Editoriaux - Histoire - 16 septembre 2017

Qui écrit l’Histoire ? Facile, c’est Fernand Nathan !

Dans son manuel Questionner l’Histoire, les Éditions Nathan légendent comme ceci une illustration montrant des hommes armés : “Vitrail montant (sic) l’arrivée de migrants en Gaule au Ve siècle.”

Passons rapidement sur la faute d’orthographe (l’auteur voulait sûrement dire “montrant”) pour nous attarder sur le choix des mots. Dans une de ses lettres, saint Jérome dit : “Des nations innombrables et féroces se sont rendues maîtresses de la Gaule. Tout le territoire compris entre les Alpes et les Pyrénées, l’Océan et le Rhin a été dévasté par les Quades, les Vandales, les Sarmates, les Alains, les Gépides, les Hérules, les Saxons, les Burgondes, les Alamans, les Pannoniens…” Il décrit donc ce que nous appelions communément, jusqu’alors, les invasions barbares et qu’ici, les auteurs du manuel ont préféré appeler “arrivée de migrants”
Pour le moment, personne ne doute du fait que ces invasions aient été accompagnées de massacres divers et variés, pillages et autres cruautés. Deux possibilités s’ouvrent alors.

Dans la première hypothèse, celui qui a rédigé cette description de vitrail est un malhonnête, il cherche à minimiser ce que furent les invasions barbares. Ce serait, bien entendu, absurde au regard de toutes les sources historiques qui montrent bien que ce fut un épisode dramatique. 

Dans la seconde hypothèse, celui qui a rédigé la description considère simplement qu’une arrivée de migrants veut dire massacres, pillages, vols et viols… Il est donc de bonne foi. C’est une hypothèse crédible et, par respect pour cet homme que des esprits malintentionnés à son égard pourraient juger trop rapidement, c’est celle que nous retiendrons. 

Tirons-en quelques conséquences. Pour que ce manuel ait été édité, surtout chez Nathan – qui fournit sans doute le plus de salles de classe en France -, il a sûrement été lu et relu, vérifié et validé avant d’être diffusé. C’est donc que les autorités qui l’ont supervisé acceptent qu’on puisse intervertir l’expression “invasion barbare et son lot d’horreurs” et “arrivée de migrants”. Si cela fonctionne dans un sens, cela fonctionne dans l’autre. Nous pouvons donc logiquement, nous aussi, choisir de remplacer désormais chaque “arrivée de migrants” par “invasion barbare”

Dans ce même manuel, nous pouvons voir une photo montrant des jeunes se prenant en photo avec Omar Sy. Là, il nous est expliqué que la France connaît d’importantes migrations depuis la préhistoire. Il est ajouté que la population continue d’évoluer avec des migrants venant notamment d’Afrique et d’Asie, et une petite phrase est ajoutée : “Eux-mêmes ou leurs enfants sont français.”
 
Quel dommage que, par distraction, l’auteur soit tombé dans un ignoble processus de colonisation en obligeant les migrants ou leurs enfants à devenir français. Heureusement, ce n’est sûrement qu’une étourderie, laissons-lui le temps d’apporter une correction salutaire dans la réédition : la naturalisation n’est, bien sûr, pas automatique.

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