des partis a reparu. Je le réprouve. Mais, à moins d’établir par la force une dictature dont je ne veux pas et qui, sans doute, tournerait mal, je n’ai pas les moyens d’empêcher cette expérience. Il me faut donc me retirer. »
Par ces paroles, de Gaulle montrait alors qu’il préférait le retrait à l’autoritarisme, la fidélité à ses principes à la tentation du pouvoir à tout prix. Il quitta immédiatement Paris pour le pavillon de Marly-le-Roi, que le Général a loué pour quelques mois et où il a commencé à rédiger ses mémoires, entre autres. Désormais, en retrait volontaire de la vie politique, de Gaulle observa la naissance de la IVe République, qu’il critiqua vivement pour son incapacité à surmonter son instabilité chronique liée à des majorités parlementaires fragiles.
Ce problème, il le résoudra, avec bien d’autres faiblesses institutionnelles, lorsqu’en 1958, rappelé par la nation, il fondera la Ve République, un régime taillé à sa mesure pour garantir un exécutif fort, mais légitime, lorsqu’il est soutenu par la volonté populaire exprimée par ses représentants.
L’impasse Macron
Aujourd’hui, la France replonge par certains aspects dans les affres politiques de 1946 et de la IVe République.
Face à ce constat, plutôt que de reconnaître l’impasse institutionnelle dans laquelle il a lui-même entraîné le pays, Emmanuel Macron a systématiquement refusé de renoncer à ses fonctions, malgré les appels répétés à sa démission. Alors que certains de ses anciens Premiers ministres et proches collaborateurs prennent leurs distances, le Président persiste, s’entête. Là où de Gaulle avait choisi la responsabilité, Macron choisit l’obstination. Au lieu d’emprunter la voie du courage politique, il s’accroche.
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65 commentaires
Comparaison oiseuse…
Pas tout à fait le « même tabac »!
Comment demander à un « homme » sans honneur d’agir honorablement.
Eh oui le général De Gaulle était un homme, un vrai. Avec sa dignité, sa fierté et ses convictions. Bref en attendant il faut faire avec un guignol manipulateur et menteur. Vivement 2027…
Ouais. Nous sommes encore bien capables d’envoyer un guignol à l’Elysée…
« C’est pas faux »…
Il est regrettable que l’histoire permette de comparer un véritable chef d’état, à un petit comédien de troisième zone.
le General de Gaulle etait un grand monsieur ..l’autre…..nefaste et dangereux pour notre France
Le Général de Gaulle avait à cœur la gloire de la France, sa réussite par le progrès. Macron ne voit que son égo à satisfaire par la déconstruction de la France pour le plus grand plaisir d’Ursula. L’un était un grand patriote qui a participé activement à la libération de la France. L’autre est le collaborateur des déconstructeurs étrangers. Le jour et la nuit.
L’honneur commande parfois de se retirer .
Encore faut-il avoir le sens de l’honneur.
N’est pas De Gaulle qui veut….
C’est insultant pour le Général qu’il soit comparé à ce petit monsieur sans panache ni dignité
Entièrement d’accord avec votre réflexion que je partage .
Bons sang de bois ! Où voyez vous une comparaison entre les personnes ? Monsieur Mascureau nous présente précisément un CONTRASTE absolu entre deux hommes que tout oppose placés face à des situations politiques que rapprochent non les évènements mais les impossibilité de gouverner dans un régime laissé à la merci des partis.
De Gaulle était un homme de Devoirs au service d’une certaine conception de la France. Macron est un homme de Pouvoir au service de sa carrière.
Et au service de CEUX qui l’ont hissé là où il s trouve! Cherchez! C’est l’argent et ceux qui le manipulent qui mènent le monde. La grande FINANCE…
Là où DE GAULLE avait un idéal pour la FRANCE et la représentait, MACRON est Narcisse qui se croit aimé de tous français qui l’admirent comme il s’aime lui même, vraiment un pauvre garçon, nuisible tout au loin de sa présidence
Macron ? chaussé de ses lunettes de pilote dit « vous êtes tous des cons, je fais ce que je veux et je vous emmerde »
Exactement ça.
S’obstiner après tant de fautes majeures contre la France, c’est diabolique, dit le bon sens populaire.
D.Trump, qui ne passe pas une journée sans se moquer de macron… et des franchouillards qui l’ont fait élire- a déclaré hier que macron ne SERAIT plus président dans deux mois.
Prémonition? Information avancé ? ou vœu personnel du Président des USA qui vient s’ajouter à ceux de 87% des Français?
2 hommes diamétralement incomparables. Le 1er empreint d’honneur et d’honnêteté, le second un minable opportuniste