[ÉDITO] Valérie Hayer : encore un peu et on aura droit aux « douze balles dans la peau » !

Charge virulente de V. Hayer contre V. Orbán mais aussi contre tous les souverainistes, assimilés à des traîtres.
Capture d'écran X
Capture d'écran X

La dernière charge de la très européiste Valérie Hayer est d’une violence inouïe : « Il est temps de pointer du doigt ceux qui se disent ici "patriotes" ou "souverainistes" mais qui roulent en vérité pour Trump, pour Poutine ou pour Xi Jinping. On les connaît ! » C’était ce mercredi 25 mars à Bruxelles. La présidente du groupe Renew au Parlement européen y va carrément : « La presse le révèle chaque jour : c’est l’AfD, le Rassemblement national, le Fidesz, Vox, Chega ou encore le PVV. Ils siègent à ESN, à l’ECR et chez les soi-disant Patriotes. »

 

Pas loin de deux cents députés, tout de même (187 exactement à ce jour, selon le site du Parlement européen), sur les 720 députés européens, ce qui fait, somme toute, pas mal de monde à coller au poteau. Notamment, Sarah Knafo, membre du groupe ESN (L'Europe des nations souveraines), Marion Maréchal et les trois autres députés d’Identité-Libertés, siégeant dans le groupe ECR (Conservateurs et Réformistes européens) avec Fratelli d’Italia, le parti de Giorgia Meloni, et, bien sûr, les députés du Rassemblement national, siégeant dans le groupe Patriotes pour l’Europe avec leurs collègues de la Ligue de Matteo Salvini et du Fidesz hongrois, le parti de Viktor Orbán.

La Mayennaise monte en sauce

Du monde à coller au poteau, parce que – allons tout de suite à la conclusion de cette philippique – tous ces gens ne sont qu’un ramassis de traîtres à l’Europe. Ce n'est pas dit ainsi, mais c'est l'idée. En effet, « la vérité, affirme Valérie Hayer, c’est que ces partis ne défendent pas leur pays. Ils ne défendent pas leur peuple. Ils défendent des intérêts étrangers en affaiblissant l’Europe. » On aurait aimé la même combativité lorsqu’il s’agissait de s’opposer à la signature du traité avec les pays du Mercosur… Et la Mayennaise monte encore en sauce : « Et je le rappelle au passage : de tels agissements dans nos États membres seraient passibles de condamnation pour haute trahison, d’intelligence avec l’ennemi ou d’atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation. » Bref, « douze balles dans la peau », comme disait le général de Gaulle refusant la grâce d’un collabo.

Des mots opportunément bien choisis au moment où Péter Szijjártó, le ministre des Affaires étrangères hongrois, est accusé d’avoir transmis à de nombreuses reprises à Sergueï Lavrov, son homologue russe, durant les pauses ponctuant les réunions des ministres européens à Bruxelles (il aurait donc été écouté…), des informations sur la teneur des discussions tenues et décisions prises au cours de ces réunions. Information tombant opportunément, à quelques jours des élections législatives en Hongrie (12 avril). Si cette information est avérée (pour Valérie Hayer, ça ne fait pas de doute, évidemment, puisque c’est dans le journal…), est-ce pour autant qu’il faudrait mettre dans la même charrette tous les souverainistes, comme le fait Hayer dans son discours « amalgamique » ?

Ce besoin d'avoir un ennemi

« Intelligence avec l’ennemi », donc. Cela signifie qu’il y a un ennemi et que, conséquemment, l’Union européenne est en guerre. Première nouvelle. La dernière fois, c’était contre le Covid-19, si l’on a bien suivi. Alors, que signifient ces « accusations hors sol », ce « brouet dérisoire », pour reprendre les mots de Philippe Olivier, à qui nous avons demandé de réagir à ces propos ? Pour le député RN au Parlement européen, ce que veulent les européistes, c’est « créer une conscience nationale européenne ». Pour cela, « il n’y a rien de tel que de s’inventer un ennemi. Ce sont les guerres qui créent les consciences nationales. » Faire ce constat, précise cependant Philippe Olivier, « n'exonère évidemment pas la Russie de ses torts ».

En fait, Valérie Hayer et son groupe Renew ont en travers de la gorge le veto que le Premier ministre hongrois a opposé, la semaine dernière, lors du dernier Conseil européen, au prêt de 90 milliards à l’Ukraine. Orbán, son truc à lui, c’est la défense en premier lieu de ce qui lui semble être les intérêts de son pays. C’est pourquoi, à quelques semaines d’élections législatives qui ne sont pas gagnées pour lui - usure du pouvoir aidant, sans doute -, Orbán a conditionné son accord à ce prêt à la reprise des livraisons de pétrole russe par l’oléoduc Droujba passant par l’Ukraine.

« Ach, Sabotage ! »

Aussi, pour Valérie Hayer, Orbán « organise un véritable sabotage de l’unité européenne… un sabotage qui profite à Vladimir Poutine et uniquement à Vladimir Poutine ». Ach, Sabotage ! Il est fort possible que les prises de position d'Orbán profitent à Poutine. Il est fort possible, aussi, qu’Orbán voit d’abord les intérêts de son pays avant ceux de l’Union européenne. Il n’est pas le seul, à l’exception, trop souvent, de la France ! Mais en écoutant Hayer, on comprend bien que sa vision de l’Union européenne est celle, non pas d’une association de nations souveraines et consentantes, mais d’une caserne où l’on ne devrait voir qu’une tête, pire, peut-être, d’une Église avec ses dogmes et ses vérités révélées.

En effet, comme elle le dit elle-même, Orbán ne sabote pas l’Union européenne – il est dans son droit le plus strict, au regard des traités européens et de ce fameux État de droit, lorsqu’il oppose son veto – mais il sabote « l’unité européenne ». Ce qui, quelque part, est pire car cela relève de la faute contre l’esprit, de l'hérésie. Et, donc ? Et, donc, il faut régler ça : « le problème de l’unanimité », affirme Valérie Hayer. Nous y voilà. « Cette règle nous paralyse, elle nous affaiblit mais, pire encore, elle expose l’Europe à toutes les influences extérieures », déclare la macroniste. En clair, c’est le projet fédéraliste, cœur originel du réacteur macroniste, qui doit s’imposer, que ça plaise ou que ça ne plaise pas.

Picture of Georges Michel
Georges Michel
Journaliste, éditorialiste à BV, colonel (ER)

Vos commentaires

146 commentaires

  1. Rappel: cette dame est agricultrice parait il, vue sa défense du Mercosur, il semble qu’elle n’a pas tout compris, malheureusement concernant les intérêts vitaux de notre pays en contradiction avec son militantisme européen forcené prouve qu’elle ne comprends rien à rien

  2. Une chose est claire pour les macronistes et affiliés, la France ne représente rien, juste un volume humain que l’on peut taxer jusqu’à être exsangue pour financer une idéologie digne d’une oligarchie dictatoriale.

  3. A Georges Michel : Bravo et merci, avec un bémol.
    Bravo et merci pour tout ce qui est factuel, clair et net dans votre article.
    Le bémol important à propos de cette phrase : « en écoutant Hayer, on comprend bien que sa vision de l’Union européenne est celle, non pas d’une association de nations souveraines et consentantes, mais d’une caserne où l’on ne devrait voir qu’une tête, pire, peut-être, d’une Église avec ses dogmes et ses vérités révélées. »
    => Si c’est Hayer qui parle, je regrette qu’elle ait cette vision caricaturale de l’Eglise (catholique). J’espère que ce n’est pas votre vision !

  4. otez moi d’un doute, renew n’est ce la marque de véhicule d’occasions de chez Renault, est ce à dire que les eurodéputés de renaissance qui siègent sous le nom de renew sont des députés d’occasion ? qaund à cette dame elle ne dit rien non plus sur le fait qu trump a suspendu l’embargo sur le pétrole russe jusqu’au 11 avril, mais que l’UE n’a pas fait de même et laisse les citoyens dans la panade, quand à parler d’intelligence avec l’ennemi, on voit tous ces « accords » profitant à l’Allemagne, mercosur, l’australie, le japon tout ça au détriment des activités françaises notemment l’agriculture, elle doit oublier qu’elle n’est là que parce que tous les autres « pontes  » de renaissance n’ont pas oser y aller et assumer la claque prise en 2024.

    • HAYER DU 27 A CEPACLAIR 11H22 Toit juste ! On peut considérer ces eurodéputés comme étant d’occasion et en mauvais état ! Cette Hayer est complètement hors sol, comme tous les européistes forcenés. Elle n’en a rien à foutre de la France, de ses Français et de ses agriculteurs.

  5. Un « prêt » qui servira à acheter des équipements militaires américains selon le délicieux accord signé pat Mme Ursula Van der Leyen avec M. Trump. Mme Valérie Hayer, l’Europe ne construit pas comme cela et qu’avez-vous fait depuis 10 ans pour avancer sur une harmonisation fiscale et des objectifs sociaux partagés : RIEN.
    Une Europe unie c’est d’abord une Europe dont chacun se sent citoyen, pas une institution à recaser d’ex responsables politiques comme cela se pratique trop souvent en France avec votre bénédiction. « Renew », n’est-ce pas le nom sous lequel Renault recase ses véhicules d’occasion reconditionnés ?

  6. Les europeistes sont dans le camp du bien. Les autres sont des ennemis du peuple donc passibles du poteau. Ce discours va s amplifier proportionellement au nombre de patriotes . Les europeistes sentent qu ils perdent la bataille des idees. Cela les rend fous furieux.

  7. Je reprends :
     » En effet, « la vérité, affirme Valérie Hayer, c’est que ces partis ne défendent pas leur pays. Ils ne défendent pas leur peuple. Ils défendent des intérêts étrangers en affaiblissant l’Europe. » « .
    Heuuu pardon ! Que fait Van der layen avec ses Mercosurs australien et brésilien ? Cette incontiente ne défend certainement pas les agriculteurs Français…

    • ce n’est pas évident pour moi. Le seul scandale lié à ce projet serait d’accepter d’importer des produits agricoles ne répondant pas aux normes de production que nous imposons à nos agriculteurs. Par ailleurs, mais c’est un autre sujet, les agriculteurs vivent depuis plus de 50 ans un plan social à bas bruit qui a fait des ravages dans leurs rangs. Et il faut s’occuper de protéger ceux qui nous nourrissent bien.

  8. Le niveau de ces politiciens est affligeant, je me demande quelle place ils auraient dans une entreprise, c’est d’ailleurs pour ça qu’ils sont en politique, je regardais Vincent Bolloré interrogé par des député es franchement ils ou plutôt elles étaient pitoyables, quelle différence de niveau, on n’en voudrais pas en entreprise. Valerie Hayer on l’a déjà vue à l’œuvre je la trouvais déjà médiocre, ça ne s’est pas amélioré et pourtant elle est députée européenne, elle doit avoir un master de droit, ce n’est un master facile pourtant mais alors que leur manque t-il ? comme quoi c’est à la portée de beaucoup de gens

  9. Madame , tenir pareil discours n’est pas à votre honneur .Vous avez perdu votre sens critique . Pas grave Ursula van der Leyen a retrouvé partiellement le sien en reconnaissant l’erreur stratégique à l’encontre du nucléaire . Cela ne l’empêche nullement de mettre son nez dans nos affaires au sujet de la construction des centrales nouvelle génération.
    Madame faite un effort et retrouvez le chemin de l’intelligence .

Laisser un commentaire

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

⇨ Tous les vendredis de 17h30 à 19h30
avec Marc Baudriller et Boulevard Voltaire ⇦

Raphaël Arnault est à la violence ce qu’Andy Kerbrat est à la drogue

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois