Dolce & Gabbana, raciste pour n’avoir fait défiler que des mannequins blancs ?
Voilà la marque Dolce & Gabbana accusée de racisme pour n’avoir fait défiler que des hommes blancs, le samedi 17 janvier dernier, lors de la Fashion Week de Milan. Cette collection masculine automne-hiver 2026, c’est « 50 nuances de blanc ,» dénonce l’influenceur Lyas. Le journaliste de mode français Matthieu Bobard Deliere trouve ce manque de mixité « grotesque, ridicule et scandaleux », en rappelant le titre du défilé : « Le portrait de l’Homme ». Mais au fond, ce qui embête ces influenceurs et commentateurs, n’est-ce pas plutôt le fait que la marque ne soit jamais rentrée dans le rang du wokisme, ne se soit jamais conformée aux diktats de ce milieu porte-étendard du progressisme ?
Dolce & Gabbana, cette marque qui ne veut pas rentrer dans le rang
« Des années de racisme, de sexisme, de sectarisme, de xénophobie… Comment pouvons-nous être encore choqués ? », interroge le mannequin Bella Hadid, rapporte BFM. C’est bien là le problème : depuis des années, la marque italienne fait figure d’exception dans l’univers de la mode et véhicule une image presque réac. En 2015, les créateurs s’étaient dit opposés à l’adoption d’enfants par des couples homosexuels, affirmant que « la seule famille est la famille traditionnelle » ; ce qui leur avait valu une avalanche de critiques, tant il n’est pas bon d’aller contre l’idéologie prétendument progressiste du monde de la mode et du show-biz. D’autant que la tradition fait partie de l’ADN de leur marque, comme le montrent certaines de leurs campagnes de publicité mettant en scène plusieurs générations de familles italiennes. Le défilé de cet été au château Saint-Ange mettant en valeur le patrimoine culturel et artistique de Rome et du catholicisme avait, lui aussi, fait couler beaucoup d’encre et avait eu le mérite de rappeler la grandeur d’une culture qu’il n’est plus à la mode de célébrer.
Voir cette publication sur Instagram
Une publication partagée par Matthieu Bobard Deliere (@matthieubobarddeliere)
Est-il raciste de ne faire défiler que des hommes blancs ? C’est en tout cas ce que veulent croire de nombreux commentateurs et influenceurs mode. La réalité n’est-elle pas plutôt que la marque dérange parce qu’elle ne suit pas le mouvement ? Parce qu’elle reste un électron libre dans ce monde qui s’est toujours vu comme le navire amiral de la diversité, du multiculturalisme, du wokisme et des causes LGBTQIA+ ? Parce que si la marque n’a fait défiler que des mannequins blancs, elle a aussi choisi de les habiller avec des vêtements sortis du dressing traditionnellement masculin et de ne présenter que des hommes particulièrement virils, comme s’en insurge le journaliste de mode Matthieu Bobard Deliere, sur Instagram : « Il n’y avait même qu’une seule vision de l’homme c’est-à-dire l’homme blanc, masculin, musclé, quasiment tout le temps avec une barbe ou en tout cas avec un visage hyper masculin, souvent avec une jawline [contour de la mâchoire, NDLR] hyper prononcée. » D’ailleurs, un internaute ironise, sur X : « La génération Z ne sera pas contente : Dolce & Gabbana annonce le retour de l’esthétique du mâle alpha. Adieu, fluidité de genre. Le nouveau venu sur les podiums milanais est résolument, voire fièrement, masculin. » La vérité, c’est que la marque dérange parce qu’elle refuse de hurler avec les loups.
Gen Z won’t be happy; Dolce & Gabbana says the alpha-male aesthetic is back
Goodbye, gender fluidity. The new guy on the Milan catwalk is unashamedly, swaggeringly masculine#milanfashionweek #weshowyouhow pic.twitter.com/VGPe1aG88Y
— Men Style Fashion (@menstylefashion) January 17, 2026
Les deux poids deux mesures du racisme
« Les personnes qui paraissent choquées continuent de soutenir cette marque et c’est embarrassant. Les mannequins, les stylistes, le casting, tout ce fichu truc a été boycotté », s’est aussi insurgée Bella Hadid. Aura-t-elle des mots aussi durs envers Michelle Obama, qui n’hésite pas à expliquer, dans une vidéo réalisée par le média Storehouse and Friends, privilégier les créateurs noirs au détriment des Blancs ? Et si cet extrait d’une interview de l'ex-première dame des États-Unis, publié lundi 19 janvier lors de la promotion de son livre The Look, suscite de nombreuses indignations sur X, on se demande s’il y aura la même levée de boucliers dans le monde de la mode ? Rien n’est moins sûr, puisqu’il est entendu que le multiculturalisme n’est bon que lorsqu’il est prôné par les Blancs et que seuls ces derniers peuvent être racistes.
Michelle Obama says she is mindful to try to avoid white-owned brands and others also should be pic.twitter.com/5MqY5gaxUv
— End Wokeness (@EndWokeness) January 19, 2026
La guerre en dentelles n'est pas finie
Nouvel épisode de la guerre des dentelles ? En tout cas, faire de la mode la vitrine de combats sociétaux n’est pas neuf. Il n’est pas rare de voir mannequins, célébrités, hommes et femmes politiques se faire les hommes-sandwichs de leurs opinions : avec des pin's comme ceux qu’ont portés de nombreux acteurs aux Golden Globes pour dénoncer la politique de Donald Trump et l'ICE, comme Rama Duwaji, la femme du maire de New York que d’aucuns voudraient transformer en icône de la Gen Z et qui s’affiche avec des vêtements de créateurs palestiniens. Si la transgression est le principe de la mode, alors, finalement, n’est-ce pas Dolce & Gabbana qui serait le plus progressiste de tous en réhabilitant cette esthétique vieille Europe ?
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
Popular Posts



































36 commentaires
Les créateurs africains qui font des défilés en Afrique font défiler que des africains et ça ne choque personne! Pourquoi cette polémique en Europe? Serait on plus idiot qu’eux?
Ils commencent par vouloir de la diversité puis les « progressistes » wokes finissent par exiger que des personnes racisées .. exclusivement .. par racisme enfin dévoilé
En tout cas, d’après les photos, il n’y a pas de blonds.
Un de ces jours, ils vont reprocher à la neige d’être toujours d’un blanc immaculé. Et toutes nos mariées sortant des églises, tout de blanc vêtues? Quelles racistes, celles-là! :-))
Fidèle à la tradition Dolce & Gabbana au moins ne « retourne pas sa veste » (hi hi)
Dans tous les cas félicitation à cette marque et (sans jeu de mots) sa façon de se démarquer du wokisme lénifiant ambiant !
Je félicite cette marque qui a le courage de s’opposer à certaines obligations qui sont ridicules.
Habitant en pleine campagne, j’achète souvent mes vêtements sur catalogue.
Lorsque je regarde ce que ces catalogues proposent, je m’imagine dans ce vêtement. Or, j’ai du mal à m’imaginer grosse (je m’habille dans du S, voire XS) , de couleur, masculine.
De fait, j’achète de moins en moins sur ces catalogues, ne choisissant que les modèles dans les lesquels je peux m’imaginer, et il y en a de moins en moins.
Certes je trouve ces femmes mannequins belles, mais je me demande comment cela pourrait m’aller, tout simplement. Et je crois que ce serait pareil si je regardais un défilé de mode.
« Dolce et Gabbana »… serait-ce la propriété de Bolloré?
Si j’ai envie d’acheter un vêtement, je ne vais pas m’imaginer le porter en le voyant sur un mannequin noir ! Ça paraît logique.
Je regardais sur internet le catalogue d’un magasin de vêtements « grand public » et je me suis posé la question de savoir si c’était réservé aux personnes de couleurs car tous les mannequins présentant les vêtements étaient de couleur !!Les seuls « Blancs » étaient dans la catégorie en « surpoids » XXL !! Curieux et comme je suis blanc et pas « gros » , je n’ai pas été plus loin !!